Imaginons l'Histoire où le Titanic n'a pas percuté l'iceberg fatal.
Dans la réalité, en ce début de XXe siècle, le monde était en pleine mutation. La révolution industrielle battait son plein, creusant les inégalités sociales et alimentant les tensions entre les grandes puissances. Comme le souligne l'historien Eric Hobsbawm dans son ouvrage "L'Ère des empires", cette période était marquée par "une foi aveugle dans le progrès et la technologie" (Hobsbawm, 1989). Le Titanic, joyau de la White Star Line, incarnait parfaitement cet optimisme technologique débridé.
Pourtant, sous la surface, les fissures du vieux monde s'élargissaient. Les mouvements ouvriers et socialistes gagnaient en puissance, remettant en question l'ordre établi. Les empires coloniaux commençaient à vaciller face aux aspirations nationalistes. Et la course aux armements entre les grandes puissances européennes laissait présager un conflit d'une ampleur sans précédent. Le monde était au bord du gouffre, mais peu s'en rendaient compte.