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Le concept de logiciel libre a Ă©tĂ© introduit il y a quarante ans et sâest imposĂ© comme le pillier central de lâalternumĂ©risme. Depuis, le paysage de lâinformatique, ainsi que ses implications sociĂ©tales, sâest complexifiĂ©. En particulier, depuis une vingtaine dâannĂ©es, nous avons assistĂ© Ă lâarrivĂ©e des smartphones, Ă lâĂ©mergence des rĂ©seaux sociaux centralisĂ©s, Ă leurs algorithmes de captation de lâattention, ainsi quâau dĂ©veloppement du capitalisme de surveillance. Dâune part, les GAFAM ont cyniquement utilisĂ© lâĂ©cosystĂšme du « libre » pour construire leur empire. Dâautre part, nous dĂ©pendons toujours plus de logiciels qui fonctionnent « en ligne », sur les serveurs de quelquâun·e dâautre : qui contrĂŽle cette infrastructure ? Qu'advient-il des donnĂ©es ? Qui dĂ©cide des rĂšgles de ces services ?
Tout cela vient brouiller le caractĂšre prĂ©tendument subversif du « libre », et lâalternumĂ©risme ne peut certainement plus se rĂ©sumer Ă une simple question de logiciel ou de licence. Et sâil est parfois rappelĂ© que « le libre, câest lâopen source + lâĂ©thique », de quelle « Ă©thique » parle-t-on exactement ? Le logiciel libre, et la communautĂ© « libriste », ont eux aussi leurs limites. La question du modĂšle Ă©conomique des projets libres demeure complexe, fragile et limitĂ©e. La communautĂ© libriste peine Ă formuler un propos politique clair qui dĂ©passerait les aspects techniques et prendrait en compte les questions dâinclusivitĂ©, de gouvernance ou encore dâĂ©cologie. Quitte parfois Ă aller jusqu'Ă s'enraciner sâenraciner dans une forme de purisme binaire et dâĂ©litisme technocratique, impermĂ©able Ă une nĂ©cessaire autocritique et remise en question.
Alors, au fond, que dĂ©fendons-nous rĂ©ellement, politiquement, lorsque nous faisons la promotion du logiciel libre, mais aussi de la dĂ©centralisation dâInternet, de lâinteropĂ©rabilitĂ©, du chiffrement de bout en bout, ou lorsque nous critiquons les algorithmes toxiques ? Le logiciel libre est-il intrinsĂšquement libertaire ou libĂ©ral ? Comment aller au-delĂ du logiciel libre ? Peut-on dĂ©passer la dichotomie utilisateurs-dĂ©veloppeurs ? Comment dĂ©finir ce que serait une informatique juste, loyale, inclusive, Ă©cologique, bienveillante, conviviale, Ă©mancipatrice, libertaire ? Et que pouvons-nous apprendre des luttes fĂ©ministes, LGBTQIA+, antivalidistes, antiracistes, dĂ©coloniales, Ă©cologiques et sociales ?
By Le concept de logiciel libre a Ă©tĂ© introduit il y a quarante ans et sâest imposĂ© comme le pillier central de lâalternumĂ©risme. Depuis, le paysage de lâinformatique, ainsi que ses implications sociĂ©tales, sâest complexifiĂ©. En particulier, depuis une vingtaine dâannĂ©es, nous avons assistĂ© Ă lâarrivĂ©e des smartphones, Ă lâĂ©mergence des rĂ©seaux sociaux centralisĂ©s, Ă leurs algorithmes de captation de lâattention, ainsi quâau dĂ©veloppement du capitalisme de surveillance. Dâune part, les GAFAM ont cyniquement utilisĂ© lâĂ©cosystĂšme du « libre » pour construire leur empire. Dâautre part, nous dĂ©pendons toujours plus de logiciels qui fonctionnent « en ligne », sur les serveurs de quelquâun·e dâautre : qui contrĂŽle cette infrastructure ? Qu'advient-il des donnĂ©es ? Qui dĂ©cide des rĂšgles de ces services ?
Tout cela vient brouiller le caractĂšre prĂ©tendument subversif du « libre », et lâalternumĂ©risme ne peut certainement plus se rĂ©sumer Ă une simple question de logiciel ou de licence. Et sâil est parfois rappelĂ© que « le libre, câest lâopen source + lâĂ©thique », de quelle « Ă©thique » parle-t-on exactement ? Le logiciel libre, et la communautĂ© « libriste », ont eux aussi leurs limites. La question du modĂšle Ă©conomique des projets libres demeure complexe, fragile et limitĂ©e. La communautĂ© libriste peine Ă formuler un propos politique clair qui dĂ©passerait les aspects techniques et prendrait en compte les questions dâinclusivitĂ©, de gouvernance ou encore dâĂ©cologie. Quitte parfois Ă aller jusqu'Ă s'enraciner sâenraciner dans une forme de purisme binaire et dâĂ©litisme technocratique, impermĂ©able Ă une nĂ©cessaire autocritique et remise en question.
Alors, au fond, que dĂ©fendons-nous rĂ©ellement, politiquement, lorsque nous faisons la promotion du logiciel libre, mais aussi de la dĂ©centralisation dâInternet, de lâinteropĂ©rabilitĂ©, du chiffrement de bout en bout, ou lorsque nous critiquons les algorithmes toxiques ? Le logiciel libre est-il intrinsĂšquement libertaire ou libĂ©ral ? Comment aller au-delĂ du logiciel libre ? Peut-on dĂ©passer la dichotomie utilisateurs-dĂ©veloppeurs ? Comment dĂ©finir ce que serait une informatique juste, loyale, inclusive, Ă©cologique, bienveillante, conviviale, Ă©mancipatrice, libertaire ? Et que pouvons-nous apprendre des luttes fĂ©ministes, LGBTQIA+, antivalidistes, antiracistes, dĂ©coloniales, Ă©cologiques et sociales ?