Nos années collector

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By Nostalgie BelgiqueMusic
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Nos années collector episodes

  • Huy en 1962 : Josiane, son Kodak, les Beatles et Jacques Brel dans Nos années collector sur Nostalgie+
    Nos années collector sur Nostalgie+ vous emmène cette semaine à Huy, en 1962. Nous y suivons Josiane Lambert, 17 ans, apprentie photographe sur la grand-place hutoise, entre le magasin de tissus familial, le téléphérique qui survole la ville et un vélo bleu toujours prêt à partir.

    En quatre chapitres, l'émission fait revivre une année charnière : John Glenn en orbite autour de la Terre, Telstar et les premières images transatlantiques, la mort de Marilyn Monroe, la crise des missiles de Cuba. Au cinéma, Jules et Jim de François Truffaut et le tout premier James Bond avec Sean Connery dans Dr. No. Dans les cafés hutois, un jukebox fait tourner François Hardy, Claude François et les débuts des Beatles avec Love Me Do. Et dans le salon familial, le pick-up fait résonner Jacques Brel et Le Plat Pays.

    Une heure pour rouvrir une année que l'on croyait oubliée. Chaque samedi entre 11h et midi sur Nostalgie+.
    11 min
  • 1960 à Gerpinnes : yéyés, Baudouin et Fabiola, Congo, Kennedy... Nos années collector revit une année charnière
    Dans ce nouvel épisode de Nos années collector, Anouchka vous emmène en 1960, dans le village de Gerpinnes près de Charleroi, à l'heure où le monde bascule dans une nouvelle ère.

    Au fil d'une matinée de samedi, elle raconte l'histoire de Guy le facteur, figure incontournable du village, qui distribue bien plus que le courrier : il porte les nouvelles d'un monde en pleine mutation.

    En 1960, 17 pays africains accèdent à l'indépendance, dont le Congo belge le 30 juin. La Sabena mobilise son Boeing 707 pour 209 vols d'évacuation. Une grève historique éclate contre la loi unique du gouvernement Eyskens. Kennedy bat Nixon lors du premier débat télévisé de l'histoire. Et le roi Baudouin épouse Fabiola de Mora y Aragón dans une robe Cristóbal Balenciaga, lors d'un mariage diffusé en direct sur les télévisions européennes.

    À Gerpinnes, on est fier de Pino Cerami, le cycliste italo-belge du village, vainqueur de Paris-Roubaix et de la Flèche Wallonne à 38 ans. On découvre les nouveaux albums de Bob et Bobette de Willy Vandersteen. Et dans les cuisines, les radiotransistors diffusent les premières vagues yéyés : Johnny Hallyday, Eddie Mitchell et les Chaussettes Noires, Gillian Hills, Richard Anthony.

    Nos années collector, avec Anouchka, chaque samedi entre 11h et midi sur Nostalgie+. Ouvrez un cadeau et remontez le temps.
    14 min
  • Nos années collector : 1979 à Durbuy, la plus petite ville du monde
    Tous les samedis, Anouchka vous invite à remonter le temps sur Nostalgie+ avec Nos années collector. Dans cet épisode, direction 1979 et la ville de Durbuy, la plus petite ville du monde, au cœur des Ardennes belges.

    Suivez le docteur Antoine Collignon, médecin de campagne aimé de tous, dans ses visites à domicile, ses lectures et ses soirées musicales. Une plongée dans la vie quotidienne d'une Belgique rurale en pleine transformation, après la fusion des communes de 1977.

    Au programme : l'actualité mondiale de 1979 (Margaret Thatcher, la révolution iranienne, l'invasion soviétique de l'Afghanistan, les premières élections européennes avec l'affiche de Jean-Michel Folon), le théâtre belge avec Christiane Lenain dans Le Mariage de Mademoiselle Beulemans au Théâtre Royal des Galeries, et la BD Astérix chez les Belges, dernier album écrit par René Goscinny.

    Et bien sûr, les tubes incontournables de 1979 : Alain Souchon (L'amour en fuite), François Feldman (J'écoute de la musique soul), Renaud (Ma gonzesse), Francis Cabrel (Je l'aime à mourir), Daniel Balavoine et Laurent Voulzy.

    Nos années collector, chaque samedi sur Nostalgie+.
    13 min
  • Nos années collector : 1974 à Rixensart, le curé de campagne, les tubes de l'année et Lucy in the Sky
    Chaque samedi entre 11h et midi sur Nostalgie+, Anouchka vous emmène dans Nos années collector pour revivre les grandes et petites histoires du passé.

    Cette semaine, cap sur 1974 à Rixensart, dans le Brabant Wallon. À travers le regard de l'abbé Chopinet, curé de la paroisse Sainte-Croix, découvrez la vie d'un village belge encore très rural : le boulanger, le café de la gare, les fermes et leurs œufs frais, et ce curé en soutane perché sur son vélo noir.

    Au fil de l'épisode, Anouchka retrace les événements marquants de 1974 : la démission de Nixon après le Watergate, la mort de Pompidou, l'élection de Giscard d'Estaing, la loi Veil sur l'avortement, la fin de la dictature en Grèce et la découverte du squelette de Lucy par Donald Johanson en Éthiopie.

    Côté cinéma, l'abbé s'offre une séance pour voir L'Horloger de Saint-Paul de Bertrand Tavernier, avec Philippe Noiret et Jean Rochefort, Prix Louis Delluc et Lion d'argent au Festival de Berlin.

    Côté musique, les ados de la paroisse apportent leurs 45 tours au presbytère : Mon Vieux de Daniel Guichard, La Déclaration d'amour de France Gall, Le Premier Pas de Claude Michel Schönberg, Vanina de Dave, Waterloo d'ABBA et Bye Bye Johnny Be Good d'Eddie Mitchell, enregistré au Tennessee pour relancer sa carrière.

    Nos années collector, avec Anouchka, tous les samedis sur Nostalgie+.
    14 min
  • Nos années collector : retour à Knokke en 1967, Summer of Love, Che Guevara et les premières couleurs à la télé
    Chaque samedi, Anoushka vous emmène dans Nos années collector sur Nostalgie+, le podcast qui revisite les grandes années du passé comme on ouvre un cadeau.

    Au programme de cet épisode : Knokke en 1967. La reine des stations balnéaires belges vue à travers les yeux d'Antoine et Léon, deux jumeaux inséparables qui se promènent sur la digue, sirotent leur café au lait au Café du Phare et se souviennent d'une année marquante.

    Au menu : la mort du Che Guevara en Bolivie, les premières émissions en couleur sur l'ORTF, les prémices d'Internet imaginées par la RAND Corporation, et l'hommage à René Magritte au casino de Knokke devant sa fresque Le Royaume enchanté.

    Côté musique, 1967 c'est San Francisco de Scott McKenzie, hymne du Summer of Love et du mouvement Flower Power, La Marie-Jeanne de Joe Dassin (version française du hit de Bobbie Gentry), Massachusetts des Bee Gees, Les vieux amants de Jacques Brel et Inch'Allah d'Adamo.

    Lucien, auditeur originaire de Lorraine et installé en Savoie, partage aussi ses souvenirs d'ado en 1967 : les jeux dans la rue, le transistor sous l'oreiller et l'insouciance d'une époque révolue.

    Nos années collector, avec Anoushka, tous les samedis entre 11h et midi sur Nostalgie+.
    17 min
  • 1965 : Le premier sacre d'Eddy Merckx, le cri d'Aline de Christophe et le génie de Barbara
    En 1965, le village de Seilles, niché au cœur de la vallée de la Meuse dans la province de Namur, offre le visage d'une Belgique paisible où les maisons blanches contrastent avec le paysage industriel de la carrière de calcaire locale. C'est ici, rue du Centre, que bat le cœur de la communauté dans le salon de coiffure de Louis. Ce lieu, ouvert de l'aube au crépuscule, est bien plus qu'une simple échoppe : c'est un foyer où les clients entrent comme chez eux, s'installant dans l'un des trois fauteuils en similicuir rouge pour confier leurs histoires à Louis, qui fait office de confident autant que de barbier. L'atmosphère y est imprégnée des effluves de brillantine Bril-Crème et de la fameuse lotion capillaire Pétrole Hahn, ce liquide vert qu'il faut secouer avec vigueur avant l'emploi. Julia, son épouse violoniste, apporte sa touche de grâce en donnant des cours de musique aux enfants du coin ou en aidant ponctuellement au salon pour les shampoings et les bigoudis. La confiance règne à tel point que la caisse, une simple boîte à cigares posée sur le comptoir, reste accessible à tous sans que personne n'ait l'idée d'y toucher, même pendant la sieste de Louis.

    La vie sociale du village s'articule également autour du café « Au Bon Coin », tenu par le chaleureux Joseph Lecomte. Sous la télévision en noir et blanc installée au-dessus du comptoir en zinc, les villageois, dont le curé l'abbé Gilles, se rassemblent pour suivre les nouvelles du monde commentées par Luc Beyer sur la RTB. L'actualité de 1965 est pourtant sombre : on y parle de l'escalade de la guerre du Vietnam qui se transforme en un conflit ouvert, de la réélection contestée du général de Gaulle face à François Mitterrand en France, ou encore des tensions linguistiques qui commencent à empoisonner la politique belge. Mais le café est aussi le lieu de célébrations joyeuses, notamment lorsque le jeune Eddy Merckx, âgé de seulement dix-neuf ans, signe sa première victoire professionnelle le 11 mai 1965 lors du Grand Prix de Vilvorde. Ce premier succès d'une série légendaire de 525 victoires déclenche l'enthousiasme général et une tournée offerte par le patron sous les applaudissements du curé chauvin. Les passionnés de mécanique rêvent quant à eux devant les lignes de la nouvelle Porsche 911 ou de la Chevrolet Corvette Stingray, tandis que Ferrari et Ford s'affrontent sur les circuits de compétition.

    Le quotidien est rythmé par le passage de Fernand, le facteur, qui arrive chaque matin à vélo dans son uniforme bleu marine aux boutons dorés pour livrer le courrier et prendre son café au lait chez Julia. En 1965, la correspondance manuscrite et les cartes postales illustrées du village sont les liens essentiels entre les familles, le téléphone fixe n'étant pas encore présent dans tous les foyers. Pendant que Louis délaisse parfois son journal La Meuse pour s'évader avec la bande dessinée « Le Tour de Gaule d'Astérix » signée Uderzo et Goscinny, Julia se plonge dans la lecture de l'ouvrage de Georges Perec, « Les Choses », qui reçoit le prix Renaudot cette année-là pour sa radiographie de la société de consommation naissante.

    Enfin, 1965 est une année de révolution musicale qui s'exprime lors des bals d'été organisés autour du kiosque de la place. Un petit orchestre local y fait danser toutes les générations, mêlant valses, tangos et l'incontournable Twist réclamé par les jeunes. La voix mélancolique de Christophe envahit les ondes avec son tube « Aline », faisant de lui une icône yéyé instantanée, bientôt suivi par le succès des « Marionnettes ». Sur la place verdoyante de Seilles, on s'émeut aussi sur les textes de Barbara et son sublime « Göttingen », on vibre au rythme de « Satisfaction » des Rolling Stones ou on fredonne « Capri c'est fini » d'Hervé Vilard. Entre les rituels du salon de coiffure et l'effervescence des nouvelles mélodies, 1965 demeure pour Louis et Julia une année collector où le monde, malgré ses crises, semble encore tendre la main avec générosité.
    11 min
  • 1973: mode seventies et hits de Serge Lama, Julien Clerc et Michel Fugain
    Anouchka vous emmène à Bruxelles en 1973, sur la place du Grand Sablon et la Grande Place. Nous suivons Marie et Claudine, deux amies venues au marché des antiquaires à vélo, par un dimanche sans voiture instauré en plein choc pétrolier. Chez Wittamer, entre chineurs et galeries d'art, elles découvrent des trésors et s'arrêtent devant les œuvres de René Magritte dont la cote explose. Sur la Grande Place, elles observent depuis la taverne Le Roy d'Espagne la mode extravagante des seventies : pattes d'éléphant, minijupes et robes à fleurs. En arrière-plan, l'actualité marquante de 1973 : le gouvernement Messmer, la guerre du Kippour, le coup d'État de Pinochet au Chili contre Salvador Allende, et les tubes incontournables de Julien Clerc, Michel Fugain et le Big Bazar, et Serge Lama avec Je suis malade, né d'un amour secret et mis en musique par Alice Dona. Nos années collector, chaque samedi et dimanche entre 11h et midi sur Nostalgie+.
    13 min
  • 1968 : L'été de la liberté à Coxyde avec les Beatles, Gainsbourg et l'esprit de Boris Vian
    En cet été 1968, l'apprentissage de la liberté prend les traits d'une caravane aux formes arrondies tractée par une solide Peugeot 404 sur la route du littoral belge. Pour François et Isabelle, des jumeaux de seize ans, ces vacances à Coxyde marquent un tournant majeur : c'est la première fois qu'ils s'évadent sans leurs parents, une autonomie durement gagnée après un mois de juillet passé à tondre des pelouses, laver des voitures et faire du baby-sitting pour financer leur séjour. Installés dans un camping entre une famille de Charleroi et des voisins bruxellois jouant au rami, ils savourent le départ de leurs parents, Louis et Julia, avec un mélange d'excitation et d'appréhension. Le quotidien s'organise rapidement dans cet espace réduit : le matin, Isabelle prépare le petit-déjeuner sur la table en formica, tartinant des pistolets croustillants de beurre salé et de confiture, tout en préparant manuellement du café Chat Noir. Dans l'air, l'odeur du café se mêle aux nouvelles grésillantes du transistor qui relate les barricades de mai 68 à Paris et Bruxelles, ainsi que la fin tragique de figures de paix comme Martin Luther King et Robert Kennedy, des événements qui assombrissent le monde mais semblent lointains face au sable blond de la mer du Nord.

    L'exploration de la côte se fait en tramway, ce mythique convoi traversant les 67 kilomètres du littoral, pour assister à un spectacle d'un autre temps à Ostdunkerque : la pêche artisanale aux crevettes à cheval. François observe, subjugué, les lourds chevaux de trait brabançons s'enfonçant dans l'eau jusqu'au poitrail pour tirer d'immenses filets, avant de déguster un sachet de crevettes grises cuites immédiatement sur la plage. Les journées s'étirent ensuite sur le sable, où les jumeaux s'installent dans des transats rayés, protégés par d'énormes lunettes solaires. Isabelle s'immerge dans l'univers surréaliste de Boris Vian avec L'Écume des jours, un ouvrage dont l'esprit contestataire résonne avec la jeunesse de 1968, tandis que François préfère la plume libératrice de Françoise Sagan dans Le Garde du cœur. On ne se méfie pas encore du soleil ; on se tartine généreusement d'huile de monoï pour prendre des couleurs, bercé par la voix de Marie Laforêt s'échappant d'un poste radio voisin.

    La vie sociale bat son plein au café de la plage, un lieu de ralliement équipé de kickers et d'un précieux jukebox. C'est là que les jumeaux rencontrent Karine, une jeune fille aux cheveux rouges, et sa bande de copains avec qui ils partagent des bières et des Coca-Cola dans une ambiance de franche camaraderie. Les pièces de cinq francs s'enchaînent dans le jukebox, faisant résonner les succès de l'époque : Julien Clerc avec La Cavalerie, Claude Nougaro et son vibrant Paris mai, ou encore les mélodies planétaires des Beatles avec Hey Jude et des Moody Blues avec Nights in White Satin. La provocation s'invite aussi avec le duo Gainsbourg-Bardot sur Bonnie and Clyde, tandis que Jacques Dutronc et Michel Polnareff complètent cette bande-son révolutionnaire. Les soirées s'achèvent dans l'insouciance, entre des sachets de frites à la mayonnaise et l'excitation d'un bain de minuit improvisé dans une mer en furie, avant de s'éparpiller dans la nuit comme des chauves-souris, le cœur léger et l'esprit définitivement conquis par cette parenthèse collector
    13 min
  • 1977 : L'adieu au King Elvis, la révolution Punk et le génie d'ABBA et France Gall
    L’année 1977 s’ouvre sur les pavés d’Arlon, la cité gallo-romaine et capitale de la province de Luxembourg, où les maisons en pierre jaune se serrent les unes contre les autres pour braver la rigueur du climat ardennais. C’est ici, rue de Chopac, que vivent Esther, onze ans, et sa petite sœur Joseline, huit ans, au sein d’un foyer animé par leurs parents : Serge Bartelli, médecin de quartier dévoué, et Noella, ancienne infirmière qui gère désormais le cabinet et la vie familiale. À Arlon, la vie s’écoule entre les vestiges archéologiques et les terrasses de la place Léopold où l’on déguste un verre de Maitrank, tandis que les deux sœurs arpentent les rues à pied pour se rendre à l’école. Leurs lourds cartables en cuir renferment des cahiers protégés de papier bleu et des plumiers garnis de stylos Waterman et de buvards roses, outils indispensables d’une époque où les photocopies n’existent pas encore et où tout se recopie à la main. Sur le chemin du retour, le rituel est immuable : un arrêt à la boulangerie pour dépenser quelques francs belges en bonbons, entre les rouleaux de réglisse et les précieux Malabars dont Joseline collectionne les horoscopes.

    Au domicile des Bartelli, la modernité s’installe par petites touches technologiques. Serge conduit une rutilante Volkswagen Golf GTI bordeaux, symbole de liberté pour des escapades vers Bruxelles, tandis que le salon accueille une télévision en couleur équipée d’une télécommande, évitant enfin de se lever pour changer l'une des six chaînes captées grâce à la situation frontalière de la ville. Les actualités mondiales défilent sur l'écran : l’investiture de Jimmy Carter aux États-Unis, la présentation de l'Apple II par Steve Jobs, ou encore les tensions en Tchécoslovaquie avec la Charte 77. En Belgique, le pays traverse une crise institutionnelle provoquant la démission de Léo Tindemans, alors qu'on adopte pour la première fois le changement d'heure pour faire face au choc pétrolier. Côté sport, le cyclisme belge brille avec l'exploit de Roger De Vlaeminck, surnommé « Monsieur Paris-Roubaix », qui remporte l'Enfer du Nord pour la quatrième fois.

    La bande-son de 1977 est un véritable tourbillon de genres musicaux qui s'affrontent dans chaque pièce de la maison. Alors qu’Esther pleure la mort d’Elvis Presley en écoutant « My Way », le salon vibre au son d’ABBA avec « The Name of the Game », omniprésent sur les ondes. Dans sa chambre, leur cousin Patrick provoque les parents en jouant le brûlot punk des Sex Pistols, « God Save the Queen », ou le sublime « Heroes » de David Bowie, enregistré au pied du mur de Berlin. La chanson française connaît également un âge d’or avec l’éclosion de Francis Cabrel chantant « Petite Marie », le triomphe de Laurent Voulzy avec sa « Rockollection » et l’insolence de Renaud qui impose son style avec « Laisse béton ». Pour Serge, le retour des tournées médicales se fait dans le calme au son de « Si maman si » de France Gall, une mélodie qui apaise les fatigues de la journée.

    L’éveil intellectuel de 1977 se poursuit avec des méthodes pédagogiques innovantes comme les réglettes Cuisenaire, ces bâtonnets colorés dont Joseline ne se sépare jamais pour exceller en mathématiques. Les lectures de fin d'année sont riches, allant de l'adaptation de « Heidi » aux contes régionaux de Bernard Jacob dans « Enfant d'Arden », sans oublier les nouvelles aventures de Spirou et Fantasio ou les gags de Léonard et Boule et Bill. À la télévision, alors que les petits s'endorment avec Nounours, Esther et Joseline rient devant les sketches de « Clafouti » avec Marion et Stéphane Steeman, tandis que les parents s'évadent devant les enquêtes du commissaire Maigret. Entre les traditions d’une cité romaine et l'énergie d'un monde qui s'électrise, l’année 1977 s’inscrit pour la famille Bartelli comme un collector inoubliable, marqué par un optimisme qui semble défier le temps.
    12 min
  • 1970 : Des adieux de Jimi Hendrix et des Beatles au charme de Brigitte Bardot et Annie Cordy
    En septembre 1970, la petite ville de Bouillon, nichée au creux d'une vallée encaissée où la Semois dessine une boucle presque parfaite autour du château fort du duc Godefroid, s'apprête à clore une saison estivale empreinte de douceur. C'est ici, au camping de l'Aliru, que Michèle et Hervé, un couple de jeunes mariés, ont choisi de poser leurs valises pour une lune de miel simple et authentique. Installés dans une tente en toile bleu ardoise au bord de la rivière, ils savourent leurs premiers souvenirs communs, entre les courses à la petite épicerie du camping pour dénicher du pain, des pâtes et de précieuses bières Orval, et les soirées passées à grignoter des cubes de fromage avec du sel de céleri chez Jacqueline, l'estaminet typique du centre-ville. Sous la toile bleue, alors qu'Hervé, du haut de son mètre quatre-vingt-dix, peine un peu à se mouvoir, Michèle se sent protégée dans ce refuge qui marque le début de leur vie à deux, entourée par les forêts de chênes et de hêtres environnantes.

    Pourtant, le monde extérieur s'invite brutalement dans leur intimité par le biais de la radio portative, la Transistor, qui diffuse les nouvelles sur les ondes de RTL. Le choc est immense lorsqu'ils apprennent le décès foudroyant de Jimi Hendrix à Londres, à seulement vingt-sept ans, privant le rock psychédélique de son plus grand génie de la guitare électrique. Pour le jeune couple, cette disparition est d'autant plus difficile à accepter que l'actualité musicale est déjà endeuillée par la séparation officielle des Beatles, un véritable séisme culturel qui laisse Michèle au bord des larmes. Heureusement, le sport apporte quelques éclaircies : Hervé applaudit le troisième sacre mondial du Brésil de Pelé au Mexique, tandis que Michèle s'enthousiasme pour la victoire d'Eddy Merckx sur le Paris-Roubaix. Le journal égrène d'autres nouvelles marquantes, comme l'explosion à bord de la mission lunaire Apollo 13 — dont les astronautes sont fort heureusement rentrés sains et saufs — ou encore la mort du général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises, qui bouleverse la France voisine. En Belgique, la rentrée scolaire est marquée par une petite révolution : les enfants n'iront plus à l'école le samedi, et le permis de conduire devient obligatoire pour les cyclomoteurs.

    La vie culturelle se prolonge dans l'ambiance dorée du Café du Centre, où le jukebox est sollicité pour quelques pièces de cinq francs. Michèle et Hervé y écoutent des succès qui touchent les âmes, passant de la mélancolie d'Elvis Presley avec « In the Ghetto » à l'énergie de Joe Dassin chantant « L'Amérique » ou l'ironie de Jacques Dutronc et son « Hôtesse de l'air ». Michèle se laisse emporter par « J'écoute de la musique soul » de Françoise Hardy, tandis que résonnent les accords de l'emblématique « Aigle noir » de Barbara ou la profondeur de « Suzanne » de Leonard Cohen, qui vient de marquer le festival de l'île de Wight. La mode est aux pantalons pattes d'éph, aux mini-jupes et aux tuniques à fleurs, une effervescence esthétique qui se retrouve également dans les salles de cinéma où le couple projette ses futures sorties.

    Assis dans l'herbe fraîche au bord de la Semois, Michèle et Hervé discutent avec passion du septième art. Ils s'enthousiasment pour la performance dramatique d'Annie Cordy dans le thriller psychologique « Le Passager de la pluie » de René Clément, où notre compatriote belge brille aux côtés de Charles Bronson. Michèle défend également le film « On achève bien les chevaux » de Sydney Pollack, où Jane Fonda livre une prestation habitée en pleine Grande Dépression américaine. Pour contrebalancer ces drames, ils rêvent de la légèreté de Brigitte Bardot dans « L'Ours et la Poupée », ou de l'élégance de Romy Schneider dans « Les Choses de la vie », sans oublier le conte féerique de Jacques Demy, « Peau d'Âne », avec Catherine Deneuve. Entre les éclats de rire au bistro, les pieds dans l'eau froide de la rivière et les espoirs d'une décennie qui commence, l'année 1970 restera pour eux celle d'une grâce absolue vécue dans la simplicité d'un camping ardennais.
    13 min

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