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Or


La semaine est consacrée au mot hiver. Aujourd'hui, penchons-nous sur quelques "margimots", ces mots bizarres par leur orthographe, leur prononciation, leur étymologie ; ces mots dont on ne sait jamais s'ils sont masculins ou féminins.
Que collectionne un éphécalarophile ? (Réponse en fin de chronique)
Rubrique 1 : Mauvais genre !
Nous le précisions hier : l’hiver commence avec le solstice du 21 ou du 22 décembre.
On dit un équinoxe et un solstice. L’équinoxe correspond aux périodes de l’année où le jour et la nuit sont de durée égale : l’équinoxe du 21 mars marque le début du printemps ; l’équinoxe du 21 septembre le début de l’automne. Le solstice d’été a lieu le 21 ou le 22 juin : c’est le jour le plus long de l’année ; le solstice d’hiver le 21 ou le 22 décembre, c’est le jour le plus court.
On dit une éphéméride pour désigner le calendrier dont on retire les feuilles au fur et à mesure que les jours s’écoulent. On dit une clepsydre pour qualifier l’horloge antique, d’origine égyptienne, mesurant le passage du temps par un écoulement d’eau dans un récipient gradué.
Par exemple :
« Rien de tel qu’une éphéméride pour ne rater aucun solstice, ni d’été, ni d’hiver, aucun équinoxe, ni de printemps, ni d’automne. À moins que tu ne préfères la clepsydre, à l’ancienne. »
Rubrique 2 : Bizarres, bizarres !
A. Parlons d’abord prononciation. Le mot hiver ,qui nous occupe depuis hier, commence par un h. Plusieurs mots de la langue française commencent d’ailleurs par un h- (huitième lettre de l’alphabet et sixième consonne, 4 points au °Scrabble). Mais comment savoir s’il faut faire la liaison avec le mot qui suit ou pas ? En vérité, c’est essentiellement une question de pratique. Pour certains mots commençant par h-, cela nous paraît évident, pour d’autres beaucoup moins.
En français, on distingue en effet le h muet du h aspiré.
Le h muet rend la liaison et l’élision obligatoires. On appelle élision le fait de mettre une apostrophe à la place de la voyelle qui termine le déterminant.
Exemples : on ne dit pas le hiver, mais l’hiver ; on ne dit pas le homme, mais l’homme ; on ne dit pas la habileté, mais l’habileté.
Il y a élision des déterminants le ou la.
Avec un h muet, il faut également faire la liaison au pluriel : les (z)hivers, les (z)hommes, les (z)habiletés.
Le h aspiré, généralement signalé dans les dictionnaires par un astérisque (oui, j’ai bien dit un astérisque !), n’autorise ni la liaison ni l’élision. Prenons le fameux exemple du mot héros : au singulier, le héros et non l’héros ; au pluriel, les héros et non les (z)héros. On ne dit pas non plus : c’est un (n)hors-jeu, mais c’est un hors-jeu sans faire la liaison. Les haricots, qu’ils soient de la cantine ou pas, ne seront pas meilleurs si nous parlons des (z)haricots. Enfin, il convient de laisser les places réservées aux handicapés et non aux (z)handicapés.
B. Attention à l’orthographe du mot Esquimau : il s’écrit -au et non -eau à la fin.
Et si cet Esquimau, autrement appelé Inuit, porte des moufles, ce sera avec un seul f.
C. Plusieurs étymologies étranges pour finir. L’un des territoires habités par les Inuits dont il vient d’être question s’appelle le Groenland, immense île danoise située au Nord-Est du Canada et que l’on imagine toute blanche, recouverte de glaciers : or, en danois, Groenland veut dire « île verte » !
Hier, il était question de l’Himalaya, « demeure de la neige » en tibétain. Dalaï-Lama, nom que l’on emploie pour désigner le chef de l’église lamaïque du Tibet, vient du tibétain gyamtso et se traduit par « océan de sagesse ».
Terminons cette rubrique avec l’étymologie du terme saison : du latin satio, « action de semer, période des semailles ». Même si cela est possible (mais alors sous châssis ou dans une serre, surtout dans les régions froides), l’hiver n’est certes pas l’époque de l’année à laquelle on pense en priorité lorsqu’il est question de semer ! C’est donc par extension que l’on a fini par parler des quatre saisons de l’année divisées par les solstices et les équinoxes. La boucle est bouclée !
J’arrête là pour aujourd’hui : vous avez peut-être la cinquième semaille de votre série préférée à suivre !
Et l’éphécalarophile ? Avez-vous trouvé ? Il collectionne les calendriers.
À demain !
Pour nous suivre :
- le podcast « Les mots, les remèdes » accessible sur votre plateforme d'écoute préférée et auquel vous pouvez vous abonner ;
- le blog Isaghis ;
- les comptes Instagram @les_mots_les_remedes et @isaghisblog.
By Isabelle BrunLa semaine est consacrée au mot hiver. Aujourd'hui, penchons-nous sur quelques "margimots", ces mots bizarres par leur orthographe, leur prononciation, leur étymologie ; ces mots dont on ne sait jamais s'ils sont masculins ou féminins.
Que collectionne un éphécalarophile ? (Réponse en fin de chronique)
Rubrique 1 : Mauvais genre !
Nous le précisions hier : l’hiver commence avec le solstice du 21 ou du 22 décembre.
On dit un équinoxe et un solstice. L’équinoxe correspond aux périodes de l’année où le jour et la nuit sont de durée égale : l’équinoxe du 21 mars marque le début du printemps ; l’équinoxe du 21 septembre le début de l’automne. Le solstice d’été a lieu le 21 ou le 22 juin : c’est le jour le plus long de l’année ; le solstice d’hiver le 21 ou le 22 décembre, c’est le jour le plus court.
On dit une éphéméride pour désigner le calendrier dont on retire les feuilles au fur et à mesure que les jours s’écoulent. On dit une clepsydre pour qualifier l’horloge antique, d’origine égyptienne, mesurant le passage du temps par un écoulement d’eau dans un récipient gradué.
Par exemple :
« Rien de tel qu’une éphéméride pour ne rater aucun solstice, ni d’été, ni d’hiver, aucun équinoxe, ni de printemps, ni d’automne. À moins que tu ne préfères la clepsydre, à l’ancienne. »
Rubrique 2 : Bizarres, bizarres !
A. Parlons d’abord prononciation. Le mot hiver ,qui nous occupe depuis hier, commence par un h. Plusieurs mots de la langue française commencent d’ailleurs par un h- (huitième lettre de l’alphabet et sixième consonne, 4 points au °Scrabble). Mais comment savoir s’il faut faire la liaison avec le mot qui suit ou pas ? En vérité, c’est essentiellement une question de pratique. Pour certains mots commençant par h-, cela nous paraît évident, pour d’autres beaucoup moins.
En français, on distingue en effet le h muet du h aspiré.
Le h muet rend la liaison et l’élision obligatoires. On appelle élision le fait de mettre une apostrophe à la place de la voyelle qui termine le déterminant.
Exemples : on ne dit pas le hiver, mais l’hiver ; on ne dit pas le homme, mais l’homme ; on ne dit pas la habileté, mais l’habileté.
Il y a élision des déterminants le ou la.
Avec un h muet, il faut également faire la liaison au pluriel : les (z)hivers, les (z)hommes, les (z)habiletés.
Le h aspiré, généralement signalé dans les dictionnaires par un astérisque (oui, j’ai bien dit un astérisque !), n’autorise ni la liaison ni l’élision. Prenons le fameux exemple du mot héros : au singulier, le héros et non l’héros ; au pluriel, les héros et non les (z)héros. On ne dit pas non plus : c’est un (n)hors-jeu, mais c’est un hors-jeu sans faire la liaison. Les haricots, qu’ils soient de la cantine ou pas, ne seront pas meilleurs si nous parlons des (z)haricots. Enfin, il convient de laisser les places réservées aux handicapés et non aux (z)handicapés.
B. Attention à l’orthographe du mot Esquimau : il s’écrit -au et non -eau à la fin.
Et si cet Esquimau, autrement appelé Inuit, porte des moufles, ce sera avec un seul f.
C. Plusieurs étymologies étranges pour finir. L’un des territoires habités par les Inuits dont il vient d’être question s’appelle le Groenland, immense île danoise située au Nord-Est du Canada et que l’on imagine toute blanche, recouverte de glaciers : or, en danois, Groenland veut dire « île verte » !
Hier, il était question de l’Himalaya, « demeure de la neige » en tibétain. Dalaï-Lama, nom que l’on emploie pour désigner le chef de l’église lamaïque du Tibet, vient du tibétain gyamtso et se traduit par « océan de sagesse ».
Terminons cette rubrique avec l’étymologie du terme saison : du latin satio, « action de semer, période des semailles ». Même si cela est possible (mais alors sous châssis ou dans une serre, surtout dans les régions froides), l’hiver n’est certes pas l’époque de l’année à laquelle on pense en priorité lorsqu’il est question de semer ! C’est donc par extension que l’on a fini par parler des quatre saisons de l’année divisées par les solstices et les équinoxes. La boucle est bouclée !
J’arrête là pour aujourd’hui : vous avez peut-être la cinquième semaille de votre série préférée à suivre !
Et l’éphécalarophile ? Avez-vous trouvé ? Il collectionne les calendriers.
À demain !
Pour nous suivre :
- le podcast « Les mots, les remèdes » accessible sur votre plateforme d'écoute préférée et auquel vous pouvez vous abonner ;
- le blog Isaghis ;
- les comptes Instagram @les_mots_les_remedes et @isaghisblog.