Olivier Pavie, Explorateur du Numérique

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Olivier Pavie, Explorateur du Numérique episodes

  • Mise en conformité RGPD : 2022 ou rien

    2022 ou l’année de la mise en conformité RGPD… Une année qui marque un tournant dans la responsabilisation des entreprises en matière de sécurisation de leur informatique et des données personnelles qu’elles stockent et traitent.



    La loi RGPD a été promulguée le 25 mai 2018. Elle demandait déjà aux entreprises de passer à la mise en conformité RGPD. On parle de toutes les entreprises : très petites, petites et grandes, y compris les autoentrepreneurs, les commerçants, les artisans, professions libérales, associations, etc.



    Pourquoi la mise en conformité RGPD et de quoi s’agit-il ?



    Il s’agit d’une loi… C’est une obligation… Européenne… Il faut comprendre l’intérêt de cette loi avant de vouloir lui trouver une forme d’abus. Cette loi RGPD signifie Règlement Général de Protection des Données personnelles (des membres de l’union européenne). Son but est de préserver la vie privée des personnes. Cela doit leur permettre de gérer les informations qu’elles veulent bien partager, ou pas, à n’importe quel moment de leur vie. Chaque entreprise possède des données personnelles pour un usage interne comme le contrat de travail, le CV, les fiches de paie, etc. Mais elles ont aussi aussi des données sur l’intérêt que portent des personnes aux produits et services de l’entreprise. Souvent les entreprises ne se rendent pas compte de l’importance de ces données qui revêtent un aspect stratégique quant à leur activité. Les commerciaux et les professionnels du marketing quant à eux ont une bonne vision de cela.



    La mise en conformité consiste à prendre conscience de la valeur de ces informations, de leur donner un indice de valeur et un niveau de protection adéquat. Il y a des données sensibles comme le numéro de sécurité sociale, les revenus, les données de cartes bancaires et de comptes, les opinions politiques et religieuses, les orientations sexuelles, les données relatives à la santé, etc. Ne pas se mettre en conformité fait prendre des risques à l’entreprise…





    Quels risques pour une non conformité?



    Cela commence par des risques d’amendes et des procès avec des personnes ou des groupes de personnes. Si les autorités n’ont pas tout de suite appliqué la loi RGPD pour tout le monde dès le 25 mai 2018, cela n’a pas trainé non plus. Deux semaines après l’entrée en vigueur de la loi, une première amende de 250.000 euros a été adressée à Optical Center pour une faille de sécurité non corrigée depuis 2017.  Uber s’est vu infliger une amende de 400.000 euros pour atteinte à la sécurité des données des utilisateurs, pas assez protégées, Bouygues Telecom, 250.000 euros, etc. Il est à noter qu’une association, l’ADEF, dont la mission est la mise à disposition de logements dans des résidences et foyers notamment pour des étudiants, des familles monoparentales et des travailleurs migrants, s’est aussi vu infliger une amende de 75.000 euros pour une mauvaise sécurisation des données.



    On le voit, le cœur de la problématique est la sécurisation des données personnelles. Cela se comprend, comment penser qu’une compagnie d’assurance va garantir certains services si elle sait qu’une personne a des risques sur sa santé à court ou moyen terme ??? Une fuite de données par piratage, ou même par simple négligence n’est plus pardonné. Et la loi oblige même à déclarer ce genre de sinistre auprès de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) dans les 72 heures.



    Pourquoi encore parler de cette mise en conformité en ce début 2022 ?



    Parce que beaucoup d’entreprises n’ont rien fait pour...
    6 min
  • protection des données : guerre économique, le numérique est une arme stratégique
    Cet article fait suite à l’affaire de suspicion d’espionnage entre la Chine et les Etats-Unis via Huawei. Dans ce cadre, Olivier Pavie propose de regarder le numérique d’une autre façon. Plus précisément comme une arme stratégique dans le cadre de la guerre économique qui se livre sur toute notre planète. La protection des données personnelles est au coeur de la menace.
    Je reviens sur l’affaire Huawei qui ne montre qu’une partie émergée de l’Iceberg sur la protection des données. Et leur implication. Je compte montrer ici à quel point le numérique est stratégique. Notamment en termes de relations commerciales entre les états et leurs politiques. L’affaire Huawei, menée initialement par l’administration Trump, a fait cesser les relations commerciales entre Google et Huawei. Ceci a forcé le fabricant chinois de téléphones à trouver une autre option. Ceci pour remplacer le système Android de Google qui équipe ses téléphones. Le chinois va développer son propre système. Ce qui, dit en passant, n’est pas une mince affaire. Mais le plus important n’est pas cela. Là où cela va très loin, c’est que l’interdiction de travailler avec le chinois s’impose à toutes les sociétés américaines. Et ce n’est pas tout ! Y compris à toutes sociétés internationales qui utilisent plus de 25% de technologies américaines.
    En matière de protection des données et d’espionnage
    Donald Trump de son passage au Royaume-Uni fin mai a fait du bruit. Il a essayé d’imposer à la société Arm Holdings de cesser de travailler avec Huawei. Pourquoi ? Pour des raisons supputées d’espionnage… Et donc notamment de protection des données personnelles. Il faut savoir que ARM, compagnie anglaise, détient les brevets sur les processeurs ARM qui équipent 99% des smartphones. On peut ajouter qu’elle appartient à 75% au Japonais Softbank. Bref, avec un coup comme ça, le chinois pourrait tout simplement disparaître. Sauf que, rien qu’au Royaume-Uni, les réseaux mobiles d’opérateurs comme Vodafone s’équipent en grande partie de matériel fabriqué par Huawei. En raison du déploiment, notamment, de la 5G. Et le chinois équipe des réseaux d’opérateurs dans le monde entier, y compris aux états unis.
    Hégémonie américaine ? De quel droit ?
    Si on revient sur le fond, tout cela est incroyable. A quel titre Donald Trump pourrait-il imposer à une société anglaise comme ARM d’établir un black-out sur une compagnie chinoise ? Il tente de jouer la carte psychologique pour « renforcer sa bonne entente » avec la couronne d’Angleterre. Cette dernière n’ayant pas l’intention de réserver un mauvais sort à Huawei. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette affaire Huawei est un exemple en matière de guerre économique! Et d’importance sur la protection des données personnelles. Mais il y en a d’autres encore, plus stratégiques ! On n’y pense pas forcément du premier coup… Pourtant, ils semblent évidents.
    Rien de simple dans cette affaire qui est une vraie guerre économique
    L’hégémonie américaine sur les technologies est imposante. Surtout cette menace qui pèse encore plus avec l’administration Trump! Elle est capable d’imposer des représailles d’une manière ou d’une autre. Toutefois, elle permet aux concurrents de se trouver des marchés sérieux. C’est le cas de la France qui arrive depuis longtemps à vendre des avions, des hélicoptères, des armes, des satellites qui utilisent le numérique. Et il n’y a pas forcément de programmes informatiques dans lesquels les américains aient la moindre parcelle de propriété intellectuelle. Et pour ce qui concerne les processeurs, ce n’est pas plus compliqué. Avec les puces ARM qui sont anglaises d’origine et non pas américaines, on peut travailler.
    Des exemples sur le numérique comme d’une arme ...
    5 min
  • Loi Mobilité et NVEI : pourquoi et quand ?
    Les trottinettes électriques et Nouveaux Véhicules Electriques Individuels ou NVEI font couler beaucoup d’encre. Les médias généralistes se font l’écho des frayeurs d’une minorité ; la loi mobilité est là pour recadrer le contexte de ces empêcheurs de tourner en rond.
    Olivier Pavie est utilisateur d’un NVEI*. Depuis plus de deux ans et ayant plus de 10000 km au compteur de sa gyroroue, il analyse la situation. Il démontre que le cadre légal envisagé de la loi mobilité est simplement adapté. Il permet de voir naître des assurances qui n’existaient pas pour l’instant de protection de l’utilisateur.
    D’accord avec la loi mobilité qui entrera normalement en vigueur en septembre 2019 ?
    La loi n’a rien d’extraordinaire, elle ne fait que replacer le NVEI au rang du vélo dans notre circulation de tous les jours et dans celui du code de la route. Si on se remet dans le contexte, un vélo n’a pas le droit de rouler sur un trottoir. Il doit être conduit à la main avec pieds à terre… Par ailleurs, il y a une loi qui existe depuis longtemps qui limite la vitesse des véhicules non immatriculés à 25 km/h. Or, un vélo n’est pas immatriculé. Donc il ne doit pas dépasser les 25 km/h. Idem pour les vélos électriques qui font partie des NVEI. Un vélo a le droit de circuler sur la voie publique. Les détenteurs d’un permis de conduire ne s’amusent pas à les culbuter pour le plaisir.
    Pourquoi une nouvelle loi mobilité sur le NVEI ?
    Parce qu’il y avait un vide juridique. Pas de mention donc pas de sanctions. Si ce n’est l’abus de droit comme certains maires ont choisi en interdisant purement et simplement ces véhicules. Ceci où que ce soit ou presque au vu des abus des individus, et certes, il y en a. De mon côté, je roule sur les trottoirs très souvent depuis plus de deux ans. Je respecte doublement le code de la route. En effet, les gyropodes tels que les gyroroues sont acceptées par le code de la route via les articles R412-34 et R412-43. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas de guidon qui occupe les mains. Elles sont capables de rouler à moins de 6 km/h, c’est à dire de rouler à la vitesse d’un piéton. Ceci en sachant qu’un gyropode, comme la gyroroue peut être utilisé jusqu’à des vitesses inférieures à 1 km/h. Ce genre de véhicule peut aussi s’arrêter instantanément en posant tout simplement un pied à terre. Imaginez de rester en selle sur un vélo à moins de 6 km/h! Sans compter la place que prend le guidon sur un petit trottoir.
    Perdre au change avec la loi mobilité ?
    Je respecterai la loi qui sortira, et je comprends cette décision de remettre les choses en place. Ce qui est idiot, très souvent, c’est l’absence de discernement qu’ont les médias à ce sujet. Grosso modo, ils considèrent systématiquement l’utilisateur d’un NVEI comme un délinquant. Je vais être factuel. Sur les 10.000 km de pratique depuis Janvier 2017, j’ai croisé des milliers de personnes. Une très large majorité me respecte parce que je les respecte? et certainement aussi parce que la gyroroue est un véhicule qui intrigue très souvent petits et grands.
    Toutefois, depuis plusieurs mois, en restant tout à fait respectueux, j’ai vu des gens me fustiger du regard… certains m’ont aussi fait des réflexions du genre vous n’avez pas le droit d’être là? Ce qui est faux. Surtout avec mon véhicule qui est une gyroroue. Je respecte la vitesse limite. Et, souvent,0 nettement moins en fonction des situations – qui me disent que je suis passible d’une amende de 135 euros, ce qui est évidemment faux à l’heure d’aujourd’hui sauf arrêté municipal spécifique,
    6 min
  • Reconstruction de Notre-Dame de Paris : grâce au numérique ?
    Le numérique au secours de la reconstruction de Notre-Dame de Paris ? L’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame le 15 Avril 2019 a été un choc et un drame. Ceci pour tous les chrétiens, et, globalement pour le monde entier, quelles que soient les croyances et opinions.
    Notre époque et le numérique peuvent aider à la reconstruction de Notre-Dame plus rapidement. Olivier Pavie pose un regard optimiste sur la situation. Il montre que le monde du numérique et des nouvelles technologies contribuera à accélérer la renaissance de ce symbole universel.
    Reconstruction de Notre-Dame , en quoi le numérique peut-il aider?

    Le sujet est vaste. Je ne vais pas rentrer dans les détails ni dans les choix qui s’offrent pour la reconstruction de Notre-Dame. Que ce soit avec d’autres matériaux, avec ou sans un concours d’architecte, etc. Pour commencer, comme il n’est pas possible de construire ou reconstruire sans des plans précis, on peut déjà parler des plans de la cathédrale telle qu’elle était. On peut garantir que jamais dans les 856 ans d’existence de ce monument commencé en 1163, achevé près de deux siècles plus tard, on n’a eu autant d’informations la concernant. Notre-Dame de Paris est aujourd’hui un des lieux les plus documentés. A commencer par les photographies numériques prises par les 13 millions de touristes qui viennent la visiter chaque année. Mais ce n’est pas tout, loin s’en faut.
    Des scanners laser 3D utilisés pour Notre-Dame de Paris ?
    Les travaux engagés récemment pour son entretien et sa sauvegarde ont nécessité d’être réalisés sur la base de relevés géométriques et structurels utilisant les dernières technologies. On parle ici de méthode classique de relevé mais aussi de scanner laser 3D. Il y a parfois des initiatives et concours de circonstances qui peuvent amener leur pierre à l’édifice si je peux dire. En 2010, Andrew Tallon, historien de l’art spécialiste de la représentation et de l’analyse architecturales par scanographie laser et dans l’architecture gothique avait entrepris la numérisation au laser 3D de l’intérieur et de l’extérieur de Notre Dame.
    Un heureux hasard ?
    Ce n’était pas vraiment un hasard. Cet historien malheureusement décédé en novembre 2018 à l’âge de 49 ans s’était résolument spécialisé dans l’art gothique français et sur les cathédrales. Il a numérisé plusieurs d’entre elles en France mais aussi à l’étranger, notamment la cathédrale de Canterbury en Angleterre. Il a publié un ouvrage sur Notre Dame de Paris en 2013 co-écrit avec un autre historien, Dany Sandron. En voici d’ailleurs le sujet : « à travers de saisissantes images de synthèse, réalisées grâce à un relevé au laser en trois dimensions, cet ouvrage retrace visuellement les moments-clés de la construction de la cathédrale, puis les remaniements dont elle a été l’objet, jusqu’à la grande restauration de Viollet-le-Duc et Lassus au XIXe siècle. »
    Un ouvrage intéressant sur la construction de Notre-Dame au cours des siècles
    Cet ouvrage marquait le 850 ème anniversaire de la cathédrale. La précision de la numérisation qu’avait entrepris Andrew Tallon est de 5 mm. La cathédrale ainsi digitalisée a permis de collecter plus d’un milliard de points de référence pour toute la structure. Mais ce n’est pas tout pour ce qui concerne la numérisation. L’éditeur français de jeux vidéo Ubisoft avait entièrement digitalisé la cathédrale en 2014 pour la rendre la plus réaliste possible dans un de ses jeux.
    Des éléments suffisants ?
    Plus il y a d’informations, mieux c’est. Il y a de nombreux plans de la cathédrale qui ont été faits par morceaux pendant des années...
    5 min
  • La blockchain, de la monnaie aux services
    Peu de gens ont entendu parler de la Blockchain… A part certaines entreprises et des personnes ayant l’habitude de la finance… Mais si on vous parle du Bitcoin ? Cela devrait résonner aux oreilles de beaucoup de monde. Portrait d’une technologie qui risque de changer le monde dans tous les domaines
    Combien de technologies vous présenter comme pouvant changer le monde ? Difficile à dire, il y en a tellement dans tellement de domaines… C’est le jeu de l’avenir des startups, de la finance, des petites et grosses entreprises et l’évolution de l’humanité… La blockchain est déjà un phénomène. Il y a à ce jour près de 200 milliards de dollars de capitalisation rien qu’en capitalisation financière. On peut découvrir ce qu’il en est au jour le jour sur le site coinmarketcap.com. Le fameux Bitcoin occupe la première place avec la moitié de la capitalisation. L’Ethereum est à la seconde avec 20 milliards. Les 98 monnaies totalisent les 80 milliards suivants. Ça c’est le côté cryptomonnaies.  Mais ce n’est que la partie qui émerge de l »iceberg.
    La Blockchain peut servir à autre chose ?
    Je vais vous expliquer le principe. La Blockchain rebat les cartes du tiers de confiance et de l’intermédiaire en général. Elle touche donc à tous les secteurs d’activité. Les banques et services financiers en premier, mais cela est en réalité beaucoup plus vaste. Tout le secret de la blockchain réside dans le fait qu’il s’agit d’un registre comme on en faisait en papier avant. Un registre dans lequel tout est enregistré mais cette fois avec quelque chose de fondamentalement nouveau. Le principe théorique de la Blockchain, c’est qu’il s’agit d’une base de données hautement sécurisée par chiffrement – ce que l’on appelle aussi le cryptage – entièrement décentralisée et distribuée sur le réseau sans appartenir en majorité à une compagnie ou une personne en particulier.
    Comment la blockchain peut-elle être aussi sécurisée?
    A cela on ajoute que la moindre transaction est enregistrée puis stockée pour toujours en sachant qu’on ne peut pas créer une transaction qui ne dépende pas de celle d’avant où qu’elle soit dans le monde. La trace est indélébile. La blockchain n’appartient pas à une personne ou une compagnie grâce à une gestion spécifique de la preuve d’un consensus distribué sur l’ensemble des acteurs : pas possible d’enregistrer une transaction sans qu’il y ait acceptation par une majorité. Or il y a plusieurs technologies ou principes fondamentaux qui peuvent être utilisés. On parle de preuve de travail dans le cas de l’ancêtre, le Bitcoin qui date de 2009 et de preuve d’enjeu dans l’Ethereum.
    On parle beaucoup d’argent dans cette blockchain, mais à quoi cela peut-il servir d’autre ?
    La raison principale de ce changement de technologie, c’est le gouffre énergétique que représente la technologie du Bitcoin qui requiert beaucoup de ressources informatiques pour être tout ce qu’elle est. Le problème de la preuve d’enjeu est qu’elle est un peu moins fiable que la preuve de travail. Des monnaies comme PeerCoin et Decred utilisent une technologie hybride. Mais la Blockchain peut servir à beaucoup d’autres choses. Disons que si on ne parle plus d’argent, on comprend facilement l’importance de la fiabilité de la blockchain dans les transactions.  C’est à partir de là que l’on peut mieux comprendre que cette bonne technologie permet d’envisager toutes sortes d’outils de gestion sécurisés et infalsifiables. On peut envisager du coup un usage pour certifier des documents importants comme des actes notariés, des actes d’état-civil.
    Est-ce compliqué pour une entreprise ou une autorité de mettre une blockchain en place ?
    5 min
  • Intelligence artificielle, en avoir peur ou pas ?
    L’intelligence artificielle s’invite un peu partout depuis ces derniers mois, Olivier Pavie, consultant et formateur dans les Nouvelles Technologies, le Numérique et le Marketing Digital nous fait part de son ressenti et des limites du fantasme.
    C’est un peu une tribune que je m’offre aujourd’hui sur ce sujet de l’intelligence artificielle. Ce qu’il faut commencer par noter, c’est que l’on parle d’intelligence artificielle. L’intelligence par définition mentionne la faculté d’adaptation. On imagine facilement sur cette base que l’intelligence artificielle consiste à donner de la faculté d’adaptation à des machines conçues par l’homme. Or, des experts en psychologie ont essayé de définir l’intelligence en 1986 sans arriver à bâtir un consensus.
    Définition de l’Intelligence Artificielle
    Andreas Kaplan et Michael Haenlein définissent l’intelligence artificielle comme « la capacité d’un système à correctement interpréter des données externes ». Ils y ajoutent l’apprentissage de ces mêmes données. Mais aussi l’utilisation de ces enseignements afin de réaliser des objectifs et des tâches spécifiques avec une adaptation flexible. Si on se réfère à cette dernière définition, on peut dire que l’on est dans le concept de système expert. On en parle depuis déjà des dizaines d’années! On est dans l’ouvrier, l’agent de maîtrise et l’aide à la décision? Ceci avec des systèmes capables d’évaluer et proposer mais pas de décider… Ou alors par programmation spécifique selon des cas bien identifiés et identifiables. On peut l’imaginer très simplement pour la voiture autonome : la voiture autonome sera-t-elle capable d’être intelligente ou considérée comme telle ?
    Une intelligence artificielle vraiment intelligente ?
    Ce que je veux essayer de démontrer c’est que cette intelligence n’est pas intelligente au sens propre. On ne peut la considérer comme ayant un esprit de décision final sur un cas inconnu. Le propre de l’homme est de faire des choix à n’importe quel moment. Que ce soit en territoire connu ou inconnu, à bon escient et certainement aussi à mauvais escient. Mais tout ceci étant fait dans une lucidité qui lui est propre à un instant t, basée sur ses connaissances, son expérience et ce qu’il est lui-même. Ce qui manque à mon avis dans la définition de l’intelligence en général, c’est l’esprit de décision, la lucidité et l’être que l’on est chacun. L’intelligence n’est pas qu’une adaptation.
    L’intelligence, une simple adaptation ?
    Comment imaginer que la pomme de pin soit intelligente ? Ce qui fait qu’elle existe, c’est que le pin a naturellement subi des contraintes liées au feu. Ces contraintes ont impliqué que son existence ne réside que dans le fait que les seules mutations qui auront survécu sont celles qui la font exister aujourd’hui. C’est Darwinien. Seul l’homme possède de l’intelligence à la fois innée, acquise et sujette à interprétation, déduction et décision. La machine à « intelligence artificielle » ne sera dangereuse pour l’homme que lorsque l’homme lui donnera le pouvoir de décision final, ce qui serait pure folie si on se réfère aux lois très intelligentes d’Asimov sur le rôle du robot et sa fonction de sauvegarder l’humain à tout prix.
    En définitive, avoir peur ou pas de « l’intelligence artificielle » ne dépendrait-il pas du niveau d’optimisme de chacun sur l’humanité. Evidemment, ceci n’engage que moi.
     
    Olivier Pavie
     
    Sternberg, Robert J., and Douglas K. Detterman, eds.
    4 min
  • Les assistants vocaux
    En 2018, il s’est vendu des millions d’assistants vocaux dans le monde : à quoi servent-ils, comment fonctionnent-ils. Pourquoi sont-ils un gros sujet ?
    On les trouve dans tous les magasins tels que la Fnac, Darty, Boulanger, sur les sites Internet, etc. Ils existent sous plusieurs formes. Ils fonctionnent de manière autonome ou avec les systèmes Echo d’Amazon, Google Assistant de Google, Apple HomeKit… On peut même en fabriquer soi-même pour quelques euros…
    Qui sont ces assistants vocaux ?
    Les assistants vocaux sont des appareils équipés de micros qui écoutent en permanence en attendant un ordre. Ils ne se déclenchent que selon une commande vocale précise. Par exemple, avec Echo d’Amazon, si on est abonné à Spotify ou Amazon Musique, on va parler à Alexa. « Alexa, joue-moi la boîte de Jazz de Michel Jonasz ». Alexa est le mot déclencheur. L’assistant vocal répond, voici la boîte de Jazz de Michel Jonasz sur Amazon Music. Le but de ces assistants est de simplifier la vie des utilisateurs. Et cela sans qu’il y ait à sortir sa tablette ou son smartphone pour commander des actions.
    Cet usage est-il trivial ?
    On pourrait croire que ces appareils puissent être triviaux. C’est à la fois vrai et faux. En effet, il faut voir que les actions ne s’arrêtent pas à jouer de la musique ou lancer une station de radio. On peut par exemple allumer des lampes dans des pièces. Il suffit d’une commande du genre Alexa, allume la lampe du salon. On peut aussi dire : » Alexa, diminue l’intensité de la lampe du salon, etc ». Pour cela il faut évidemment qu’il y ait des lampes connectées dans la maison… Amazon Echo, Google Home et Apple HomeKit pilotent les lampes connectées Philips Hue.
    La maison connectée peut-elle vraiment être pilotée par la voix ?
    Pour la maison globalement connectée, on en est encore aux balbutiements. Et surtout il y a encore peu d’acteurs. Mais on peut déjà piloter le chauffage dans chaque chambre. Il y a déjà les produits NetAtmo, assez chers, mais aussi la marque Tado, Nest, et d’autres à venir. On reviendra sur cette maison connectée dans une autre chronique, il y a plein de choses à dire.
    Assistants vocaux, quelles fonctions ?
    Si je reviens sur le rôle des assistants vocaux et leurs fonctions, il y en a plein. Elles peuvent être utilisées au quotidien. Les assistants utilisent une technologie d’intelligence artificielle pour reconnaître et comprendre ce que vous demandez. Les demandes peuvent aller depuis demander une traduction d’un mot voire une phrase d’une langue à une autre. On peut aussi demander le flash info d’actualité ou de météo locale et nationale. Si vous demandez de raconter une blague, ça marche aussi. Vous vous posez des questions sur ceci ou cela, ça répond ! Rappeler les anniversaires et les rendez-vous d’affaires est possible. Il y a encore créer une « todo list » ou « liste de choses à faire » pour la semaine à venir, etc.
    Les fonctions peuvent-elles s’étendre ?
    Il y a même des extensions possibles fournies par des éditeurs de services. C’est là qu’on va trouver les passerelles vers la maison connectée, mais pas que… Il y a aussi les fournisseurs de musique en ligne, les billetteries de spectacles, etc. La liste des services est très longue. Autant que celle que l’on peut trouver sur l’App Store d’Apple. Il y en a également sur le Google Play. Il s’agit d’applications pour les matériels de type tablettes, smartphones et même petits portables sous Android.
    Concrètement, comment se présentent ces assistants ?
    Sur un point de vue pratique et technique, les assistants vocaux se présentent de deux façons. La version la moins chère se présente comme des petites boîtes munies d’un microphone et de quelque...
    5 min
  • Maison connectée : quelles technologies ?
    Tout a changé pour la maison connectée depuis que les Box des opérateurs se sont installées dans tous les foyers. Les réseaux s’interconnectent, chacun adapté à des usages très appropriés.
    Dans la maison connectée, il y a des technologies différentes de réseaux . Il y a des technologies connues comme le WiFi. Il existe en plusieurs normes qui relie les équipements les plus voraces en débits de données.  Notamment pour la vidéo. Il y a ceux plus dédiés à des connexions de type audio comme le Bluetooth. Enfin, il y en a dédiées aux objets connectés. Elles ne demandent pas beaucoup de transfert d’informations mais requièrent absolument de l’économie d’énergie. On y trouve Zigbee et Zwave.
    Complexe la maison connectée ?
    Pas si complexe qu’on pourrait le penser cette maison connectée… Il faut comprendre que si la commande d’un objet connecté consomme un peu trop quand il s’agit de faire des économies d’énergie de chauffage ou de lumière, il n’est pas intéressant de l’utiliser. Surtout quand on commence à vouloir économiser sur les économies de lumière avec des lampes à Led. Elles qui consomment 10 à 15 fois moins que des lampes à incandescence pour la même quantité de lumière ! Imaginez que pour économiser 1 heure d’allumage d’une lampe à Led il faille consommer la même chose en 10 heures par l’outil de commande ! Toutes les dix heures, sans que vous n’ayez besoin de la lumière, vous aurez consommé autant d’énergie que si elle était allumée pendant une heure ! Du gaspillage programmé !
    Du gaspillage programmé ? Sauf si…
    La technologie Zigbee par exemple utilisée par Philips dans ses lampes Hue et Ikea dans ses lampes Trådfri est capable de travailler pendant plusieurs années avec une simple pile. Avec la même pile, la technologie Bluetooth Basse énergie ne travaillera que quelques jours. Et toujours avec la même pile, la technologie Wifi n’émettra que quelques heures. Ce qu’il faut, c’est que ces technologies puissent travailler ensemble. Ce qui est le cœur du problème, ou plutôt de la solution… Il existe en effet ce que l’on appelle des ponts entre toutes ces technologies. C’est une peu de la même manière qu’un smartphone. Il sait travailler avec le réseau WiFi et le réseau de téléphonie GSM, 3g ou 4G et bientôt la 5G.
    Le sans-fil pour la maison connectée ? Une bonne solution
    Toutes les technologies citées précédemment sont sans fil. Dans un appartement, dans bien des cas, rien de compliqué. Il y a la box qui distribue le WiFi… Et pour un pont vers des technologies Zigbee, il y a un « pont » qui va être connecté à la box. Ceci fera que tout ce qui se commande en Wifi à partir d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un smartphone se transfèrera via le pont Zigbee vers les appareils connectés. Le Zigbee offre une technologie très sophistiquée. Elle est capable de dialoguer en simultané avec plusieurs appareils. Mieux ! Elle peut se servir de certains appareils connectés pour relayer les informations vers des appareils qui ne seraient pas accessibles par les ondes émises par le pont. C’est ce que l’on appelle la technologie Mesh.
    Tous des équipements compatibles ?
    La compatibilité dépend de la technologie utilisée… Si les équipements sont Zigbee, ils vont utiliser les spécifications de la technologie, et ce qui a fait émerger ces technologies sur les 10 dernières années, c’est le fait qu’il y avait un consensus sur l’intérêt de chaque industriel à accepter cette compatibilité. La même idée qui a fait en son temps le succès du PC qui avait tué dans l’œuf des centaines d’autres idées propriétaires. Néanmoins, cette fois, le Zigbee n’a pas été pensé pour être le plu...
    5 min
  • Cyberattaques : réflexes de base pour se protéger
    Face à la recrudescence des cyberattaques auprès des entreprises et des particuliers, Olivier Pavie, consultant et formateur dans les Nouvelles Technologies, le Numérique et le Marketing Digital nous donne quelques conseils sur les premiers réflexes à acquérir afin de ne pas se faire piéger systématiquement.
    Les risques de cyberattaques augmentent d’année en année. Pour les entreprises, le potentiel de risque d’une cyberattaque ne peut plus être négligé. Chacune d’entre elles doit en prendre conscience et imaginer les risques qu’elle prend à ne pas y songer. Elle se fait souvent accompagner pour préparer cela, mais il y a encore bien des négligences. Pourtant, entre l’audit et les formations professionnelles, il y a de quoi être informé, conseillé et formé. Pour un particulier, en revanche, c’est beaucoup plus compliqué…
    Pourquoi est-ce plus compliqué pour les particuliers ?
    Un particulier n’a pas toujours de repères, il se réfère souvent à sa propre expérience ou à celle de personnes de son entourage. Il y a plusieurs types de comportements. La personne qui se méfie de tout et qui essaie de ne prendre aucun risque sans savoir finalement à quoi elle est potentiellement confrontée. Il y a celle qui utilise tout n’importe comment… Il y a aussi la personne qui est en général attentive, pas forcément méfiante mais qui n’imagine pas ce qui peut lui arriver.  Bref, les gens sont souvent démunis et ne savent pas par où prendre le problème.
    Par où faut-il commencer ?
    On va partir du principe qu’il y a un antivirus à jour sur l’ordinateur. Avec Windows 10, l’antivirus est installé gratuitement par défaut. Il s’appelle Defender, il n’est pas obligatoire de s’abonner chez un autre éditeur de logiciel antivirus. Sur Macintosh, contrairement à ce que bien des personnes pensent, il faut un antivirus : il y a un nombre phénoménal de malwares, c’est-à-dire de logiciels malveillants qui s’installent sans le consentement de l’utilisateur : ils vont nuire à l’ordinateur sur lequel ils s’installent. Ces logiciels se greffent très bien sur un Macintosh contrairement à ce que dit la légende urbaine. Après cette règle de base, Il y a trois origines principales de risques : les emails, les logiciels téléchargés depuis Internet et certains sites Internet infectés qui peuvent éventuellement infester votre ordinateur si l’antivirus ne gère pas les malwares correctement. Un logiciel qui détecte très bien les malwares sur PC et Macintosh s’appelle Malwarebytes. Son usage est gratuit pendant un mois, qui peut être reconduit longtemps si l’on ne s’occupe pas des messages du type pensez à mettre à jour vers la version payante.
    Comment repère-t-on un problème avec les emails ?
    Dans certains emails, il y a des virus en pièces jointes qui sont en général détectés par les antivirus : pensez toujours à réfléchir avant d’ouvrir une pièce jointe d’un expéditeur inconnu ou presque et à activer les mises à jour automatiques des antivirus. S’il y a des options pour renforcer la protection contre les rançongiciels, activez-les. Passée cette protection, ce qui est risqué dans les emails, c’est ce que l’on appelle le phishing, ou hameçonnage ou  encore filoutage. Une technique qui consiste à faire croire que l’email provient de votre banque, de la Poste, de votre fournisseur d’accès à internet comme Orange, SFR ou Free, voire de votre hébergeur de site Internet, etc.  C’est ce qu’il y a de plus dangereux car cela vous invite à vérifier votre compte parce que vous êtes en découvert ou alors parce que le dernier prélèvement n’a pas pu être fait. Il vous demande donc de rentrer les caractéristiques d’accès à votre compte, y compris le mot de passe sur un faux site Internet.
    Comment détecte-t-on un faux site Internet ?
    6 min
  • Ecrans 8K, Oled et Micro-led
    Alors que les écrans 4K se démocratisent dans les foyers, Olivier Pavie, consultant et formateur dans les Technologies, le Numérique et le Marketing Digital nous parle cette semaine des écrans de télévision 8K qui commencent à poindre le bout de leurs pixels. Alors pourquoi une telle nouveauté ?
    Pourquoi du 8K ? Comme pour toute innovation, on peut se poser la question, mais ici, il faut voir les choses plus largement, ce qui est le cas de le dire. Certes la résolution 8K signifie 7680 pixels de large par 4320 pixels de haut. La 4K quant à elle signifie 3840 pixels de large pour 2160 pixels de haut. Le 8K est donc 4 fois plus de résolution que le 4K et du coup 16 fois plus que la HD.

    A quoi cela peut-il servir ?
    Pour l’instant la 8K est démonstrative ; il n’y a pas aujourd’hui de contenus disponibles dans cette résolution à part quelques-uns au Japon. Mais notez tout de même que cette résolution 8K signifie des images en 33 millions de pixels. Et là, vous constaterez que l’on trouve des appareils photo capables de prendre des photos jusqu’à une résolution de 50 millions de pixels comme les appareils reflex Canon 5DS et que beaucoup d’appareils photo haut de gamme ont une résolution d’au moins 30 millions de pixels. Les écrans 8K peuvent donc servir des besoins d’affichage très qualitatif, surtout en fonction de la technologie d’affichage utilisée, Oled ou micro-leds.
    Technologie Oled ou micro-leds ?
    Deux technologies de très grande qualité sont d’ores et déjà en concurrence pour l’affichage qui dépasse les classiques technologies LED. L’Oled est le plus connu. Originellement commercialisée par LG, la technologie Oled n’a pas besoin de ce que l’on appelle un rétroéclairage comme pour les écrans LED ou LCD qui utilisent des cristaux liquides. Chaque pixel ou point d’un écran Oled est ce qu’on l’on appelle auto-émissif. Chaque point agit en quelque sorte comme une lampe pouvant afficher toutes les couleurs possibles ou être éteinte. Ceci a pour résultat un noir parfait quand la lampe est éteinte alors qu’avec la technologie de rétroéclairage, il y aura toujours un halo de lumière qui arrivera à passer entre chaque point de couleur allumé ou éteint, ce qui ne permettra pas un contraste infini. L’Oled signifie Organic Light-Emitting Diode ou, en français diode électroluminescente organique. Le terme organique vient du fait que l’on travaille avec des matériaux issus de la chimie organique, c’est-à-dire de la chimie du carbone et de ses composés, naturels ou synthétique que l’on étudie au lycée.
    Quelle différence avec les micro-leds ?

    La technologie micro-leds est basée sur les leds ou diodes électroluminescentes. Les leds, ce sont des composants électroniques que l’on utilise depuis des décennies pour faire des voyants verts, rouges, jaunes dans les véhicules et sur plein d’équipements électroniques. On a tous une télévision qui a un voyant rouge allumé quand la TV est en veille. Bref, on le sait, depuis ces dernières, les usages des leds ont explosé avec l’arrivée des lampes à leds qui ont remplacé les lampes à incandescence, les lampes halogènes et les lampes fluo. Il y a même des lampes à leds qui changent de couleurs comme on le veut. Eh bien, les écrans micro-leds reprennent la même technologie mais pour faire des leds microscopiques de la taille d’une tête d’épingle. Si LG a pour fer de lance l’Oled, c’est Samsung qui a les micro-leds en fer de lance, à tel point qu’au CES de Las Vegas en 2019, Samsung a montré le premier écran 8K fait à partir de micro-leds.
    Y aurait-il une bataille commerciale en préparation entre Samsung et LG ?
    Samsung n’a jamais adopté l’Oled et a toujours poussé le concept du LCD le plus loin p...
    5 min

About Olivier Pavie, Explorateur du Numérique

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