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Certains parient sur un match de football, d’autres sur l’inflation ou la prochaine décision d’une banque centrale. Et puis il y a ceux qui vont plus loin : miser sur une guerre, sur la chute d’une ville, sur un cessez-le-feu ou une escalade nucléaire. Depuis quelques années, ce type de pari s’est installé sur Internet. Et il connaît une croissance fulgurante. Ces plateformes s’appellent des « marchés prédictifs ». Ce ne sont pas exactement des sites de paris traditionnels, mais des dispositifs de spéculation collective.
Le principe est simple : les participants achètent et vendent des contrats liés à un événement futur très précis — une élection, une signature d’accord, la prise d’un territoire. Plus un scénario paraît probable, plus le contrat est recherché, et plus son prix augmente. Quand l’événement est tranché, autrement dit, quand il a lieu ou à l’inverse, qu’il n’a pas lieu, le marché se clôt : les contrats gagnants sont payés, les autres ne valent plus rien. Les gains se font donc sur l’anticipation.
Certains marchés brassent des dizaines de millions de dollars. Polymarket, l’un des acteurs majeurs, a été fondé en 2020 par Shayne Coplan. La plateforme permet de miser en cryptomonnaies sur la politique, le sport, la finance ou la culture. Son succès a explosé après l’élection présidentielle américaine de 2024, au point que certains ont affirmé que ces marchés étaient parfois plus fiables que les sondages dans des États clés. Cette dynamique s’inscrit aussi dans l’essor général des cryptomonnaies.
Mais ce nouvel écosystème a déjà révélé ses dérives. Un exemple, assez absurde en apparence : un pari sur le fait que Volodymyr Zelensky porterait un costume avant juillet 2025. La question semblait simple. Elle ne l’était pas. Qu’est-ce qu’un costume ? La définition varie selon les critères techniques ou sociaux. Résultat : malgré plus de 240 millions de dollars échangés, le débat s’est poursuivi longtemps après la clôture du pari.
Puis est venu l’épisode de Myrhorod. Les joueurs devaient prédire la capture de la ville par l’armée russe, en s’appuyant sur une carte d’un think tank militaire. Juste avant la fin du marché, une mise à jour a brièvement suggéré une avancée russe : les gains ont été versés. Peu après, la carte a été corrigée. L’institut a dénoncé l’usage spéculatif de ses données, et les outils de cartographie ont été retirés. L’incident illustre la zone grise dans laquelle évoluent ces marchés.
Au fond, la question est simple : comment en est-on arrivé à « jouer » avec la guerre ? Une partie de la réponse tient à la culture du pari, très différente selon les pays.
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By Premier RegardCertains parient sur un match de football, d’autres sur l’inflation ou la prochaine décision d’une banque centrale. Et puis il y a ceux qui vont plus loin : miser sur une guerre, sur la chute d’une ville, sur un cessez-le-feu ou une escalade nucléaire. Depuis quelques années, ce type de pari s’est installé sur Internet. Et il connaît une croissance fulgurante. Ces plateformes s’appellent des « marchés prédictifs ». Ce ne sont pas exactement des sites de paris traditionnels, mais des dispositifs de spéculation collective.
Le principe est simple : les participants achètent et vendent des contrats liés à un événement futur très précis — une élection, une signature d’accord, la prise d’un territoire. Plus un scénario paraît probable, plus le contrat est recherché, et plus son prix augmente. Quand l’événement est tranché, autrement dit, quand il a lieu ou à l’inverse, qu’il n’a pas lieu, le marché se clôt : les contrats gagnants sont payés, les autres ne valent plus rien. Les gains se font donc sur l’anticipation.
Certains marchés brassent des dizaines de millions de dollars. Polymarket, l’un des acteurs majeurs, a été fondé en 2020 par Shayne Coplan. La plateforme permet de miser en cryptomonnaies sur la politique, le sport, la finance ou la culture. Son succès a explosé après l’élection présidentielle américaine de 2024, au point que certains ont affirmé que ces marchés étaient parfois plus fiables que les sondages dans des États clés. Cette dynamique s’inscrit aussi dans l’essor général des cryptomonnaies.
Mais ce nouvel écosystème a déjà révélé ses dérives. Un exemple, assez absurde en apparence : un pari sur le fait que Volodymyr Zelensky porterait un costume avant juillet 2025. La question semblait simple. Elle ne l’était pas. Qu’est-ce qu’un costume ? La définition varie selon les critères techniques ou sociaux. Résultat : malgré plus de 240 millions de dollars échangés, le débat s’est poursuivi longtemps après la clôture du pari.
Puis est venu l’épisode de Myrhorod. Les joueurs devaient prédire la capture de la ville par l’armée russe, en s’appuyant sur une carte d’un think tank militaire. Juste avant la fin du marché, une mise à jour a brièvement suggéré une avancée russe : les gains ont été versés. Peu après, la carte a été corrigée. L’institut a dénoncé l’usage spéculatif de ses données, et les outils de cartographie ont été retirés. L’incident illustre la zone grise dans laquelle évoluent ces marchés.
Au fond, la question est simple : comment en est-on arrivé à « jouer » avec la guerre ? Une partie de la réponse tient à la culture du pari, très différente selon les pays.
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