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Ce matin, je me suis assise au soleil avec mon amie Philou et un cappuccino, dans le parc près de chez moi. Il faisait très froid, mais le soleil réchauffait notre peau. Je suis arrivée le cerveau en ébullition, avec une to-do list administrative interminable dans la tête, des pensées frénétiques de choses à faire. Ressentir le soleil sur ma peau m’a permis de revenir au présent, un instant. La méditation de ce soir, la première de 2026 (bonne année à tous !), est une invitation à se sentir présent dans notre peau, un moyen d’ancrage que je trouve très efficace pour revenir rapidement dans notre corps quand le cerveau fait trop de bruit.
1. La peau comme frontière de l’intime
Pendant ma formation de professeure de yoga, l’un des coachs nous a invités à assister nos élèves dans leurs postures en les touchant avec la paume de la main. Toucher le corps de l’autre, avec son consentement, c’est créer un lien avec un autre corps, une invitation à briser la solitude intérieure. Ces mots du coach m’ont marquée : “vous êtes peut-être la seule personne qui va toucher son corps aujourd’hui”. Le toucher est un cadeau, une outil pour créer du lien et reconnaître la présence de l’autre, au travers de notre propre corps.
Pour Claudia Benthien, dans Skin: On the Cultural Border Between Self and World, la peau est plus qu’une simple surface : elle est le lieu premier de rencontre entre soi et le monde. Des expressions comme “getting under one’s skin” en anglais illustrent une pénétration émotionnelle, le sentiment d’être touché dans notre intimité, en profondeur, sous la surface de notre peau.
Ainsi, passer la frontière de la peau nous expose intimement : on peut être irrité par quelqu’un qui “se glisse sous notre peau” (“getting under one’s skin” en anglais) ou bien se sentir très attaché à quelqu’un que l’on “a dans la peau” en français.
2. La peau comme lien avec le vivant
À 31 ans, mon algorithme Instagram semble penser qu’il faut que ma peau soit la plus lisse possible. Je suis abreuvée de contenus pour lutter contre mes rides et ça fonctionne car j’ai peur de vieillir. Mais porter mon attention sur le ressenti que me donne ma peau à l’intérieur, me permet de me détacher du jugement que je lui porte à l’extérieur. Sentir la vie qui traverse notre peau peut nous aider à remplacer le regard dur que l’on peut parfois porter sur elle dans le miroir. Quand on voit tant de vies volées sur Terre, la peau nous ramène au vivant de notre corps, à la gratitude de se sentir en vie, mais aussi à la chance que l’on a de vieillir.
3. La peau comme porte du plaisir
Ce soir, je vous invite à ressentir votre peau, non seulement comme frontière, mais aussi comme lien au monde :
* Tout d’abord, ressentez la vie dans votre corps, sous votre peau. Où percevez-vous de l’énergie, des vibrations, du mouvement ?
* Ensuite, concentrez vous sur votre peau elle-même. Ressentez le contact de vos vêtements, leur douceur ou leur rugosité. Quelles sont les zones de votre peau qui sont fraîches ou chaudes ? Où ressentez-vous du confort dans votre peau ?
* Puis, portez votre attention sur tout l’espace au-delà de votre peau, sur l’espace entre la surface de votre peau et l’infini. Ressentez la présence de votre corps dans cet espace.
* Enfin, visualisez un moment où vous avez ressenti un grand plaisir dans votre peau. Peut-être une baignade dans l’océan, ou un moment où, allongé sur le sable chaud, vous sentiez la chaleur du soleil sur vous. Cela peut être aussi l’étreinte de quelqu’un que vous aimez, une caresse.
Notre peau nous rend présents au monde, au plaisir d’être en vie. C’est aussi une voie d’accès au désir : le contact de l’autre contre notre corps, l’électricité qui nous traverse et nourrit notre force de vie, notre éros.
Pour me soutenir, partagez cette lettre intime à quelqu’un que vous aimez.
PS : 🎤 Mes méditations intimes sont disponibles sur Spotify mais aussi, sur Apple podcast, n’hésitez pas à vous abonner sur vos plateformes d’écoute, c’est ce qui m’aide le plus et cela vous permet d’être au courant des prochaines méditations.
📚 Pour aller plus loin :
* Claudia Benthien, Skin: On the Cultural Border Between Self and World
* Alexandre Lacroix, Apprendre à faire l’amour
* 📸 Vogue Magazine Pinterest (Matteo Bevilacqua, Karis Beaumont)
By Lea PhilippotCe matin, je me suis assise au soleil avec mon amie Philou et un cappuccino, dans le parc près de chez moi. Il faisait très froid, mais le soleil réchauffait notre peau. Je suis arrivée le cerveau en ébullition, avec une to-do list administrative interminable dans la tête, des pensées frénétiques de choses à faire. Ressentir le soleil sur ma peau m’a permis de revenir au présent, un instant. La méditation de ce soir, la première de 2026 (bonne année à tous !), est une invitation à se sentir présent dans notre peau, un moyen d’ancrage que je trouve très efficace pour revenir rapidement dans notre corps quand le cerveau fait trop de bruit.
1. La peau comme frontière de l’intime
Pendant ma formation de professeure de yoga, l’un des coachs nous a invités à assister nos élèves dans leurs postures en les touchant avec la paume de la main. Toucher le corps de l’autre, avec son consentement, c’est créer un lien avec un autre corps, une invitation à briser la solitude intérieure. Ces mots du coach m’ont marquée : “vous êtes peut-être la seule personne qui va toucher son corps aujourd’hui”. Le toucher est un cadeau, une outil pour créer du lien et reconnaître la présence de l’autre, au travers de notre propre corps.
Pour Claudia Benthien, dans Skin: On the Cultural Border Between Self and World, la peau est plus qu’une simple surface : elle est le lieu premier de rencontre entre soi et le monde. Des expressions comme “getting under one’s skin” en anglais illustrent une pénétration émotionnelle, le sentiment d’être touché dans notre intimité, en profondeur, sous la surface de notre peau.
Ainsi, passer la frontière de la peau nous expose intimement : on peut être irrité par quelqu’un qui “se glisse sous notre peau” (“getting under one’s skin” en anglais) ou bien se sentir très attaché à quelqu’un que l’on “a dans la peau” en français.
2. La peau comme lien avec le vivant
À 31 ans, mon algorithme Instagram semble penser qu’il faut que ma peau soit la plus lisse possible. Je suis abreuvée de contenus pour lutter contre mes rides et ça fonctionne car j’ai peur de vieillir. Mais porter mon attention sur le ressenti que me donne ma peau à l’intérieur, me permet de me détacher du jugement que je lui porte à l’extérieur. Sentir la vie qui traverse notre peau peut nous aider à remplacer le regard dur que l’on peut parfois porter sur elle dans le miroir. Quand on voit tant de vies volées sur Terre, la peau nous ramène au vivant de notre corps, à la gratitude de se sentir en vie, mais aussi à la chance que l’on a de vieillir.
3. La peau comme porte du plaisir
Ce soir, je vous invite à ressentir votre peau, non seulement comme frontière, mais aussi comme lien au monde :
* Tout d’abord, ressentez la vie dans votre corps, sous votre peau. Où percevez-vous de l’énergie, des vibrations, du mouvement ?
* Ensuite, concentrez vous sur votre peau elle-même. Ressentez le contact de vos vêtements, leur douceur ou leur rugosité. Quelles sont les zones de votre peau qui sont fraîches ou chaudes ? Où ressentez-vous du confort dans votre peau ?
* Puis, portez votre attention sur tout l’espace au-delà de votre peau, sur l’espace entre la surface de votre peau et l’infini. Ressentez la présence de votre corps dans cet espace.
* Enfin, visualisez un moment où vous avez ressenti un grand plaisir dans votre peau. Peut-être une baignade dans l’océan, ou un moment où, allongé sur le sable chaud, vous sentiez la chaleur du soleil sur vous. Cela peut être aussi l’étreinte de quelqu’un que vous aimez, une caresse.
Notre peau nous rend présents au monde, au plaisir d’être en vie. C’est aussi une voie d’accès au désir : le contact de l’autre contre notre corps, l’électricité qui nous traverse et nourrit notre force de vie, notre éros.
Pour me soutenir, partagez cette lettre intime à quelqu’un que vous aimez.
PS : 🎤 Mes méditations intimes sont disponibles sur Spotify mais aussi, sur Apple podcast, n’hésitez pas à vous abonner sur vos plateformes d’écoute, c’est ce qui m’aide le plus et cela vous permet d’être au courant des prochaines méditations.
📚 Pour aller plus loin :
* Claudia Benthien, Skin: On the Cultural Border Between Self and World
* Alexandre Lacroix, Apprendre à faire l’amour
* 📸 Vogue Magazine Pinterest (Matteo Bevilacqua, Karis Beaumont)