https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170531parite.mp3
Une collègue, Sabine, me faisait l'autre jour remarquer que la parité hommes-femmes, prônée par le président de la République et le Premier ministre, était plus apparente dans la composition du gouvernement - et encore... - que dans celle des cabinets ministériels.
Mais qu'est-ce que la parité hommes-femmes ? Comment la conçoit-on et quel objectif lui donne-t-on ?
Il y a, me semble-t-il, au moins deux conceptions possibles : l'une au gré de laquelle la parité est un objectif provisoire, qu'il faut suivre le temps nécessaire au rétablissement d'un équilibre naturel dérangé par les traditions, l'histoire, les moeurs : le vivier dans lequel se recrutent aujourd'hui les ministres et la haute fonction publique est dominé par les hommes ; il faut sortir de cela ; quand on en sera sorti et que les hommes et les femmes se retrouveront sur un pied d'égalité, la contrainte paritaire, qui est une rigidité en soi absurde, n'aura plus lieu d'être. On recrutera indifféremment des hommes ou des femmes, sur leur seule compétence, et sans plus se soucier de leur sexe, ou de leur genre.
J'ai longtemps été d'accord avec cette conception mais c'est plutôt l'autre que je partage aujourd'hui : selon cette seconde approche, hommes et femmes sont différents. Intrinsèquement et radicalement différents. Ils n'ont pas la même appréhension des choses, pas la même façon de gérer les problèmes et d'agir, pas le même regard jeté sur le monde. Faire coexister au sein d'une même équipe des hommes et des femmes enrichit donc la palette et permet de voir et de faire mieux et plus large, plus complet. En ce sens, la parité n'est pas un moyen transitoire qu'on pourrait abandonner une fois son objectif atteint, elle est une fin, elle est l'objectif en soi, et doit être recherchée de façon pérenne.
Tel est l'objet de cette improvisation, enregistrée en ce beau matin de presque été.