
Sign up to save your podcasts
Or


Travaillons-nous davantage qu’autrefois ou avons-nous, au contraire, allégé notre charge au fil des siècles ? L’image d’ancêtres épuisés par un labeur incessant ne correspond pas toujours à la réalité. De nombreuses recherches suggèrent que les sociétés de chasseurs-cueilleurs consacraient un temps limité aux activités nécessaires à leur subsistance. C’est avec l’essor de l’agriculture, puis avec l’industrialisation, que la quantité d’heures travaillées aurait fortement augmenté. Les avancées techniques ont certes amélioré la productivité, mais elles ont aussi multiplié les obligations et complexifié l’organisation du quotidien. Aujourd’hui, l’aspiration à davantage de temps libre reste vive. Reste à savoir si cette ambition pourra se concrétiser.
À travers l’histoire humaine, la place du travail n’a cessé d’évoluer. Disposons-nous réellement de plus de loisirs que les sociétés préhistoriques ? L’anthropologue sud-africain James Suzman a étudié les derniers groupes vivant selon un mode de vie de chasse et de cueillette, notamment en Namibie. Ses observations l’ont conduit à remettre en cause l’idée d’une existence dominée par l’effort permanent : le temps consacré à la subsistance y serait resté relativement modéré.
Le basculement se produirait avec la révolution agricole. Cultiver la terre implique d’investir un travail immédiat pour des récoltes futures, ainsi que la possibilité d’accumuler et de stocker. Cette transformation aurait entraîné une augmentation progressive du temps de travail, culminant durant la Révolution industrielle, période où les ouvriers pouvaient dépasser les 70 heures hebdomadaires. L’économiste américaine Juliet Schor voit dans cette phase un moment clé : le temps y devient une ressource monnayable, susceptible d’être optimisée.
Au XXe siècle, les luttes sociales ont permis l’instauration d’une durée légale encadrée, autour de 40 heures par semaine dans de nombreux pays occidentaux, et 35 heures en France. Mais qu’en est-il de la fameuse semaine de 15 heures anticipée par John Maynard Keynes pour l’horizon 2030 ? L’exploration historique du travail bouscule bien des certitudes et interroge notre rapport contemporain au temps, à la productivité et au loisir.
By Travaillons-nous davantage qu’autrefois ou avons-nous, au contraire, allégé notre charge au fil des siècles ? L’image d’ancêtres épuisés par un labeur incessant ne correspond pas toujours à la réalité. De nombreuses recherches suggèrent que les sociétés de chasseurs-cueilleurs consacraient un temps limité aux activités nécessaires à leur subsistance. C’est avec l’essor de l’agriculture, puis avec l’industrialisation, que la quantité d’heures travaillées aurait fortement augmenté. Les avancées techniques ont certes amélioré la productivité, mais elles ont aussi multiplié les obligations et complexifié l’organisation du quotidien. Aujourd’hui, l’aspiration à davantage de temps libre reste vive. Reste à savoir si cette ambition pourra se concrétiser.
À travers l’histoire humaine, la place du travail n’a cessé d’évoluer. Disposons-nous réellement de plus de loisirs que les sociétés préhistoriques ? L’anthropologue sud-africain James Suzman a étudié les derniers groupes vivant selon un mode de vie de chasse et de cueillette, notamment en Namibie. Ses observations l’ont conduit à remettre en cause l’idée d’une existence dominée par l’effort permanent : le temps consacré à la subsistance y serait resté relativement modéré.
Le basculement se produirait avec la révolution agricole. Cultiver la terre implique d’investir un travail immédiat pour des récoltes futures, ainsi que la possibilité d’accumuler et de stocker. Cette transformation aurait entraîné une augmentation progressive du temps de travail, culminant durant la Révolution industrielle, période où les ouvriers pouvaient dépasser les 70 heures hebdomadaires. L’économiste américaine Juliet Schor voit dans cette phase un moment clé : le temps y devient une ressource monnayable, susceptible d’être optimisée.
Au XXe siècle, les luttes sociales ont permis l’instauration d’une durée légale encadrée, autour de 40 heures par semaine dans de nombreux pays occidentaux, et 35 heures en France. Mais qu’en est-il de la fameuse semaine de 15 heures anticipée par John Maynard Keynes pour l’horizon 2030 ? L’exploration historique du travail bouscule bien des certitudes et interroge notre rapport contemporain au temps, à la productivité et au loisir.