🎙Po Na Biso

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By Ebuteli et le Groupe d'étude sur le CongoNewsNews Commentary
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🎙Po Na Biso episodes

  • La tournĂ©e des facilitateurs de l’Union africaine peut-elle amener Ă  la dĂ©sescalade dans l’est de la RDC ?

    Le panel des facilitateurs de l’Union africaine a entamé, le lundi 5 octobre, une tournée par Goma puis l’a poursuivi à Kigali et enfin à Kinshasa. Elle intervient dans un contexte paradoxal. Alors que les efforts diplomatiques se multiplient pour obtenir une désescalade entre les acteurs impliqués dans le conflit dont la RDC, le Rwanda et l’AFC/M23, les hostilités continuent  sur les territoires de Lubero, Masisi, Kalehe, Rutshuru et sur les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. Pourrait-elle amener les acteurs en conflit à la désescalade ?

    Bonjour et bienvenue dans ce 40e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli qui décrypte chaque semaine l’actualité congolaise. Je suis Ildefonse Bwakyanakazi, chercheur à Ebuteli. Cette semaine, nous nous intéressons à la tournée du panel des facilitateurs de l’Union africaine et à ce qu’elle pourrait avoir sur la crise de l’est de la RDC.

    Trois des cinq anciens chefs d’Etat composant ce panel, Uhuru Kenyatta, Sahle Work Zewde et Mokgweetsi Masisi, ont débuté leurs consultations dans la ville de Goma sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23. Au cours de cette première étape, cette délégation a rencontré les représentants de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco), du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha), du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+) ainsi que la coordination de la rébellion de l’AFC/M23. À la deuxième étape, les facilitateurs de l’UA ont rencontré le président Paul Kagame à Kigali, au Rwanda. 

    Lors de la réunion de haut niveau tenue à Gaborone au Botswana en juillet dernier, l’UA avait émis le vœu d’arrimer les initiatives africaines de médiation aux processus internationaux de Washington et de Doha. Ce dernier n’a toujours pas abouti à un accord final mais plutôt à la signature de deux de huit protocoles dont celui sur le cessez-le-feu. A défaut de pouvoir faciliter la mise en œuvre d’un  accord final, cette tournée vise à restaurer la confiance entre les parties protagonistes en identifiant les obstacles à la mise en œuvre des engagements pris par les uns et les autres. Elle vise également à inciter au respect du cessez-le-feu et à consolider les mécanismes de vérification, tout en évitant que les hostilités sur le terrain ne fassent dérailler les négociations en cours. Les questions humanitaires et la protection de civils étaient également sur l’agenda des facilitateurs.


    Par ailleurs, le facilitateur Uhuru Kenyatta envisagerait d'engager des consultations avec  certains groupes armés actifs dans l’est de la RDC, vraisemblablement sans l’AFC/M23, puisque déjà au cœur de Doha. Cette démarche s’inscrirait dans la continuité du processus de Nairobi, qui avait également cherché à favoriser le dialogue entre le gouvernement congolais et les groupes armés. Toutefois, l’exclusion éventuelle du M23, le manque de clarté sur l’identité des participants, les modalités du dialogue et les engagements attendus soulèvent des interrogations quant à la portée de cette initiative. L’une des limites du processus de Nairobi résidait précisément dans la difficulté à articuler les différentes dynamiques armées et les enjeux régionaux. Dès lors, la capacité de cette nouvelle démarche à contribuer à une désescalade durable dépendra notamment de son inclusivité, de sa complémentarité avec Doha et de la mise en œuvre effective des engagements qui en découleront.


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    5 min
  • Le recensement en RDC : les leçons d’hier pour les dĂ©cisions de demain

    Ce lundi 28 septembre, au centre culturel de Kinshasa, le coup d’envoi de la cartographie du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2), a été donné. Le dernier recensement remonte à 1984. Depuis, la population, les villes, et l’organisation administrative du territoire ont profondément changé. Le besoin de disposer de données actualisées ne fait donc guère de doute. Mais au-delà du recensement,  à quoi ces données serviront-elles concrètement et comment éviter qu’elles deviennent rapidement obsolètes ?


    Bonjour, je suis Joël Kiniati, data analyst à Ebuteli. Vous écoutez le 39e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 2 octobre 2026.

    La cartographie lancée au début de cette semaine constitue une étape majeure. Le Bureau central du recensement (BCR) explique que les équipes doivent notamment identifier et géolocaliser les bâtiments, répertorier les ménages et délimiter les zones de dénombrement. Autrement dit, avant de compter la population, il faut savoir précisément où elle se trouve.


    Pour réussir cette vaste opération, le pays avait estimé ses besoins à 192 millions de dollars américains. Mais lors de la table ronde des partenaires organisée en mars 2026, plus de 200 millions de dollars ont été mobilisés. La mobilisation de ces ressources constitue une étape importante. Mais le défi sera aussi de faire en sorte que cet investissement  renforce durablement le système statistique national. Il peut notamment contribuer  à moderniser les infrastructures de collecte et de gestion des données, et à doter le pays d’outils capables d’actualiser régulièrement les données démographiques. 

    C’est ici que l’expérience du passé devrait nous conduire à réfléchir. En 1984, en raison notamment de contraintes techniques et matérielles liées à l’exploitation d’un volume considérable de données, les questionnaires individuels n’ont pas été exploités dans leur totalité. L’analyse détaillée des caractéristiques individuelles s’est appuyée sur un échantillon représentant seulement 10 % des données collectées.


    Autrement dit, seule une petite partie des informations collectées a pu faire l’objet d’une exploitation détaillée. Ce n’est donc pas simplement une question d’archives. C’est aussi une question de continuité : faire en sorte que les données produites aujourd’hui restent accessibles, compréhensibles et utilisables dans les années à venir. C’est précisément l’un des enjeux auxquels le deuxième recensement général de la population et de l’habitat devra répondre.


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    6 min
  • Le projet de budget 2027 du gouvernement Suminwa : « Le peuple d’abord » va-t-il occuper une place de choix ?

    Le 15 septembre, la Première ministre Judith Suminwa a déposé le projet de budget 2027 à l’Assemblée nationale, estimé à près de 25 milliards de dollars américains. La cheffe du gouvernement soutient qu’il s’agit d’un budget d’action et de souveraineté, destiné à répondre à plusieurs défis : le retour de la paix dans l’est du pays, l’amélioration du pouvoir d’achat de la population, la promotion de la production locale, les investissements publics stratégiques, etc.  Comme à chaque session budgétaire, de bonnes intentions sont affirmées, mais dans la pratique, les résultats sont contrastés. La croissance budgétaire s’accompagne de l’augmentation du train de vie des institutions et des élites politiques, peu soucieuses du sort du peuple. Les allocations budgétaires pour la lutte contre la pauvreté demeurent faibles. En conséquence, on continue d’assister à l’accentuation des inégalités socio-économiques. 


    Bonjour et bienvenue dans ce 38e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, capsule audio d’Ebuteli . Ce podcast analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 25 septembre 2026. Je suis Jolino Malukisa, directeur du pilier gouvernance d’Ebuteli.


    Au cours de ces dernières décennies, la République démocratique du Congo a fourni beaucoup d'efforts en termes de mobilisations des recettes publiques. De 2007 à 2025, le budget de l’État est passé de 2 à 17 milliards de dollars américains. Aujourd’hui, le parlement est appelé à examiner un budget de 25 milliards de dollars américains. À qui profite cette croissance budgétaire ? Les indicateurs socio-économiques du pays démontrent que le budget de l’État congolais n’est pas utilisé comme un instrument de lutte contre la pauvreté et de réduction des inégalités socio-économiques qui frappent surtout les enseignants, les médecins, les militaires, les policiers et les autres fonctionnaires. Au-delà du train de vie spectaculaire des institutions et des élites politiques, il existe une tension entre les administrations “bouches pleines” ou riches et les administrations “bouches fermées” ou pauvres.


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    4 min
  • Manifestation de la C64 : la violence et la rĂ©pression, position de force ou aveu de faiblesse ?

    Le 15 septembre, la manifestation à l’appel de la Coalition 64 s’est une nouvelle fois terminée dans la violence. Les partisans de cette plateforme qui s’oppose au changement de la Constitution voulu par le président de la République ont été attaqués par des jeunes partisans du pouvoir. Plusieurs personnes ont été blessées, tandis qu’un manifestant est mort dans la soirée. Les soutiens du président se sont félicités du niveau modeste de la mobilisation. Mais la répression et la violence qui ont émaillé cette journée doivent nuancer ce triomphalisme.


    Bonjour et bienvenue dans ce 37e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio qui décrypte l’actualité de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, directeur du pilier violence à l’institut Ebuteli, et cette semaine, nous nous intéressons à la manifestation de la C64, et à ce qu’elle dit du rapport de force politique actuel.


    Il faut d’abord rappeler que l’opposition congolaise, qui soupçonne le président de la République de vouloir changer la Constitution pour rester au pouvoir en dépit de la limite du nombre de mandats, fait face à des défis importants. Elle est désunie, notamment entre la C64 et Sauvons la RDC, la plateforme de l’ancien président Joseph Kabila, en exil. 

    Et dd’après notre dernier sondage, le président Félix Tshisekedi demeure populaire, notamment dans la capitale, Kinshasa. 

    La guerre qui continue de faire rage dans l’est du pays fait passer au second plan les critiques adressées à la gestion de son gouvernement. Le camp présidentiel, qui se veut à la pointe du nationalisme, utilise largement cette situation pour décrire ses détracteurs comme des traîtres à la patrie. En annonçant un dialogue national le 27 août, le président s’est également posé en rassembleur même si les modalités de ce processus posent largement question.


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    4 min
  • RDC : quels enjeux pour la session parlementaire de septembre 2026 ?

    Le 7 septembre, le député Augustin Kabuya a demandé au président de l’Assemblée nationale d’aménager l’heure de la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire prévue le 15 septembre. Se fondant sur l’annonce d’une manifestation de l’opposition prévue le même jour, il invoque des considérations d’ordre sécuritaire susceptibles de compromettre le déroulement pacifique de cette cérémonie.


    La tension politique, déjà perceptible, pourrait-elle perturber la prochaine session parlementaire et déplacer ses priorités ?

    Bienvenue dans ce 36e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, le podcast d’Ebuteli qui analyse, chaque vendredi, un sujet d’actualité congolaise. Cette semaine, nous nous intéressons à la rentrée parlementaire. Je suis Ithiel Batumike, chercheur à Ebuteli.


    La demande d’Augustin Kabuya peut, d’abord, être interprétée comme la reconnaissance d’un risque de confrontation autour du Palais du peuple. Elle ne prouve pas, à elle seule, que l’opposition a retrouvé toute sa capacité de mobilisation. Mais elle montre que la majorité prend suffisamment au sérieux la manifestation annoncée pour envisager de modifier l’organisation de la rentrée parlementaire.


    Ensuite, et c’est le cœur de cette analyse, ce report sollicité témoigne du climat de méfiance et de tension qui continue de caractériser la société autour de sujets clivants, tels que l’inclusivité du dialogue annoncé par le président Félix Tshisekedi ou les velléités de changement de la Constitution. 


    Constitutionnellement, la session de septembre est essentiellement budgétaire. Le gouvernement doit déposer le projet de loi de finances au plus tard le 15 septembre, tandis que l’Assemblée nationale dispose de quarante jours pour l’examiner et l’adopter. Mais ces délais sont régulièrement dépassés. L’enjeu sera donc, d’abord, de savoir si le Parlement parviendra cette fois à adopter le budget dans les délais prescrits.


    L’autre enjeu budgétaire réside dans la répartition des crédits entre les institutions ou les missions de l’État. Cette répartition pourrait opposer les acteurs quant aux priorités du pays. Le niveau des crédits accordés à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) sera notamment observé. Alors que l’insécurité fait déjà peser des incertitudes sur les élections de 2028, leur insuffisance pourrait nourrir davantage les soupçons de glissement du calendrier électoral. Le budget permettra donc de mesurer si les engagements en faveur du respect de ce calendrier sont accompagnés des moyens nécessaires.




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    5 min
  • Convocation du dialogue national par le prĂ©sident Tshisekedi: la neutralitĂ© du processus sacrifiĂ©e ?

    Le 27 août, le président Félix Tshisekedi a annoncé le « dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Celui-ci se tiendra sur le sol congolais pendant une période de trois mois. Il en a dévoilé le format qui commence par les consultations provinciales dans les 26 provinces du pays dont la synthèse nationale servira de base aux assises de Kinshasa. Il exclut les personnes ayant pris des armes et annonce une ordonnance de convocation du dialogue,  la mise en place de la commission préparatoire et autres organes (bureau et assemblée plénière), et les mécanismes de suivi de la mise en œuvre. 

    Avant même de parler de l’inclusivité et du contenu qui divisent déjà les parties prenantes à la crise, une question préliminaire se pose : comment assurer la neutralité du processus alors même que le dialogue est annoncé par le président de la République et son architecture est largement définie par lui? 


    Bienvenue dans ce 35e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse les sujets d’actualité congolaise. Cette semaine, nous nous intéressons à l’allocution  du chef de l’État annonçant le dialogue national.  Je suis Reagan Miviri, chercheur principal à Ebuteli. Nous sommes le vendredi 4 septembre 2026.


    Le « dialogue national » annoncé par le président est clairement présenté comme relevant de la souveraineté institutionnelle de l’État. Alors que les confessions religieuses étaient pressenties pour piloter le dialogue et avaient même eu des séances de travail préparatoires avec le cabinet du chef de l’État  à cette fin, elles ont été écartées du rôle de médiateurs.  Le président a choisi de garder la conduite du dialogue dans son giron et de limiter les confessions religieuses à une position de participant à la commission préparatoire. Écarter la médiation des confessions religieuses sans proposer une alternative indépendante est problématique à plusieurs égards, mais notre analyse se limite à la notion de neutralité de la médiation ou de la facilitation, indispensable avant, pendant et après le dialogue. 


    Le dialogue, c’est comme un match, à la seule différence que le but n’est pas la victoire d’une équipe mais un compromis permettant la fin du conflit. Comme sur le terrain de foot, il faut au préalable des règles du jeu et un arbitre ou une tierce partie neutre. La  crédibilité du match comme du dialogue repose donc sur plusieurs critères dont l’autonomie, l’indépendance et la neutralité de cette tierce partie qui peut assurer la facilitation ou la médiation selon les processus. Avant tout débat de fond, il faut ainsi fixer des règles du jeu acceptées par les principales parties et une entité qui en assure le respect. 


    C’est à cette tierce partie qu’il revient de rechercher l’adhésion des protagonistes à sa facilitation,  puis de sécuriser un accord-cadre sur le processus même, notamment sur qui pilote réellement au-delà de la convocation, où se tient le dialogue, qui participe et quelles mesures de confiance précèdent les assises. 

    La confiance entre les parties peut en effet se construire avec le temps mais la confiance dans le processus est primordiale et est souvent liée à la tierce partie neutre. Vous n’avez pas besoin de faire confiance à la partie adverse pour commencer le dialogue. Cependant, il faut un minimum de confiance dans l’arbitre et dans les règles du jeu qui assurent la crédibilité du processus. 



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    7 min
  • Le chef, le parti et le système : sortir de la personnalisation politique en RDC

    Le jeudi 20 août, le directoire exécutif national d’Ensemble pour la République suspend Hervé Diakese de ses fonctions de porte-parole et renvoie son dossier devant le comité des sages. Grâce Omari est définitivement exclu. Trois semaines plus tôt, Moïse Katumbi, président de ce parti d’opposition, avait personnellement obtenu une réconciliation entre Olivier Kamitatu et Salomon Kalonda, deux de ses lieutenants.


    En moins d’un mois, Ensemble est ainsi passé de l’arbitrage du chef aux sanctions du directoire. En filigrane, cette crise offre un aperçu du fonctionnement du système politique congolais : les structures existent, mais la personne du dirigeant reste souvent indispensable pour les faire fonctionner et même pour faire vivre le parti.

    Bonjour,


    Je m’appelle Trésor Kibangula. Je coordonne les recherches sur la politique à Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Vous écoutez le 34e épisode de Po Na Biso, le podcast d’Ebuteli qui décrypte, chaque semaine, une question d’actualité en République démocratique du Congo.

    Nous sommes le vendredi 28 août 2026.


    La crise d’Ensemble a été présentée comme une opposition entre les partisans du dialogue avec le pouvoir et ceux d’un rapport de force plus dur. Cette lecture donne peut-être trop de contenu politique à une rivalité entre dirigeants.

    Dans beaucoup de partis congolais, les affrontements portent rarement sur des idéologies ou des programmes clairement distincts. Ils expriment davantage des ambitions, des intérêts et des batailles de positionnement. La ligne vient du sommet. Lorsque le chef change de stratégie, ses lieutenants s’adaptent.


    Tenez : lorsque Félix Tshisekedi tenait un discours dur envers les responsables catholiques, plusieurs membres de sa majorité multipliaient les attaques contre le clergé. Puis le chef de l’État a « levé l’option » du dialogue après sa rencontre notamment avec le cardinal Fridolin Ambongo. L’Union sacrée de la nation a aussitôt rectifié le tir et le vocabulaire. Ainsi va la vie politique congolaise.

    Les partis ont évidemment besoin de dirigeants. Le leadership de Moïse Katumbi est reconnu par ses cadres, comme celui de Jean-Pierre Bemba au MLC ou de Vital Kamerhe à l’UNC. Cette autorité devient problématique lorsque le parti ne peut plus définir sa ligne, régler ses conflits ou préparer son avenir sans l’intervention du chef.


    Même les successions portent la marque de cette personnalisation. Après la mort d’Étienne Tshisekedi, son fils Félix est élu à la tête de l’UDPS en 2018. Son élection passe par un congrès, mais le nom et le capital politique hérités de son père facilitent cette transmission. Son arrivée au pouvoir l’année suivante a probablement aussi contribué à contenir les divisions du parti.

    Ce fonctionnement déborde les partis et gagne les institutions. En mars dernier, Modeste Bahati, alors deuxième vice-président du Sénat, affirme que le pays souffre davantage de la mauvaise application des textes que de sa Constitution. Ses propos sont interprétés comme une prise de distance avec la réforme constitutionnelle défendue par Félix Tshisekedi.

    Une pétition est lancée contre lui. Une partie des cadres de son regroupement le désavoue et réaffirme son soutien au chef de l’État. Bahati clarifie sa position, présente ses excuses et proclame sa loyauté. Il finit pourtant par démissionner. Le débat constitutionnel s’est transformé en épreuve de fidélité. 


    ...







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    7 min
  • Que fait la RDC de l’argent qu’elle mobilise ?

    Depuis quelques jours, l’Eurobond émis par la RDC suscite beaucoup de débats. Certains se demandent s’il fallait emprunter autant d’argent, alors qu’une partie importante des fonds ne sera pas utilisée immédiatement, mais génère déjà des intérêts. D’autres estiment au contraire que la RDC a bien fait de sécuriser ce financement à un moment favorable. Peu importe où on se situe dans ce débat, il pose une question importante sur l’utilisation des ressources que le pays mobilise.


    Bonjour, je suis Jacques Mukena, chercheur principal au pilier gouvernance à Ebuteli. Vous écoutez le 33e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse chaque semaine un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 21 août 2026. 


    En avril, la RDC a levé pour la première fois 1,25 milliard de dollars américains sur les marchés financiers internationaux à travers un Eurobond. La RDC n’est pas le seul pays à utiliser ce type de financement en Afrique. Cette année, le Kenya a par exemple mobilisé 2,25 milliards de dollars, la Côte d’Ivoire 1,3 milliard et le Cameroun 750 millions.


    La RDC arrive cependant sur ces marchés avec un niveau d’endettement encore relativement faible. Le Fonds monétaire international (FMI) estime sa dette à environ 20 % du PIB en 2026, un niveau nettement inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. C’est d’ailleurs l’un des arguments avancés par les autorités congolaises pour expliquer que le pays dispose encore d’une marge pour emprunter.


    L’Eurobond s’ajoute à plusieurs autres sources de financement, qui ne fonctionnent pas toutes de la même manière.




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    5 min
  • Dialogue national en RDC : des signes d’ouverture, mais toujours pas de cadre

    Depuis l’annonce d’un dialogue national inclusif, l’opposition n’a cessé de multiplier les sorties médiatiques pour poser ses préalables. Elle réclame notamment la décrispation du climat politique : libération des prisonniers politiques, restitution des passeports confisqués et abandon du projet de changement de Constitution. 


    Aujourd’hui, quelques gestes ont été posés. Mais à la veille de l’échéance du 15 août fixée par la Coalition Article 64 (C64), le cadre du dialogue reste inconnu. Ces signaux traduisent-ils une véritable ouverture ou servent-ils surtout à gagner du temps et à conserver la maîtrise du processus ?


    Bonjour, 

    Je suis Michel Nonga, fellow au pilier politique à Ebuteli. Vous écoutez le 32e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli, qui analyse, chaque semaine, un sujet de l’actualité congolaise. Nous sommes le vendredi 14 août 2026.


    Ces derniers jours, une série de signaux a donné l’impression d’une ouverture du pouvoir vers la convocation d’un dialogue national inclusif. L’opposant Olivier Kamitatu a récupéré son passeport. Les dossiers judiciaires d’Emmanuel Ramazani Shadary et d’Aubin Minaku ont été transférés à l’auditorat militaire général. Selon les informations rapportées par Jeune Afrique, des évêques et plusieurs personnalités ont également participé à une réunion au Palais de la nation autour du président de la République. Enfin, Félix Tshisekedi a renvoyé à l’Assemblée nationale, pour une nouvelle délibération, la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum, qu’il pouvait pourtant promulguer. 


    Que nous apprennent alors ces premiers signaux ? 

    Trois leçons peuvent se dégager.


    Premièrement, le moment choisi donne à ces mesures une portée politique.  

    Toutes ces séquences interviennent en effet moins d’un mois après l’annonce, le 17 juillet, de l’organisation d’un dialogue national inclusif. Trois jours plus tard, la C64 avait reporté sa marche prévue le 22 juillet pour « donner une chance » à ce dialogue. Elle avait toutefois fixé au pouvoir une échéance : le processus devait être officiellement convoqué au plus tard le 15 août et précédé de mesures de confiance et de décrispation. La C64 demandait également l’abandon du projet de changement de Constitution.


    Rien ne permet d’établir que ces gestes posés depuis répondent directement à l’ultimatum de la C64. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a d’ailleurs affirmé que l’agenda du président de la République ne répondait à « aucune forme d’ultimatum ». Mais leur proximité avec l’échéance fixée par l’opposition permet de les interpréter comme une réponse au moins partielle aux demandes de décrispation.


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    6 min
  • Pourparlers de Kampala avec la CRP : pari de paix ou prime Ă  la rĂ©bellion ?

    Dans une série de vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, le porte-parole de la Convention révolutionnaire pour la paix (CRP) en Ituri, habillé en treillis, flanqué de trois combattants lourdement armés, a fait une déclaration sur le retour des populations forcées au déplacement depuis 2017. Il attribue l’instabilité en l’Ituri à l’incompétence des services de sécurité, mais surtout à la mégestion et au népotisme de Kinshasa.


    La CRP, créée à Kampala en mars 2025 par Thomas Lubanga , condamné par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, serait pourtant en pourparlers avec le gouvernement congolais en Ouganda sous la facilitation du président Yoweri Kaguta Museveni.


    Bienvenue dans ce 31e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio d’Ebuteli qui analyse les sujets d’actualité congolaise. Cette semaine, nous nous intéressons aux pourparlers engagés avec la CRP. Négocier avec un groupe armé peut permettre de réduire les violences. Mais à quelles conditions cette recherche de la paix ne devient-elle pas une récompense accordée à ceux qui ont pris les armes


    Bonjour ! Je m’appelle Henry-Pacifique Mayala. Je suis le coordonnateur du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), un projet d’Ebuteli. Nous sommes le vendredi 7 août 2026.


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    8 min

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Chaque vendredi, Ebuteli et le Groupe d'étude sur le Congo (GEC) vous proposent « Po Na Biso (anciennement Po Na GEC) ». Il s’agit d’une capsule audio en format court (4 minutes maximum) qui résume, explique et donne le point de vue du GEC et d'Ebuteli sur les questions d’actualité en République démocratique du Congo.

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