Nova le matin

L'Everest est une montagne d'excréments


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« Il suffit d'un gramme de merde pour gâcher un kilo de caviar. Alors qu’un gramme de caviar n'améliore en rien un kilo de merde ». C’est une citation du dessinateur et écrivain Roland Topor. Ne cherchez aucun lien avec la chronique qui va suivre… si ce n’est…

Le plus haut sommet du monde est réellement devenu une montagne sur laquelle on trouve une quantité non négligeable d'excréments humains, et plus on se rapproche du sommet, plus on le vérifie. Jusqu’au camp de base, où les alpinistes s'acclimatent à l’altitude, tout va bien. Il y a des toilettes pour se soulager, mais dès que l’on quitte ce camp, c’est terminé, il faut se débrouiller.

Il y aurait (tenez-vous bien) environ 3 tonnes d’excréments humains entre le camp de base, au pied de l’Everest, et le camp 4, qui est le dernier camp avant de grimper vers le sommet. La majorité des déjections se trouveraient  sur le col sud, l’un des plus empruntés. Ce col sud a une réputation de « toilettes à ciel ouvert » et il y a de très grandes chances de s’y salir le pied gauche (et le droit). Normalement, les alpinistes sont invité‧es à enterrer leurs marchandises, mais il y a très peu de neige sur ce col sud. Par ailleurs, compte tenu des températures extrêmes, rien ne se dégrade complètement.

La situation est telle, que la municipalité de Pasang Lhamu, qui couvre la majeure partie de la région de l'Everest, a décidé de se saisir du problème. La ville vient d’interdire, tout à fait officiellement, de déféquer sur l’Everest. Du moins, il n’est pas interdit de se soulager sur place mais on doit obligatoirement descendre ses affaires, dans des sacs… des sacs dédiés. La commune de Pasang Lhamu a commandé 8 000 sacs à déjections pour la prochaine saison. Ce projet expérimental pourrait ensuite être étendu aux montagnes voisines.

Image : Prakash MATHEMA / AFP

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Nova le matinBy Radio Nova