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Je suis tombé l'autre jour sur le blog d'une religieuse de Jérusalem ou de Bethléem (ou peut-être du Sinaï) qui consacrait un article entier à la question de la méthode qu'il convenait d'adopter pour prendre l'hostie. Partisane de l'hostie posée sur la langue du fidèle, elle reconnaissait qu'un concile ou un pape avait accepté que l'hostie soit prise dans la main mais défendait avec une grande vigueur et presque avec colère le principe de la mise en bouche, qui était à ses yeux la seule pratique véritablement orthodoxe et conforme à la vraie doctrine.
Il était terrible et triste de voir combien cette femme, qui a probablement consacré sa vie au Christ, à Dieu et à l'amour, était cependant capable de se perdre et de dépenser une immense énergie à une question aussi insignifiante que celle-ci. Comme si, au regard de ce que signifie l'hostie (signification que je ne saisis d'ailleurs pas) la question de la mettre en bouche ou dans la main était d'une importance quelconque. Comme si le message évangélique pouvait dépendre de cela...
Il y a ainsi des personnes aux pieds desquelles on dépose le monde et qui ne songent qu'à mesurer le nombre de centimètres manquant. Des personnes pour lesquelles on fait des kilomètres et qui vous reprochent d'avoir dérangé leur ordre ménager.
C'est à leurs semblables que s'adressait Thérèse lorsqu'elle mettait en garde ses sœurs et ses filles contre le défaut, courant mais non véniel, consistant à oublier l'esprit pour la lettre, le sens pour le détail, à se perdre dans le suivi scrupuleux de la règle en oubliant que cette règle n'était qu'un point d'appui pour avancer vers quelque chose de beaucoup plus important qu'elle.
Une sorte d'idolâtrie...