Marchand histoires

Mon fils et le voleur de temps


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Un appel de la police

* – Allo, vous êtes M. Durandière ?
* – Oui Monsieur, à qui ai-je l’honneur ?
* – Je suis Robert Levasseur, commandant du commissariat de la ville. Votre fils est dans mon bureau. Je vous rassure, il n’y a rien de grave. J’aimerai simplement vous voir pour une petite explication.
* – Comment, mon fils est dans vos locaux ! Que s’est-il passé ?
* – Soyez attentif M. Durandière, comme je vous le disais à l’instant, rien de grave. Pouvez-vous venir maintenant s’il vous plaît ?
* – Bien entendu, j’arrive immédiatement.

Ce n’est vraiment pas le moment
Nous sommes mercredi après-midi. Bousculer un emploi du temps surchargé n’est pas une mince affaire, mais la volonté prime, surtout quand vous avez le chef de la police locale qui vous appelle directement sur votre portable. Je suis le président directeur général d’un groupe important, spécialisé dans l’industrie du luxe. J’ai sous ma responsabilité plus de six mille cinq cents personnes. Mes journées, comme ma semaine me laissent peu de répi. Un consortium chinois, s’intéresse de près à mes affaires, un peu trop près à mon goût. Je mets donc en place une stratégie pour faire face. En attendant, mon chauffeur me dépose devant le commissariat.
délinquance juvénile

* – Ah ! Bonjour monsieur, prenez place. Je demande qu’on fasse venir votre grand garçon. Quel âge-t-il exactement ?
* – Bonjour Commandant, Jacques viens d’avoir ses quatorze ans. Que se passe-t-il ?
* – Tiens Jacques ! Votre père est venu exprès vous chercher. Je suis sûr pourtant qu’il doit être bien occupé.
* – Bonjour papa
* – Monsieur Durandière, il va falloir instruire un peu votre fils. Il n’est pas très doué. Nous l’avons surpris en train d’essayer de voler un scooter avec une lime à ongle, ce n’est pas possible de cette façon. En plus c’est un scooter qui m’appartient et qui est garé juste devant nos locaux, cela rajoute à la difficulté. Je compte sur vous pour lui expliquer que son geste n’est pas sensé. Vous pouvez le ramener chez vous, le propriétaire est compréhensif et, en fin de compte, il ne s’est pas passé grand-chose.

Mon fils un voleur ?
Je suis complètement estomaqué par ce que je viens de découvrir. J’interroge Jacques dans l’auto, il me fournit des réponses évasives et n’a pas l’air perturbé par son geste. Nous rentrons donc. Comme il commence à se faire tard, je ne retourne pas au bureau. Je dépouillerai demain tous les messages arrivés dans l’intervalle. Je profite de ce tête-à-tête père-fils pour échanger. Ça ne nous arrive pas si souvent. Je le sermonne, bien entendu, mais l’incident est oublié et les choses rentrent dans l’ordre.

* – Monsieur Durandière, c’est le Commandant Robert Levasseur. J’aimerai vous voir, il arrive la même chose que la semaine dernière. Votre fils Jacques est avec moi et pour une raison identique. Je pense que le message que vous n’avez pas manqué de faire passer, n’a pas bien été entendu. Je compte sur vous pour venir rapidement. Nous ne sommes pas équipés pour assurer la garde d’adolescents, pas de Xbox 360, PS4 ou autre console de jeu. Merci de venir rapidement, la patience n’est pas mon fort.

Il ne faut plus que ça se reproduise !
Je change un peu de ton dans la voiture. Le dialogue se muscle davantage. C’est même un monologue parce qu’aucune explication ne vient. Il s’enferme dans un mutisme qui, au bout d’un moment, me fait un peu peur. Je reprends donc le contrôle de mes paroles.
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