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C'était samedi après-midi, dans la rue, avec les enfants.
Quelques gouttes sont tombées, lors d'une de ces si agréables et si bizarres giboulées d'octobre ; et presque immédiatement, l'odeur est montée du sol : une odeur mélangée de terre, d'humus, d'asphalte, de goudron, qui, lorsqu'elle vient de la terre, s'appelle le pétrichor, comme me l'a appris Cloudy.
Nous nous sommes immédiatement souvenus avec les enfants de ce que la dernière fois que nous avions discuté de cette odeur, c'était en descendant les pentes du Ngorongoro sur lesquelles une averse nous avait surpris, faisant jaillir de la chaussée cette odeur puissante. Et nous avions découvert qu'à des milliers de kilomètres de Paris, l'odeur était la même, exactement la même.
L'odorat a cet extraordinaire pouvoir - Marcel Proust, bien avant et bien mieux que moi l'a dit - de nous balader à travers le temps. Mais il nous balade également à travers l'espace, nous rendant familiers les lieux les plus inconnus parce que les mêmes parfums, les mêmes odeurs en surgissent. Il est comme cette coquille que les escargots baladent sur leur dos, et qui fait du monde leur maison.
Cette odeur d'après la pluie, je l'aime. Elle est l'odeur des arcs -en-ciels et celle des renaissances qui suivent les déluges. Elle est l'odeur joyeuse des renouveaux et des printemps de tous les jours. Et quand on la sent, qu'on peut l'aspirer à pleines narines, à pleins poumons, le bonheur de vivre vous saisit.