Interview de Patrice Wallet de GRACE-Aqui et Yohann Couvant de l'Incubateur H24
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Qu'est-ce qu'Incubateur H24 ?
RLP 102.3, ainsi qu’optimisation d’entreprise aujourd’hui avec Patrice Wallet de GRACE-Aqui, cabinet de consultants pour conseils aux entreprises de Nouvelle-Aquitaine, et Yohann Couvant de H24, l’incubateur H24. Messieurs, merci beaucoup. Est-ce que vous pouvez nous présenter rapidement H24? Qu’est-ce que H24? Qu’est-ce qui se passe exactement ici?
Alors : l’incubateur H24 est une structure d’accompagnement à la création de l’entreprise innovante qui a été lancée il y a maintenant presque quatre ans sur la Dordogne, à Périgueux même, dans le centre-ville, par les grandes entreprises de Dordogne qui se sont réunies et qui ont souhaité lancer une action collective pour fabriquer des start-up, tout simplement, en Dordogne.
D’accord. Donc, vous accueillez des gens qui veulent lancer leur projet et qui ont des projets innovants. J’ai lu sur le site web que l’incubateur H24 accompagne les porteurs de projets innovants de l’idée jusqu’à la première levée de fonds. Je suis porteur d’une idée. Qu’est-ce que je fais? Je viens vous voir, et qu’est-ce qui se passe?
Alors vous venez nous voir, on discute déjà au préalable pour qu’on puisse identifier avec vous si vous avez besoin de nous, et puis pour qu’on identifie si vous avez besoin de nous également, on regarde le projet que vous souhaitez mettre en place, l’idée… Est-ce que c’est une idée avec un potentiel économique? Est-ce que vous avez du temps pour être accompagné? Est-ce qu’il y a un caractère innovant dans le projet? Et à partir de là, on définit si on a envie de travailler l’un avec l’autre. Nous, on vous propose aussi un programme d’accompagnement, donc vous pouvez être en ligne avec ce qu’on vous propose. On a des temps collectifs, des temps individuels et des temps de réseautage. Des temps collectifs qui visent toutes les semaines à avoir un de nos experts qui intervient vis-à-vis de l’ensemble des porteurs de projets pour les accompagner sur les différents stades de création d’un projet innovant. Donc on travaille essentiellement trois piliers, le marketing, ensuite on prototype une application ou un site internet innovant. Donc on a des équipes en développement web qui permettent de travailler un prototype fonctionnel, on l’expérimente et ensuite à partir de là, si les signaux sont ouverts, on développe un modèle économique, un business plan et on va chercher des financements avec le porteur de projet pour qu’il puisse avoir les moyens de se lancer à proprement parler.
D’accord. Alors en fait, j’ai un projet, je viens vous voir, vous allez évaluer mon projet, vous allez regarder ses mobilités économiques, vous allez m’assister au niveau de la communication, du marketing, administratif et qu’est-ce que vous demandez en échange?
Alors effectivement, comme vous le disiez, on vous aide sur tous les plans de la création d’un projet. Alors, ce ne sont pas forcément les mêmes besoins que l’on peut avoir. On identifie avec le porteur de projet ce qui est intéressant : « Est-ce que, de mon idée, on peut en faire un business? ». Donc ça, c’est un élément déjà important et déjà sur cette phase-là, parfois les porteurs de projets sont résignés à se dire finalement j’ai une bonne idée mais pour la traduire en business, c’est un peu compliqué, je ne trouve pas un modèle. Ou je pensais que ça allait marcher parce que moi, j’avais un besoin, j’identifiais un besoin et puis ce n’est pas forcément partagé au travers de mon étude de marché. Donc là, il peut y avoir un peu de perte. Et puis au fil de l’eau, les projets ne vont pas tous au succès parce que pour moitié des porteurs de projet, on a des personnes qui sont encore salariées. C’est-à-dire qu’il faut se libérer du temps pour penser, avoir de l’énergie à se lancer dans un nouveau projet où on ne sait pas encore si ça va être intéressant pour la suite de sa carrière. Donc il n’y a pas que des succès mais en tout cas, on accompagne les porteurs de projets au rythme qui est le leur. Donc c’est vraiment du sur-mesure. Ce qu’on attend en retour, on veut la disponibilité, un petit peu, parce que si vous n’êtes pas disponible, ça va être compliqué pour nous de vous accompagner. Donc l’idée, c’est que vous puissiez suivre un minima avec quelques ateliers collectifs bien entendu, notamment ceux vers qui vous avez un manque.
Est-ce que vous prenez des parts dans la structure? Est-ce que vous facturez des services?
Alors le deal qui est au départ, c’est que pour que vous puissiez rentrer dans l’incubateur, il faut postuler. Si on est d’accord, après, on signe un contrat. Le contrat dit qu’effectivement, il y a une rétribution à avoir. Donc vous payez un loyer chaque mois qui coûte 200 euros par mois. Donc le porteur de projet qui souhaite être accompagné paye 200 euros par mois à l’incubateur H24 auquels se rajoute une contribution de nos partenaires. Donc vous, c’est vraiment le reste à charge. On a deux partenaires que sont le Crédit Agricole, donc la caisse régionale Charente-Périgord paye en plus de vos 200 euros à l’incubateur un loyer complémentaire pour garantir un accompagnement efficace. Et puis on reçoit aussi un soutien financier de la région Nouvelle-Aquitaine au travers de son service Startup qui, par son appui, permet aussi d’accélérer la création de startups en Nouvelle-Aquitaine et prioritairement en Dordogne. Et il ouvre tout son règlement d’intervention puisque la région finance aussi et accompagne la création de startups. Donc on a deux partenaires financiers, mais le reste à charge, c’est seulement 200 euros par mois pour bénéficier de locaux. On a 800 m² en plein cœur de Périgueux qui permet aux porteurs de projets n’importe quand dans la semaine de venir, de profiter des espaces bureaux fermés, bureaux ouverts, de profiter de l’accompagnement et puis de réseautage puisque chaque mois, on a des événements qui permettent de se mettre en connexion avec des chaînes d’entreprise, des chaînes d’établissement, des collectivités locales et donc de gagner du temps pour la suite de son projet.
Les levées de fond, les partenaires
Donc en fait, pour résumer, j’ai un projet innovant. Je viens vous voir. J’ai droit à une évaluation personnalisée. Et si je rentre le dispositif, pour 200 euros par mois, j’ai accès aux bâtiments, aux salles de réunion pour recevoir mes clients, pour avoir une adresse et un accompagnement sur tout le reste. C’est ça?
Exactement.
D’accord. Donc je vois que vous avez encadré 42 startups, créé 19 emplois et 4,6 millions d’euros en levées de fonds. Comment est-ce qu’on fait une levée de fonds?
Expliquez-nous un peu cette chose-là. C’est un truc un peu magique. On entend parler de Business Angel et autres. Comment je fais, par exemple, moi, pour venir ici faire une levée de fonds? Comment ça marche?
Alors les 4,6 millions qu’on a levés depuis 3 ans et demi, ce sont en fonds publics et en fonds privés. À l’intérieur de ça, on a des subventions publiques. Il y a une bonne part de subventions publiques qu’on va aller chercher dans cet esprit de création et d’innovation. Ensuite, on a la dette bancaire. Et puis ensuite, on a des Business Angel. Donc les Business Angel,c’est ce qu’on appelle la levée de fonds. Et la levée de fonds, en fait, nous, on est en train de construire un réseau de dirigeants ou d’anciens patrons ou d’anciens salariés qui ont envie, qui ont des moyens pour mettre des tickets dans des startups locales. On en fait une d’ailleurs la semaine prochaine avec une de nos startups qui s’appelle Runners et qui a un besoin de financement de 500 000 €. Et on accompagne pour qu’elle aille chercher 350 000 € avec des investisseurs locaux de Dordogne, auxquels se rajoutera une aide de la BPI, la Banque Publique d’Investissement, à hauteur de 150 000 €. Donc on accompagne des levées de fonds. Et donc ça se passe comment? Ça veut dire qu’il faut bien travailler déjà son projet parce qu’il faut être convaincant vis-à-vis de gens qui vous confient de l’argent. Donc c’est comme un banquier. Il faut y croire. Et s’ils mettent de l’argent et que ça ne marche pas, ils perdent de l’argent. Donc il faut les convaincre et il faut leur raconter au travers d’un pitch deck. Donc c’est l’histoire de son entreprise et là où on veut aller. Et les rassurer sur le fait qu’il y a bien un marché, que vous aurez potentiellement des clients. Vous avez un produit qui est différentient, un bon positionnement, un caractère innovant. Et comment voyez l’avenir, comment vous allez vendre un service à quelqu’un? Comment ça va fonctionner? Et si vous êtes convaincant, possiblement on a des investisseurs qui sont prêts à mettre des tickets de 10, 20, 50, 100 000 euros dans votre start-up.
La Dordogne pour lancer des Start-Up
Quel est le pourcentage de réussite quand on vient vous voir?
On n’a pas fait ces calculs-là.
Depuis combien de temps H24 existe?
Un peu plus de 3 ans et demi.
Un peu plus de 3 ans. Vous avez donc un regard sur 42 start-ups. Il y en a combien qui fonctionnent?
Même un peu plus maintenant. On va dire qu’une sur deux arrive à aller chercher des financements pour bien se financer et bien exécuter son projet.
Ils ont bien été évalués parce que c’est supérieur au taux de réussite naturel lorsqu’on crée une société. Je crois qu’on est à 20 ou 30 % de passage en 3 ans en France. Là, vous pouvez monter à 50 %. Quel regard vous avez sur l’économie de Dordogne?
Est-ce qu’il y a de la place en Dordogne pour le business agile, pour les start-ups? Parce qu’on n’est pas à Paris, on n’est pas à Montpellier, on n’est pas associé à Sophia Antipolis, on est en milieu rural. Est-ce qu’il y a de la demande et est-ce qu’il y a de l’offre?
Alors cette question, la réponse, c’est oui. Il y a une place en Dordogne. Moi,