Improvisations (le podcast)

Pluralité des amours


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Katia me faisait l'autre jour observer qu'il y a, parmi les personnes qui font du mal (des personnes que je considère quant à moi comme profondément perverties par la méchanceté et le mal), des êtres qui ont pourtant aimé très sincèrement leurs proches : femme, parents, enfants.
Et poursuivant en moi-même cette réflexion, allant au-delà des propos qu'elle m'avait tenus, je me disais que l'amour dont ces hommes méchants avaient apparemment fait preuve dans leur intimité,  cet amour si paradoxal au regard du mal dont ils étaient porteurs, avait été pour eux non pas la porte vers un amour plus grand dont ils auraient rempli et illuminé le monde mais une sorte de refuge qui leur avait peut-être au contraire permis de ne pas succomber à la haine qu'ils portaient en eux, haine qui, sinon, les aurait probablement tués - car je ne crois pas qu'on puisse vivre quand on est rempli de haine.
Et cela est tellement contraire à l'idée qui était la mienne, au gré de laquelle l'amour pour ceux qu'on aime est forcément une ouverture, une découverte, une bénédiction, le chemin rempli de fleurs vers un amour plus grand !
Eh bien non. Il peut arriver que ce ne soit pas le cas. Il peut, et c'est attristant, exister une solution de continuité dans l'amour : on peut aimer et ne pas être rempli d'amour. On peut aimer un être et haïr tous les autres ; et peut-être même est-ce parce qu'on aime quelqu'un en particulier qu'on peut être rempli de haine pour d'autres. Pas toujours, évidemment, mais parfois.
Est-ce cela que veut dire Augustin quand il parle de ce vase qu'il faut d'abord avoir vidé pour pouvoir le remplir ?
Tel est l'objet de cette improvisation matinale.
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Improvisations (le podcast)By Aldor