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Or


Le consommateur dit vouloir du local, du bio, du goût… et repart souvent avec le produit le moins cher. Ce grand écart entre ce que le consommateur déclare et ce qu’il achète vraiment, les filières fruits, légumes et vins le vivent au quotidien. Mais comment le mesurer, le comprendre, et surtout en tenir compte avant même de concevoir un produit ?
Dans ce nouvel épisode de la rubrique « Le futur en graines », on change de point de vue. Après l’eau, le climat et la protection des cultures, cap sur le marché. Car avant de savoir comment innover, il faut comprendre pour qui.
Pour y voir plus clair, trois regards complémentaires :
Sensoriel, socio-économique, commercial : en croisant ces approches, les filières gagnent en pertinence et en compétitivité. Un épisode pour toutes celles et ceux qui veulent mettre le consommateur au cœur de leurs décisions, dès l’amont.
Dans les cultures spécialisées — fruits, légumes, vignes — la protection des plantes change de visage. Année après année, les produits phytosanitaires de synthèse que les producteurs utilisaient depuis des décennies perdent leur autorisation. Derrière chaque retrait, la même question se pose sur le terrain : qu’est-ce qu’on met à la place ?
Cet épisode explore les réponses qui se construisent concrètement dans les filières. L’angle est clair : on ne remplace pas un produit phyto par une solution miracle unique, mais par une combinaison de leviers — biocontrôle, biostimulants, pratiques agronomiques qui se complètent. C’est ce qui explique aussi pourquoi la transition prend plus de temps qu’on ne l’espérait.
Trois voix se croisent pour raconter ce tournant : une vue d’ensemble sur les solutions de santé des plantes et le paysage des entreprises innovantes du secteur, un éclairage recherche sur les programmes en cours pour réduire la dépendance aux phytos, et un témoignage de terrain qui donne à entendre ce que ça change concrètement, au quotidien, pour un producteur.
Tout ce que nos cultures boivent
Arboriculture, maraîchage, viticulture, horticulture : derrière chaque production végétale spécialisée se cache une relation à l’eau bien plus complexe qu’il n’y paraît. Selon les espèces, les stades phénologiques et les systèmes de culture, les besoins hydriques varient considérablement — et avec eux, les stratégies d’irrigation, les infrastructures nécessaires et les marges de manœuvre face aux aléas climatiques.
Alors que les épisodes de sécheresse se multiplient et que la ressource en eau devient un enjeu de plus en plus disputé entre usages agricoles, domestiques et industriels, les filières végétales sont contraintes de repenser en profondeur leur rapport à cette ressource vitale. Anticiper, économiser, mutualiser, innover : les leviers sont nombreux, mais les arbitrages sont loin d’être simples.
Dans cet épisode, nous dressons un état des lieux complet : quels sont les usages réels de l’eau sur l’ensemble de la chaîne de production ? Quelles infrastructures et quelles pratiques permettent aujourd’hui de sécuriser l’accès à la ressource ? Et surtout, pourquoi la question hydrique est-elle devenue, en quelques années, la première préoccupation stratégique des filières végétales spécialisées ?
Pour en parler, nous recevons Maider Arregui, ingénieure chez BRL (Compagnie Nationale du Rhône et du Bas-Languedoc), et Thierry Moisy, Président de l’Association Nationale Pommes Poires (ANPP), deux regards complémentaires — celui de la gestion collective de la ressource et celui d’une filière de terrain directement exposée aux tensions hydriques.
Le changement climatique n’est plus une projection lointaine : il se vit déjà sur le terrain. Gel tardif, sécheresses, épisodes de chaleur extrême, aléas de plus en plus fréquents… Les productions agricoles doivent s’adapter pour continuer à tenir dans la durée.
Dans cet épisode, on s’intéresse à la notion de résilience : comment les filières agricoles font face aux bouleversements climatiques, quelles stratégies sont mises en place aujourd’hui, et à quoi pourrait ressembler l’agriculture de demain dans un climat incertain.
Recherche, expérimentation, adaptation des pratiques, retours d’expérience concrets : les échanges croisent regards scientifiques et vécus de terrain pour mieux comprendre les leviers d’adaptation possibles, leurs limites, et les choix à opérer dès maintenant.
Un épisode pour prendre la mesure des impacts du climat sur les cultures, mais aussi pour mettre en lumière les solutions, les essais en cours et la capacité du monde agricole à s’adapter.
Dans cet épisode, trois invités croisent leurs regards pour retracer le parcours de vie d’une innovation agricole — de la conception au terrain — et nous aider à comprendre ce que signifie vraiment « innover utilement » en agriculture.
Dans 5 à 10 ans, la moitié des exploitations agricoles françaises seront à transmettre. C’est un défi massif pour les filières de productions végétales spécialisées — et une opportunité pour une nouvelle génération qui aborde l’agriculture avec d’autres attentes, d’autres outils et d’autres valeurs.
Dans cet épisode, Gwenaëlle Leborgne du GAB Anjou décrit les profils très diversifiés de ceux qui s’installent aujourd’hui : héritiers, reconvertis urbains, néo-ruraux… et de plus en plus de femmes (50 % des porteurs de projets qui frappent à la porte du GAB Anjou). Elle raconte le « labyrinthe » administratif de l’installation et les outils mis en place pour l’accompagner.
Basile Gaulier, co-fondateur de Romanesco, présente l’enjambeur maraîcher électrique conçu par sa start-up : une machine pensée pour réduire la pénibilité, améliorer les conditions de travail et rendre le maraîchage plus attractif. Avec un retour sur investissement en trois ans et des agriculteurs qui mettent la machine en avant dans leurs offres d’emploi, l’innovation utile prend tout son sens.
Alexandre Burlet, ingénieur au CTIFL, complète le tableau avec ses travaux sur la viabilité des micro-fermes (moins d’un hectare) : comment aider les porteurs de projets à produire bien, réduire la pénibilité et dégager un revenu décent ? Un épisode humain, concret, plein d’espoir pour les filières végétales.
Dans cet épisode, Sébastien Abis, géopolitologue, directeur du Club Déméter et chercheur associé à l’Iris, Institut de relations internationales et stratégiques, nous aide à décrypter les grandes transformations qui traversent nos systèmes agricoles et alimentaires. Entre croissance démographique, dérèglement climatique, tensions géopolitiques et nouvelles attentes des consommateurs, produire de l’alimentation n’a jamais été aussi stratégique — ni aussi complexe.
Il rappelle d’abord un invariant de l’histoire humaine : l’agriculture a toujours été au cœur des relations internationales, des stratégies économiques et des équilibres climatiques. Ce qui a changé, c’est le contexte. La planète de 2026 n’est plus celle d’il y a vingt-cinq ans, et les lunettes avec lesquelles on observe le monde agricole doivent être résolument contemporaines — sans pour autant tourner le dos aux racines.
Il décrit ensuite ce qu’il appelle « l’Everest de ce siècle » : nourrir une planète de dix milliards d’habitants tout en préservant les écosystèmes, en améliorant la santé par l’alimentation et en sortant de la dépendance aux énergies fossiles. Trois voies à emprunter simultanément, sans modèle unique ni réponse toute faite. Un défi collectif, universel, qui exige à la fois préparation mentale et équipement technique — comme une vraie ascension.
Sébastien Abis revient aussi sur la place singulière de la France dans ce tableau mondial : une puissance agricole « anormalement grande » pour un pays de sa taille, dont la force tient à une volonté politique construite sur un demi-siècle. Mais une puissance qui doit aujourd’hui défendre sa souveraineté face à de nouveaux acteurs globaux qui ont « mis le turbo » sur l’agricole et l’alimentaire. Pas un déclin, nuance-t-il — mais un risque réel de déclassement si la cohérence collective venait à se perdre.
Il nous rappelle enfin une évidence trop souvent oubliée : trop de citoyens ont rompu le lien entre leur assiette et celles et ceux qui travaillent la terre pour la remplir. Rétablir ce lien, c’est aussi une forme de géopolitique positive — celle qui construit la sécurité, le progrès et le vivre ensemble. Et les métiers agricoles, eux, ne mourront jamais.
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