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Moody et le prisonnier 51


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Ce jour-là, le célèbre évangéliste Dwight L. Moody entre dans une prison où on l’a invité à annoncer l’Évangile. Il se tient derrière une lourde grille métallique, au bout d’un long couloir bordé de cellules. Devant lui se trouvent près de quatre cents prisonniers. Ils sont là, silencieux, mais invisibles. Les murs et les portes de fer les séparent du prédicateur. Moody parle à ces hommes qu’il ne voit pas, comme s’il s’adressait à des murs. L’exercice lui paraît presque absurde.
Il prêche pourtant avec conviction, partageant le message de l’amour de Dieu et du salut en Jésus-Christ. Mais lorsqu’il termine son sermon, un doute l’envahit : ont-ils seulement écouté ? Ont-ils entendu un seul mot ?
Pour en avoir le cœur net, il s’approche de la première cellule et regarde par la petite lucarne. À l’intérieur, quelques hommes jouent aux cartes avec indifférence. Ils semblent à peine avoir remarqué qu’un message était proclamé dans le couloir.
« Eh bien, messieurs, comment allez-vous ? » demande Moody.
Sans lever les yeux, l’un d’eux répond d’un ton agacé :
« Nous, ça va très bien. Nous n’avons rien à nous reprocher. Si nous sommes ici, c’est à cause de fausses accusations. Nous sommes innocents. »
Moody soupire doucement.
« Dans ce cas, j’imagine que le Christ n’a rien à faire ici, puisque personne n’est perdu… »
Il se dirige vers la cellule suivante.
« Et vous ? »
Le prisonnier le regarde avec dureté.
« Celui qui a commis ce crime me ressemblait. C’est pour cela qu’on m’a arrêté. »
Encore un innocent. Moody continue son chemin. Cellule après cellule, la même histoire revient. Chacun a une excuse. Chacun rejette la faute sur les autres. On était avec les mauvaises personnes. Le vrai coupable s’est enfui. On a été piégé. Personne n’est responsable.
Moody pense alors à Adam dans le jardin d’Éden. Lui aussi avait cherché une excuse. Depuis toujours, l’homme fuit sa responsabilité et préfère se justifier plutôt que reconnaître sa faute.
Le découragement commence à peser sur ses épaules tandis qu’il avance dans ce long couloir où résonnent les mêmes justifications.
Mais soudain, au bout du passage, une scène différente attire son attention.
Dans une cellule sombre, un homme est assis, la tête entre les mains. Ses épaules tremblent. Des larmes coulent sur son visage.
Moody s’approche doucement.
« Qu’est-ce qui ne va pas, mon ami ? »
L’homme relève à peine la tête et murmure entre deux sanglots :
« Mes péchés… mes péchés… ils sont trop nombreux… je n’en peux plus. »
Un frisson parcourt Moody. Enfin, un homme qui reconnaît la vérité.
« Remerciez Dieu pour cela », dit-il avec douceur.
Le prisonnier le regarde, étonné.
« Vous êtes prédicateur, n’est-ce pas ? On m’a toujours dit que les prédicateurs condamnaient le péché… et vous, vous vous en réjouissez ? »
Moody s’accroupit près de la lucarne et le regarde droit dans les yeux.
« Je me réjouis parce que vous voyez enfin votre véritable état. C’est le premier pas, celui que Dieu attend. Maintenant vous pouvez confesser vos fautes et recevoir le pardon de Celui qui est mort pour vous. »
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365HistoiresBy Jean-Louis Gaillard

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