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Le panel des facilitateurs de l’Union africaine a entamé, le lundi 5 octobre, une tournée par Goma puis l’a poursuivi à Kigali et enfin à Kinshasa. Elle intervient dans un contexte paradoxal. Alors que les efforts diplomatiques se multiplient pour obtenir une désescalade entre les acteurs impliqués dans le conflit dont la RDC, le Rwanda et l’AFC/M23, les hostilités continuent sur les territoires de Lubero, Masisi, Kalehe, Rutshuru et sur les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. Pourrait-elle amener les acteurs en conflit à la désescalade ?
Bonjour et bienvenue dans ce 40e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli qui décrypte chaque semaine l’actualité congolaise. Je suis Ildefonse Bwakyanakazi, chercheur à Ebuteli. Cette semaine, nous nous intéressons à la tournée du panel des facilitateurs de l’Union africaine et à ce qu’elle pourrait avoir sur la crise de l’est de la RDC.
Trois des cinq anciens chefs d’Etat composant ce panel, Uhuru Kenyatta, Sahle Work Zewde et Mokgweetsi Masisi, ont dĂ©butĂ© leurs consultations dans la ville de Goma sous contrĂ´le des rebelles de l’AFC/M23. Au cours de cette première Ă©tape, cette dĂ©lĂ©gation a rencontrĂ© les reprĂ©sentants de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco), du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha), du ComitĂ© international de la Croix-Rouge (CICR), du MĂ©canisme conjoint de vĂ©rification Ă©largi plus (MCVE+) ainsi que la coordination de la rĂ©bellion de l’AFC/M23. Ă€ la deuxième Ă©tape, les facilitateurs de l’UA ont rencontrĂ© le prĂ©sident Paul Kagame Ă Kigali, au Rwanda.Â
Lors de la réunion de haut niveau tenue à Gaborone au Botswana en juillet dernier, l’UA avait émis le vœu d’arrimer les initiatives africaines de médiation aux processus internationaux de Washington et de Doha. Ce dernier n’a toujours pas abouti à un accord final mais plutôt à la signature de deux de huit protocoles dont celui sur le cessez-le-feu. A défaut de pouvoir faciliter la mise en œuvre d’un accord final, cette tournée vise à restaurer la confiance entre les parties protagonistes en identifiant les obstacles à la mise en œuvre des engagements pris par les uns et les autres. Elle vise également à inciter au respect du cessez-le-feu et à consolider les mécanismes de vérification, tout en évitant que les hostilités sur le terrain ne fassent dérailler les négociations en cours. Les questions humanitaires et la protection de civils étaient également sur l’agenda des facilitateurs.
Par ailleurs, le facilitateur Uhuru Kenyatta envisagerait d'engager des consultations avec certains groupes armés actifs dans l’est de la RDC, vraisemblablement sans l’AFC/M23, puisque déjà au cœur de Doha. Cette démarche s’inscrirait dans la continuité du processus de Nairobi, qui avait également cherché à favoriser le dialogue entre le gouvernement congolais et les groupes armés. Toutefois, l’exclusion éventuelle du M23, le manque de clarté sur l’identité des participants, les modalités du dialogue et les engagements attendus soulèvent des interrogations quant à la portée de cette initiative. L’une des limites du processus de Nairobi résidait précisément dans la difficulté à articuler les différentes dynamiques armées et les enjeux régionaux. Dès lors, la capacité de cette nouvelle démarche à contribuer à une désescalade durable dépendra notamment de son inclusivité, de sa complémentarité avec Doha et de la mise en œuvre effective des engagements qui en découleront.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ce lundi 28 septembre, au centre culturel de Kinshasa, le coup d’envoi de la cartographie du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2), a été donné. Le dernier recensement remonte à 1984. Depuis, la population, les villes, et l’organisation administrative du territoire ont profondément changé. Le besoin de disposer de données actualisées ne fait donc guère de doute. Mais au-delà du recensement, à quoi ces données serviront-elles concrètement et comment éviter qu’elles deviennent rapidement obsolètes ?
Bonjour, je suis Joël Kiniati, data analyst à Ebuteli. Vous écoutez le 39e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 2 octobre 2026.
La cartographie lancée au début de cette semaine constitue une étape majeure. Le Bureau central du recensement (BCR) explique que les équipes doivent notamment identifier et géolocaliser les bâtiments, répertorier les ménages et délimiter les zones de dénombrement. Autrement dit, avant de compter la population, il faut savoir précisément où elle se trouve.
Pour rĂ©ussir cette vaste opĂ©ration, le pays avait estimĂ© ses besoins Ă 192 millions de dollars amĂ©ricains. Mais lors de la table ronde des partenaires organisĂ©e en mars 2026, plus de 200 millions de dollars ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s. La mobilisation de ces ressources constitue une Ă©tape importante. Mais le dĂ©fi sera aussi de faire en sorte que cet investissement renforce durablement le système statistique national. Il peut notamment contribuer à moderniser les infrastructures de collecte et de gestion des donnĂ©es, et Ă doter le pays d’outils capables d’actualiser rĂ©gulièrement les donnĂ©es dĂ©mographiques.Â
C’est ici que l’expérience du passé devrait nous conduire à réfléchir. En 1984, en raison notamment de contraintes techniques et matérielles liées à l’exploitation d’un volume considérable de données, les questionnaires individuels n’ont pas été exploités dans leur totalité. L’analyse détaillée des caractéristiques individuelles s’est appuyée sur un échantillon représentant seulement 10 % des données collectées.
Autrement dit, seule une petite partie des informations collectées a pu faire l’objet d’une exploitation détaillée. Ce n’est donc pas simplement une question d’archives. C’est aussi une question de continuité : faire en sorte que les données produites aujourd’hui restent accessibles, compréhensibles et utilisables dans les années à venir. C’est précisément l’un des enjeux auxquels le deuxième recensement général de la population et de l’habitat devra répondre.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le 15 septembre, la Première ministre Judith Suminwa a dĂ©posĂ© le projet de budget 2027 Ă l’AssemblĂ©e nationale, estimĂ© Ă près de 25 milliards de dollars amĂ©ricains. La cheffe du gouvernement soutient qu’il s’agit d’un budget d’action et de souverainetĂ©, destinĂ© Ă rĂ©pondre Ă plusieurs dĂ©fis : le retour de la paix dans l’est du pays, l’amĂ©lioration du pouvoir d’achat de la population, la promotion de la production locale, les investissements publics stratĂ©giques, etc. Comme Ă chaque session budgĂ©taire, de bonnes intentions sont affirmĂ©es, mais dans la pratique, les rĂ©sultats sont contrastĂ©s. La croissance budgĂ©taire s’accompagne de l’augmentation du train de vie des institutions et des Ă©lites politiques, peu soucieuses du sort du peuple. Les allocations budgĂ©taires pour la lutte contre la pauvretĂ© demeurent faibles. En consĂ©quence, on continue d’assister Ă l’accentuation des inĂ©galitĂ©s socio-Ă©conomiques.Â
Bonjour et bienvenue dans ce 38e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli . Ce podcast analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 25 septembre 2026. Je suis Jolino Malukisa, directeur du pilier gouvernance d’Ebuteli.
Au cours de ces dernières décennies, la République démocratique du Congo a fourni beaucoup d'efforts en termes de mobilisations des recettes publiques. De 2007 à 2025, le budget de l’État est passé de 2 à 17 milliards de dollars américains. Aujourd’hui, le parlement est appelé à examiner un budget de 25 milliards de dollars américains. À qui profite cette croissance budgétaire ? Les indicateurs socio-économiques du pays démontrent que le budget de l’État congolais n’est pas utilisé comme un instrument de lutte contre la pauvreté et de réduction des inégalités socio-économiques qui frappent surtout les enseignants, les médecins, les militaires, les policiers et les autres fonctionnaires. Au-delà du train de vie spectaculaire des institutions et des élites politiques, il existe une tension entre les administrations “bouches pleines” ou riches et les administrations “bouches fermées” ou pauvres.
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Le 15 septembre, la manifestation à l’appel de la Coalition 64 s’est une nouvelle fois terminée dans la violence. Les partisans de cette plateforme qui s’oppose au changement de la Constitution voulu par le président de la République ont été attaqués par des jeunes partisans du pouvoir. Plusieurs personnes ont été blessées, tandis qu’un manifestant est mort dans la soirée. Les soutiens du président se sont félicités du niveau modeste de la mobilisation. Mais la répression et la violence qui ont émaillé cette journée doivent nuancer ce triomphalisme.
Bonjour et bienvenue dans ce 37e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio qui décrypte l’actualité de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, directeur du pilier violence à l’institut Ebuteli, et cette semaine, nous nous intéressons à la manifestation de la C64, et à ce qu’elle dit du rapport de force politique actuel.
Il faut d’abord rappeler que l’opposition congolaise, qui soupçonne le prĂ©sident de la RĂ©publique de vouloir changer la Constitution pour rester au pouvoir en dĂ©pit de la limite du nombre de mandats, fait face Ă des dĂ©fis importants. Elle est dĂ©sunie, notamment entre la C64 et Sauvons la RDC, la plateforme de l’ancien prĂ©sident Joseph Kabila, en exil.Â
Et dd’après notre dernier sondage, le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi demeure populaire, notamment dans la capitale, Kinshasa.Â
La guerre qui continue de faire rage dans l’est du pays fait passer au second plan les critiques adressées à la gestion de son gouvernement. Le camp présidentiel, qui se veut à la pointe du nationalisme, utilise largement cette situation pour décrire ses détracteurs comme des traîtres à la patrie. En annonçant un dialogue national le 27 août, le président s’est également posé en rassembleur même si les modalités de ce processus posent largement question.
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Le 7 septembre, le député Augustin Kabuya a demandé au président de l’Assemblée nationale d’aménager l’heure de la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire prévue le 15 septembre. Se fondant sur l’annonce d’une manifestation de l’opposition prévue le même jour, il invoque des considérations d’ordre sécuritaire susceptibles de compromettre le déroulement pacifique de cette cérémonie.
La tension politique, déjà perceptible, pourrait-elle perturber la prochaine session parlementaire et déplacer ses priorités ?
Bienvenue dans ce 36e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, le podcast d’Ebuteli qui analyse, chaque vendredi, un sujet d’actualité congolaise. Cette semaine, nous nous intéressons à la rentrée parlementaire. Je suis Ithiel Batumike, chercheur à Ebuteli.
La demande d’Augustin Kabuya peut, d’abord, être interprétée comme la reconnaissance d’un risque de confrontation autour du Palais du peuple. Elle ne prouve pas, à elle seule, que l’opposition a retrouvé toute sa capacité de mobilisation. Mais elle montre que la majorité prend suffisamment au sérieux la manifestation annoncée pour envisager de modifier l’organisation de la rentrée parlementaire.
Ensuite, et c’est le cĹ“ur de cette analyse, ce report sollicitĂ© tĂ©moigne du climat de mĂ©fiance et de tension qui continue de caractĂ©riser la sociĂ©tĂ© autour de sujets clivants, tels que l’inclusivitĂ© du dialogue annoncĂ© par le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi ou les vellĂ©itĂ©s de changement de la Constitution.Â
Constitutionnellement, la session de septembre est essentiellement budgétaire. Le gouvernement doit déposer le projet de loi de finances au plus tard le 15 septembre, tandis que l’Assemblée nationale dispose de quarante jours pour l’examiner et l’adopter. Mais ces délais sont régulièrement dépassés. L’enjeu sera donc, d’abord, de savoir si le Parlement parviendra cette fois à adopter le budget dans les délais prescrits.
L’autre enjeu budgétaire réside dans la répartition des crédits entre les institutions ou les missions de l’État. Cette répartition pourrait opposer les acteurs quant aux priorités du pays. Le niveau des crédits accordés à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) sera notamment observé. Alors que l’insécurité fait déjà peser des incertitudes sur les élections de 2028, leur insuffisance pourrait nourrir davantage les soupçons de glissement du calendrier électoral. Le budget permettra donc de mesurer si les engagements en faveur du respect de ce calendrier sont accompagnés des moyens nécessaires.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le 27 aoĂ»t, le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi a annoncĂ© le « dialogue national pour la paix, la cohĂ©sion et la refondation de l’État ». Celui-ci se tiendra sur le sol congolais pendant une pĂ©riode de trois mois. Il en a dĂ©voilĂ© le format qui commence par les consultations provinciales dans les 26 provinces du pays dont la synthèse nationale servira de base aux assises de Kinshasa. Il exclut les personnes ayant pris des armes et annonce une ordonnance de convocation du dialogue, la mise en place de la commission prĂ©paratoire et autres organes (bureau et assemblĂ©e plĂ©nière), et les mĂ©canismes de suivi de la mise en Ĺ“uvre.Â
Avant mĂŞme de parler de l’inclusivitĂ© et du contenu qui divisent dĂ©jĂ les parties prenantes Ă la crise, une question prĂ©liminaire se pose : comment assurer la neutralitĂ© du processus alors mĂŞme que le dialogue est annoncĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique et son architecture est largement dĂ©finie par lui?Â
Bienvenue dans ce 35e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse les sujets d’actualité congolaise. Cette semaine, nous nous intéressons à l’allocution du chef de l’État annonçant le dialogue national. Je suis Reagan Miviri, chercheur principal à Ebuteli. Nous sommes le vendredi 4 septembre 2026.
Le « dialogue national » annoncĂ© par le prĂ©sident est clairement prĂ©sentĂ© comme relevant de la souverainetĂ© institutionnelle de l’État. Alors que les confessions religieuses Ă©taient pressenties pour piloter le dialogue et avaient mĂŞme eu des sĂ©ances de travail prĂ©paratoires avec le cabinet du chef de l’État à cette fin, elles ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©es du rĂ´le de mĂ©diateurs. Le prĂ©sident a choisi de garder la conduite du dialogue dans son giron et de limiter les confessions religieuses Ă une position de participant Ă la commission prĂ©paratoire. Écarter la mĂ©diation des confessions religieuses sans proposer une alternative indĂ©pendante est problĂ©matique Ă plusieurs Ă©gards, mais notre analyse se limite Ă la notion de neutralitĂ© de la mĂ©diation ou de la facilitation, indispensable avant, pendant et après le dialogue.Â
Le dialogue, c’est comme un match, Ă la seule diffĂ©rence que le but n’est pas la victoire d’une Ă©quipe mais un compromis permettant la fin du conflit. Comme sur le terrain de foot, il faut au prĂ©alable des règles du jeu et un arbitre ou une tierce partie neutre. La crĂ©dibilitĂ© du match comme du dialogue repose donc sur plusieurs critères dont l’autonomie, l’indĂ©pendance et la neutralitĂ© de cette tierce partie qui peut assurer la facilitation ou la mĂ©diation selon les processus. Avant tout dĂ©bat de fond, il faut ainsi fixer des règles du jeu acceptĂ©es par les principales parties et une entitĂ© qui en assure le respect.Â
C’est Ă cette tierce partie qu’il revient de rechercher l’adhĂ©sion des protagonistes Ă sa facilitation, puis de sĂ©curiser un accord-cadre sur le processus mĂŞme, notamment sur qui pilote rĂ©ellement au-delĂ de la convocation, oĂą se tient le dialogue, qui participe et quelles mesures de confiance prĂ©cèdent les assises.Â
La confiance entre les parties peut en effet se construire avec le temps mais la confiance dans le processus est primordiale et est souvent liĂ©e Ă la tierce partie neutre. Vous n’avez pas besoin de faire confiance Ă la partie adverse pour commencer le dialogue. Cependant, il faut un minimum de confiance dans l’arbitre et dans les règles du jeu qui assurent la crĂ©dibilitĂ© du processus.Â
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le jeudi 20 août, le directoire exécutif national d’Ensemble pour la République suspend Hervé Diakese de ses fonctions de porte-parole et renvoie son dossier devant le comité des sages. Grâce Omari est définitivement exclu. Trois semaines plus tôt, Moïse Katumbi, président de ce parti d’opposition, avait personnellement obtenu une réconciliation entre Olivier Kamitatu et Salomon Kalonda, deux de ses lieutenants.
En moins d’un mois, Ensemble est ainsi passé de l’arbitrage du chef aux sanctions du directoire. En filigrane, cette crise offre un aperçu du fonctionnement du système politique congolais : les structures existent, mais la personne du dirigeant reste souvent indispensable pour les faire fonctionner et même pour faire vivre le parti.
Bonjour,
Je m’appelle Trésor Kibangula. Je coordonne les recherches sur la politique à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous écoutez le 34e épisode de Po Na Biso, le podcast d’Ebuteli qui décrypte, chaque semaine, une question d’actualité en République démocratique du Congo.
Nous sommes le vendredi 28 août 2026.
La crise d’Ensemble a été présentée comme une opposition entre les partisans du dialogue avec le pouvoir et ceux d’un rapport de force plus dur. Cette lecture donne peut-être trop de contenu politique à une rivalité entre dirigeants.
Dans beaucoup de partis congolais, les affrontements portent rarement sur des idéologies ou des programmes clairement distincts. Ils expriment davantage des ambitions, des intérêts et des batailles de positionnement. La ligne vient du sommet. Lorsque le chef change de stratégie, ses lieutenants s’adaptent.
Tenez : lorsque Félix Tshisekedi tenait un discours dur envers les responsables catholiques, plusieurs membres de sa majorité multipliaient les attaques contre le clergé. Puis le chef de l’État a « levé l’option » du dialogue après sa rencontre notamment avec le cardinal Fridolin Ambongo. L’Union sacrée de la nation a aussitôt rectifié le tir et le vocabulaire. Ainsi va la vie politique congolaise.
Les partis ont évidemment besoin de dirigeants. Le leadership de Moïse Katumbi est reconnu par ses cadres, comme celui de Jean-Pierre Bemba au MLC ou de Vital Kamerhe à l’UNC. Cette autorité devient problématique lorsque le parti ne peut plus définir sa ligne, régler ses conflits ou préparer son avenir sans l’intervention du chef.
Même les successions portent la marque de cette personnalisation. Après la mort d’Étienne Tshisekedi, son fils Félix est élu à la tête de l’UDPS en 2018. Son élection passe par un congrès, mais le nom et le capital politique hérités de son père facilitent cette transmission. Son arrivée au pouvoir l’année suivante a probablement aussi contribué à contenir les divisions du parti.
Ce fonctionnement déborde les partis et gagne les institutions. En mars dernier, Modeste Bahati, alors deuxième vice-président du Sénat, affirme que le pays souffre davantage de la mauvaise application des textes que de sa Constitution. Ses propos sont interprétés comme une prise de distance avec la réforme constitutionnelle défendue par Félix Tshisekedi.
Une pĂ©tition est lancĂ©e contre lui. Une partie des cadres de son regroupement le dĂ©savoue et rĂ©affirme son soutien au chef de l’État. Bahati clarifie sa position, prĂ©sente ses excuses et proclame sa loyautĂ©. Il finit pourtant par dĂ©missionner. Le dĂ©bat constitutionnel s’est transformĂ© en Ă©preuve de fidĂ©litĂ©.Â
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Depuis quelques jours, l’Eurobond émis par la RDC suscite beaucoup de débats. Certains se demandent s’il fallait emprunter autant d’argent, alors qu’une partie importante des fonds ne sera pas utilisée immédiatement, mais génère déjà des intérêts. D’autres estiment au contraire que la RDC a bien fait de sécuriser ce financement à un moment favorable. Peu importe où on se situe dans ce débat, il pose une question importante sur l’utilisation des ressources que le pays mobilise.
Bonjour, je suis Jacques Mukena, chercheur principal au pilier gouvernance Ă Ebuteli. Vous Ă©coutez le 33e Ă©pisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse chaque semaine un sujet de l’actualitĂ© congolaise. Nous sommes le vendredi 21 aoĂ»t 2026.Â
En avril, la RDC a levé pour la première fois 1,25 milliard de dollars américains sur les marchés financiers internationaux à travers un Eurobond. La RDC n’est pas le seul pays à utiliser ce type de financement en Afrique. Cette année, le Kenya a par exemple mobilisé 2,25 milliards de dollars, la Côte d’Ivoire 1,3 milliard et le Cameroun 750 millions.
La RDC arrive cependant sur ces marchés avec un niveau d’endettement encore relativement faible. Le Fonds monétaire international (FMI) estime sa dette à environ 20 % du PIB en 2026, un niveau nettement inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. C’est d’ailleurs l’un des arguments avancés par les autorités congolaises pour expliquer que le pays dispose encore d’une marge pour emprunter.
L’Eurobond s’ajoute à plusieurs autres sources de financement, qui ne fonctionnent pas toutes de la même manière.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Depuis l’annonce d’un dialogue national inclusif, l’opposition n’a cessĂ© de multiplier les sorties mĂ©diatiques pour poser ses prĂ©alables. Elle rĂ©clame notamment la dĂ©crispation du climat politique : libĂ©ration des prisonniers politiques, restitution des passeports confisquĂ©s et abandon du projet de changement de Constitution.Â
Aujourd’hui, quelques gestes ont été posés. Mais à la veille de l’échéance du 15 août fixée par la Coalition Article 64 (C64), le cadre du dialogue reste inconnu. Ces signaux traduisent-ils une véritable ouverture ou servent-ils surtout à gagner du temps et à conserver la maîtrise du processus ?
Bonjour,Â
Je suis Michel Nonga, fellow au pilier politique à Ebuteli. Vous écoutez le 32e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 14 août 2026.
Ces derniers jours, une sĂ©rie de signaux a donnĂ© l’impression d’une ouverture du pouvoir vers la convocation d’un dialogue national inclusif. L’opposant Olivier Kamitatu a rĂ©cupĂ©rĂ© son passeport. Les dossiers judiciaires d’Emmanuel Ramazani Shadary et d’Aubin Minaku ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s Ă l’auditorat militaire gĂ©nĂ©ral. Selon les informations rapportĂ©es par Jeune Afrique, des Ă©vĂŞques et plusieurs personnalitĂ©s ont Ă©galement participĂ© Ă une rĂ©union au Palais de la nation autour du prĂ©sident de la RĂ©publique. Enfin, FĂ©lix Tshisekedi a renvoyĂ© Ă l’AssemblĂ©e nationale, pour une nouvelle dĂ©libĂ©ration, la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du rĂ©fĂ©rendum, qu’il pouvait pourtant promulguer.Â
Que nous apprennent alors ces premiers signaux ?Â
Trois leçons peuvent se dégager.
Premièrement, le moment choisi donne Ă ces mesures une portĂ©e politique. Â
Toutes ces séquences interviennent en effet moins d’un mois après l’annonce, le 17 juillet, de l’organisation d’un dialogue national inclusif. Trois jours plus tard, la C64 avait reporté sa marche prévue le 22 juillet pour « donner une chance » à ce dialogue. Elle avait toutefois fixé au pouvoir une échéance : le processus devait être officiellement convoqué au plus tard le 15 août et précédé de mesures de confiance et de décrispation. La C64 demandait également l’abandon du projet de changement de Constitution.
Rien ne permet d’établir que ces gestes posés depuis répondent directement à l’ultimatum de la C64. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a d’ailleurs affirmé que l’agenda du président de la République ne répondait à « aucune forme d’ultimatum ». Mais leur proximité avec l’échéance fixée par l’opposition permet de les interpréter comme une réponse au moins partielle aux demandes de décrispation.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dans une série de vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, le porte-parole de la Convention révolutionnaire pour la paix (CRP) en Ituri, habillé en treillis, flanqué de trois combattants lourdement armés, a fait une déclaration sur le retour des populations forcées au déplacement depuis 2017. Il attribue l’instabilité en l’Ituri à l’incompétence des services de sécurité, mais surtout à la mégestion et au népotisme de Kinshasa.
La CRP, créée à Kampala en mars 2025 par Thomas Lubanga , condamné par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, serait pourtant en pourparlers avec le gouvernement congolais en Ouganda sous la facilitation du président Yoweri Kaguta Museveni.
Bienvenue dans ce 31e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse les sujets d’actualité congolaise. Cette semaine, nous nous intéressons aux pourparlers engagés avec la CRP. Négocier avec un groupe armé peut permettre de réduire les violences. Mais à quelles conditions cette recherche de la paix ne devient-elle pas une récompense accordée à ceux qui ont pris les armes
Bonjour ! Je m’appelle Henry-Pacifique Mayala. Je suis le coordonnateur du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), un projet d’Ebuteli. Nous sommes le vendredi 7 août 2026.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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