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Or


Nous avons commencé d’évoquer la dernière fois les Confessions d’Augustin. Elles nous introduisent à deux thèmes essentiels de la philosophie augustinienne de l’augustinisme dont on sait combien il influencera notamment le jansénisme de l’époque de Pascal : le temps et l’amour, deux principes que nous expérimentons aujourd’hui tous les jours.
-Augustin est le premier à tourner le dos à la conception du temps de l’Antiquité qui reliait celui-ci au cosmos pour en faire une donnée objective de la conscience. Il faut bien réaliser que, bien que nous parlions de philosophie depuis les Présocratiques, les Anciens ne possédaient pas la notion d’individu à travers laquelle nous pensons aujourd’hui. Ils ne faisaient pas la différence entre l’homme public et l’homme privé. Il y avait le foyer et la cité.
C’est la Révolution française qui introduira cette notion d’individu.
Mais c’est Augustin le premier qui s’est intéressé à sa dimension subjective.
Et il l’a fait à partir d’une réflexion sur le temps et sur l’amour.
Augustin définit le temps à partir de la conscience que nous en avons.
Si le temps n’était qu’objectif, nous ne souviendrions plus du passé. Quand au futur il n’existerait pas. Or, ce que remarque Augustin –et que reprendront beaucoup de philosophes après lui, je pense à Bergson notamment- c’est que nous percevons la durée. Nous avons notamment la capacité de garder en souvenir les moments passés mais aussi de mobiliser au présent ces images de la mémoire.
« Le présent du passé, c’est la mémoire
Le présent du présent ce sont les images
Le présent du futur, c’est l’attente »
Ainsi Augustin définit-il les trois dimensions du temps : passé, présent, futur. On comprend ainsi que pour lui l’homme est sans cesse déchiré entre passé et futur.
Ainsi possède-t-il une temporalité propre qui le différencie par exemple des animaux. Nietzsche ne dira pas autre chose au début de sa Seconde Intempestive lorsqu’il évoque le bonheur du troupeau qui, à la différence de l’homme, vit dans l’instant débarrassé du poids du passé et de l’angoisse de l’avenir.
On comprend bien que dans la vision qu’en a Augustin ce que l’homme attend, ce qu’il espère n’est autre que Dieu. Ce qui sanctifie le temps car celui-ci conduit à l’amélioration de soi à la sanctification .
C’est ici que s’articule la seconde notion centrale chez Augustin. L’amour.
L’homme tend vers le bonheur. C’est à travers son désir de Dieu que l’homme peut atteindre au bonheur. Dieu doit être aimé pour l’amour de lui-même. Tel est le vrai amour, celui que poursuivront les jansénistes au XVIIè siècle et Pascal dans ses Pensées.
Alors que la plupart des hommes succombent à l’amour d’eux-mêmes, il faut chercher à s’élever.
Pour cela l’homme, marqué selon Augustin par le péché originel et la chute, l’homme qui a donc tendance à faire le mal , ne peut être élevé à l’amour de Dieu que par la grâce, la grâce que lui accorde Dieu.
Si l’homme chercher à progresser par l’amour de Dieu et la grâce que celui-ci lui procure, l’histoire que nous vivons est selon Augustin à comprendre comme la lutte entre la cité de Dieu et la cité des hommes. C’est ce que relate son autre grand œuvre, La Cité de Dieu.
La cité terrestre est marquée par l’amour de soi et le dédain du Dieu tandis que la cité de Dieu est évidemment celle où s’épanouit l’amour que nous portons à Dieu. Aussi l’histoire peut-elle se définir comme la lutte de la cité terrestre contre la cité de Dieu dans laquelle Augustin range l’Eglise et l’Etat. On sait que cette philosophie de l’histoire n’a cessé d’influencer jusqu’à aujourd’hui les visions que nous avons de l’histoire. N’en trouve-t-on pas la trace dans ce qu’on nous annonce tous les jours en nous promettant un monde d’après meilleur que celui d’aujourd’hui ?
By RCJNous avons commencé d’évoquer la dernière fois les Confessions d’Augustin. Elles nous introduisent à deux thèmes essentiels de la philosophie augustinienne de l’augustinisme dont on sait combien il influencera notamment le jansénisme de l’époque de Pascal : le temps et l’amour, deux principes que nous expérimentons aujourd’hui tous les jours.
-Augustin est le premier à tourner le dos à la conception du temps de l’Antiquité qui reliait celui-ci au cosmos pour en faire une donnée objective de la conscience. Il faut bien réaliser que, bien que nous parlions de philosophie depuis les Présocratiques, les Anciens ne possédaient pas la notion d’individu à travers laquelle nous pensons aujourd’hui. Ils ne faisaient pas la différence entre l’homme public et l’homme privé. Il y avait le foyer et la cité.
C’est la Révolution française qui introduira cette notion d’individu.
Mais c’est Augustin le premier qui s’est intéressé à sa dimension subjective.
Et il l’a fait à partir d’une réflexion sur le temps et sur l’amour.
Augustin définit le temps à partir de la conscience que nous en avons.
Si le temps n’était qu’objectif, nous ne souviendrions plus du passé. Quand au futur il n’existerait pas. Or, ce que remarque Augustin –et que reprendront beaucoup de philosophes après lui, je pense à Bergson notamment- c’est que nous percevons la durée. Nous avons notamment la capacité de garder en souvenir les moments passés mais aussi de mobiliser au présent ces images de la mémoire.
« Le présent du passé, c’est la mémoire
Le présent du présent ce sont les images
Le présent du futur, c’est l’attente »
Ainsi Augustin définit-il les trois dimensions du temps : passé, présent, futur. On comprend ainsi que pour lui l’homme est sans cesse déchiré entre passé et futur.
Ainsi possède-t-il une temporalité propre qui le différencie par exemple des animaux. Nietzsche ne dira pas autre chose au début de sa Seconde Intempestive lorsqu’il évoque le bonheur du troupeau qui, à la différence de l’homme, vit dans l’instant débarrassé du poids du passé et de l’angoisse de l’avenir.
On comprend bien que dans la vision qu’en a Augustin ce que l’homme attend, ce qu’il espère n’est autre que Dieu. Ce qui sanctifie le temps car celui-ci conduit à l’amélioration de soi à la sanctification .
C’est ici que s’articule la seconde notion centrale chez Augustin. L’amour.
L’homme tend vers le bonheur. C’est à travers son désir de Dieu que l’homme peut atteindre au bonheur. Dieu doit être aimé pour l’amour de lui-même. Tel est le vrai amour, celui que poursuivront les jansénistes au XVIIè siècle et Pascal dans ses Pensées.
Alors que la plupart des hommes succombent à l’amour d’eux-mêmes, il faut chercher à s’élever.
Pour cela l’homme, marqué selon Augustin par le péché originel et la chute, l’homme qui a donc tendance à faire le mal , ne peut être élevé à l’amour de Dieu que par la grâce, la grâce que lui accorde Dieu.
Si l’homme chercher à progresser par l’amour de Dieu et la grâce que celui-ci lui procure, l’histoire que nous vivons est selon Augustin à comprendre comme la lutte entre la cité de Dieu et la cité des hommes. C’est ce que relate son autre grand œuvre, La Cité de Dieu.
La cité terrestre est marquée par l’amour de soi et le dédain du Dieu tandis que la cité de Dieu est évidemment celle où s’épanouit l’amour que nous portons à Dieu. Aussi l’histoire peut-elle se définir comme la lutte de la cité terrestre contre la cité de Dieu dans laquelle Augustin range l’Eglise et l’Etat. On sait que cette philosophie de l’histoire n’a cessé d’influencer jusqu’à aujourd’hui les visions que nous avons de l’histoire. N’en trouve-t-on pas la trace dans ce qu’on nous annonce tous les jours en nous promettant un monde d’après meilleur que celui d’aujourd’hui ?