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Or


Depuis 2006, Pluton, autrefois considérée comme une planète, a été reclassée dans une nouvelle catégorie. Pourquoi ce changement ? Étudier la question dans le détail nous demandera de nous pencher sur la découverte progressive de notre système solaire… et sur la façon dont certaines erreurs, ainsi qu'une bonne dose de chance, peuvent avoir une influence assez importante sur la recherche scientifique.
Cette vidéo est une adaptation de la séance spéciale réalisée au cours de l'été 2021, pour la 31ème Nuit des Étoiles, au Planétarium de Bretagne où je travaillais au moment de la réalisation. J'en ai écris le scénario, et mon collègue Maxime Piquel et moi nous nous sommes chargés du rendu graphique. Hélas, les visuels réalisés pour la salle (et s'affichant donc sur un dôme à 360°) n'ont pas pu être conservés, et j'ai dû tout refaire pour la vidéo. J'espère néanmoins que cette version adaptée vous plaira ; en attendant peut-être que la séance d'origine subisse quelques adaptations pour être ajoutée à la programmation régulière du Planétarium.
Merci à mes collègues Maxime Piquel et David Herman pour leurs relectures et leurs conseils, ainsi qu'à Tranxen pour son aide technique. Un grand merci également à Christophe Michel, de la chaîne Hygiène Mentale, qui a pour une fois participé à une de mes vidéos de son plein gré. Et, bien sûr, merci à Ehma, qui a composé et mis en ligne sur Dogmazic la plupart des morceaux utilisés pour la musique d'ambiance (les deux exceptions étant le Rêve au bord de l'eau de Dogers, et le Divertissement de Ferdinando Carulli interprété par Aitua, également trouvés sur Dogmazic).
La magistrale animation de milieu de vidéo (qui remplace celle réalisée par Maxime pour notre dôme, que nous n'avons hélas pas pu adapter dans un délai et pour une charge de travail raisonnables) est apparemment tirée d'un autre spectacle de planétarium (pour lequel nous n'avons absolument pas contribué), intitulé « Birth of Planet Earth ». Elle apparaît dans ces quelques vidéos :
Les images des mouvements des planètes pendant le reste de la vidéo ont été réalisées grâce aux logiciels (libres) Stellarium et Celestia, que je vous encourage à essayer :
Quelques images des astéroïdes ont été tirées de la récente publication de l'ESO montrant des photographies prises par le VLT des 42 plus gros astéroïdes :
Les portraits historiques et images de planètes (et planètes naines) utilisées proviennent de Wikimédia Commons.
Quelques précisions et compléments sur les thèmes abordés :
– L'étymologie de « planète » est ici assez simplifiée. N'hésitez pas à vous référer au Wiktionnaire pour davantage de détails (lors de ma dernière intervention sur cette page, une citation tirée d'un ouvrage de 1806 (juste avant la découverte de Vesta, donc) nous listait ce qui était considéré alors comme les dix planètes de notre système solaire. Celle-ci a hélas été retirée depuis, mais vous pouvez la retrouver dans l'historique).
– Bien sûr, la publication des Révolutions des sphères célestes en 1543, pas plus que la découverte des lunes galiléennes en 1610, n'ont suffit à faire changer immédiatement la façon dont les objets du ciel ont été considérés : comme pour les astéroïdes ou pour Pluton, il a fallu pas mal d'années pour réussir à mettre tout le monde d'accord. Nous avons d'ailleurs abordé une partie de cette problématique dans ma vidéo précédente sur l'« affaire Galilée ».
– Uranus et Neptune avait en fait toutes deux déjà été observées plusieurs fois auparavant, notamment par Galilée (on a retrouvé dans ses notes des relevés des positions de l'un des satellites qui ne correspondent pas à ce qu'on a calculé depuis… mais correspondent aux positions où devaient se trouver ces planètes). Mais aucune des personnes les ayant observé auparavant n'avait réalisé ce qu'elle voyait…
– Monsieur Phi a consacré le second épisode de son diptyque sur la réfutabilité à la recherche de la planète Vulcain et à la façon dont on a fini par se rendre compte de son inexistence. Son propos me semble ici assez utile pour compléter le mien, donc n'hésitez pas à aller y jeter un œil.
– La séquence sur le fait qu'aucune planète n'a jamais été découverte par un astronome professionnel est évidemment un petit troll (je considère d'ailleurs personnellement que la personne ayant découvert Neptune n'est ni Le Verrier, ni Adams, mais Galle, qui lui était astronome professionnel). Mais elle servira, je l'espère, à vous inciter à scruter le ciel : il n'y a pas besoin d'être professionnel·le pour trouver des choses passionnantes là-haut !
– La taille et la masse de Pluton ont plusieurs fois été réévaluées à la baisse dans les années qui ont suivi sa découverte. Quelques astronomes facétieux ont d'ailleurs déjà publié une extrapolation selon laquelle, à force de réévaluer ainsi ses mesures, les scientifiques finiraient par se rendre compte que Pluton n'existe en fait pas.
– Bien que les découvertes ultérieures aient conduit à valider l'hypothèse de Kuiper sur la présence d'une ceinture d'astéroïde à cet endroit, il semble que les « perturbations » dans l'orbite de Neptune qui ont été à l'origine de cette hypothèse aient en grande partie été dues au fait que la masse de Neptune, comme celle d'Uranus avant elle, ait mis du temps à être précisément connue. En pratique, l'influence gravitationnelle de cette ceinture sur Neptune est assez faible, comme l'est celle de la ceinture principale sur Mars ou sur Jupiter.
– En réalité, Éris et Sedna ne font pas partie de la ceinture de Kuiper : ils sont situés encore au delà. Leur trajectoire les fait toutefois passer régulièrement à proximité d'autres corps de masse similaire, notamment ceux composant cette ceinture, raison pour laquelle ces objets ne sont pas éligibles au statut de planète.
– André Brahic, qui nous a hélas quitté en 2016, aimait raconter dans ses conférences la façon dont il a (lourdement) insisté pour la classification actuelle des planètes que je vous explique dans cette vidéo. Vous pouvez notamment l'écouter ici :
– En fait, l'hypothèse de Théia et d'un impact géant tel que celui présenté dans la vidéo n'est pas la seule possible pour expliquer la formation de la Lune. C'est, de loin, l'hypothèse considérée comme la plus probable actuellement, raison pour laquelle je la présente sans prendre trop de gants ; mais il s'agit d'un domaine où il sera assez délicat d'avoir des certitudes.
– Je ne montre qu'une seule « meilleure image » prise par le téléscope spatial Hubble, mais celui-ci avait en réalité photographié Pluton à plusieurs reprises avec environ la même précision. On trouve d'ailleurs, sur Wikimédia Commons, un assemblage de ces différentes photographies nous donnant l'impression d'observer sa rotation :
– Plusieurs des animations du trajet de New Horizons montrent une autre destination, située au delà de Pluton : il s'agit de l'astéroïde actuellement baptisé Arrokoth (comme Albion, il a plusieurs fois changé de nom, et seuls ses noms temporaires apparaissent dans la vidéo). Il s'agit d'un objet trop peu massif pour être sphérique, mais qui est vraisemblablement assez représentatif de la plupart des objets qu'on trouve dans la ceinture de Kuiper. La sonde l'a atteint au tout début 2019, en faisant l'objet le plus lointain que l'on ait pu photographier de près.
– La sonde New Horizons a d'ailleurs été chargée d'un bagage assez inhabituel : on y a placé une partie des cendres de Clyde Tombaugh, découvreur de Pluton. Qui sont donc actuellement des restes humains les plus éloignés de notre planète (mais pas les objets de conception humaine les plus éloignés, titre revenant actuellement à la sonde Pioneers 10, lancée en février 1972, soit il y a presque 50 ans, et qui est pourtant toujours à moins d'une journée-lumière de notre étoile).
– En réalité, la raison pour laquelle Mike Brown propose une neuvième planète n'est pas la « falaise de Kuiper » (l'arrêt brusque de la ceinture du même nom), qui est connue et a conduit a faire cette hypothèse depuis maintenant plus de dix ans. Brown se base surtout sur la trajectoire de Sedna et de quelques autres objets aussi lointains, qui semblent en subir l'influence gravitationnelle. Je ne suis cependant pas rentré dans les détails ici, car mon objectif était surtout de revenir sur la définition de planète (en particulier la notion de « faire le ménage sur son orbite »).
– La porte du planétarium ne se situe en fait pas exactement derrière moi quand je présente une séance. Pour guider les gens vers la sortie, je parle habituellement du panneau lumineux que j'allume à ce moment ; mais j'ai adapté légèrement ce discours afin qu'il colle davantage à ce que vous êtes en mesure de voir sur la vidéo.
By Depuis 2006, Pluton, autrefois considérée comme une planète, a été reclassée dans une nouvelle catégorie. Pourquoi ce changement ? Étudier la question dans le détail nous demandera de nous pencher sur la découverte progressive de notre système solaire… et sur la façon dont certaines erreurs, ainsi qu'une bonne dose de chance, peuvent avoir une influence assez importante sur la recherche scientifique.
Cette vidéo est une adaptation de la séance spéciale réalisée au cours de l'été 2021, pour la 31ème Nuit des Étoiles, au Planétarium de Bretagne où je travaillais au moment de la réalisation. J'en ai écris le scénario, et mon collègue Maxime Piquel et moi nous nous sommes chargés du rendu graphique. Hélas, les visuels réalisés pour la salle (et s'affichant donc sur un dôme à 360°) n'ont pas pu être conservés, et j'ai dû tout refaire pour la vidéo. J'espère néanmoins que cette version adaptée vous plaira ; en attendant peut-être que la séance d'origine subisse quelques adaptations pour être ajoutée à la programmation régulière du Planétarium.
Merci à mes collègues Maxime Piquel et David Herman pour leurs relectures et leurs conseils, ainsi qu'à Tranxen pour son aide technique. Un grand merci également à Christophe Michel, de la chaîne Hygiène Mentale, qui a pour une fois participé à une de mes vidéos de son plein gré. Et, bien sûr, merci à Ehma, qui a composé et mis en ligne sur Dogmazic la plupart des morceaux utilisés pour la musique d'ambiance (les deux exceptions étant le Rêve au bord de l'eau de Dogers, et le Divertissement de Ferdinando Carulli interprété par Aitua, également trouvés sur Dogmazic).
La magistrale animation de milieu de vidéo (qui remplace celle réalisée par Maxime pour notre dôme, que nous n'avons hélas pas pu adapter dans un délai et pour une charge de travail raisonnables) est apparemment tirée d'un autre spectacle de planétarium (pour lequel nous n'avons absolument pas contribué), intitulé « Birth of Planet Earth ». Elle apparaît dans ces quelques vidéos :
Les images des mouvements des planètes pendant le reste de la vidéo ont été réalisées grâce aux logiciels (libres) Stellarium et Celestia, que je vous encourage à essayer :
Quelques images des astéroïdes ont été tirées de la récente publication de l'ESO montrant des photographies prises par le VLT des 42 plus gros astéroïdes :
Les portraits historiques et images de planètes (et planètes naines) utilisées proviennent de Wikimédia Commons.
Quelques précisions et compléments sur les thèmes abordés :
– L'étymologie de « planète » est ici assez simplifiée. N'hésitez pas à vous référer au Wiktionnaire pour davantage de détails (lors de ma dernière intervention sur cette page, une citation tirée d'un ouvrage de 1806 (juste avant la découverte de Vesta, donc) nous listait ce qui était considéré alors comme les dix planètes de notre système solaire. Celle-ci a hélas été retirée depuis, mais vous pouvez la retrouver dans l'historique).
– Bien sûr, la publication des Révolutions des sphères célestes en 1543, pas plus que la découverte des lunes galiléennes en 1610, n'ont suffit à faire changer immédiatement la façon dont les objets du ciel ont été considérés : comme pour les astéroïdes ou pour Pluton, il a fallu pas mal d'années pour réussir à mettre tout le monde d'accord. Nous avons d'ailleurs abordé une partie de cette problématique dans ma vidéo précédente sur l'« affaire Galilée ».
– Uranus et Neptune avait en fait toutes deux déjà été observées plusieurs fois auparavant, notamment par Galilée (on a retrouvé dans ses notes des relevés des positions de l'un des satellites qui ne correspondent pas à ce qu'on a calculé depuis… mais correspondent aux positions où devaient se trouver ces planètes). Mais aucune des personnes les ayant observé auparavant n'avait réalisé ce qu'elle voyait…
– Monsieur Phi a consacré le second épisode de son diptyque sur la réfutabilité à la recherche de la planète Vulcain et à la façon dont on a fini par se rendre compte de son inexistence. Son propos me semble ici assez utile pour compléter le mien, donc n'hésitez pas à aller y jeter un œil.
– La séquence sur le fait qu'aucune planète n'a jamais été découverte par un astronome professionnel est évidemment un petit troll (je considère d'ailleurs personnellement que la personne ayant découvert Neptune n'est ni Le Verrier, ni Adams, mais Galle, qui lui était astronome professionnel). Mais elle servira, je l'espère, à vous inciter à scruter le ciel : il n'y a pas besoin d'être professionnel·le pour trouver des choses passionnantes là-haut !
– La taille et la masse de Pluton ont plusieurs fois été réévaluées à la baisse dans les années qui ont suivi sa découverte. Quelques astronomes facétieux ont d'ailleurs déjà publié une extrapolation selon laquelle, à force de réévaluer ainsi ses mesures, les scientifiques finiraient par se rendre compte que Pluton n'existe en fait pas.
– Bien que les découvertes ultérieures aient conduit à valider l'hypothèse de Kuiper sur la présence d'une ceinture d'astéroïde à cet endroit, il semble que les « perturbations » dans l'orbite de Neptune qui ont été à l'origine de cette hypothèse aient en grande partie été dues au fait que la masse de Neptune, comme celle d'Uranus avant elle, ait mis du temps à être précisément connue. En pratique, l'influence gravitationnelle de cette ceinture sur Neptune est assez faible, comme l'est celle de la ceinture principale sur Mars ou sur Jupiter.
– En réalité, Éris et Sedna ne font pas partie de la ceinture de Kuiper : ils sont situés encore au delà. Leur trajectoire les fait toutefois passer régulièrement à proximité d'autres corps de masse similaire, notamment ceux composant cette ceinture, raison pour laquelle ces objets ne sont pas éligibles au statut de planète.
– André Brahic, qui nous a hélas quitté en 2016, aimait raconter dans ses conférences la façon dont il a (lourdement) insisté pour la classification actuelle des planètes que je vous explique dans cette vidéo. Vous pouvez notamment l'écouter ici :
– En fait, l'hypothèse de Théia et d'un impact géant tel que celui présenté dans la vidéo n'est pas la seule possible pour expliquer la formation de la Lune. C'est, de loin, l'hypothèse considérée comme la plus probable actuellement, raison pour laquelle je la présente sans prendre trop de gants ; mais il s'agit d'un domaine où il sera assez délicat d'avoir des certitudes.
– Je ne montre qu'une seule « meilleure image » prise par le téléscope spatial Hubble, mais celui-ci avait en réalité photographié Pluton à plusieurs reprises avec environ la même précision. On trouve d'ailleurs, sur Wikimédia Commons, un assemblage de ces différentes photographies nous donnant l'impression d'observer sa rotation :
– Plusieurs des animations du trajet de New Horizons montrent une autre destination, située au delà de Pluton : il s'agit de l'astéroïde actuellement baptisé Arrokoth (comme Albion, il a plusieurs fois changé de nom, et seuls ses noms temporaires apparaissent dans la vidéo). Il s'agit d'un objet trop peu massif pour être sphérique, mais qui est vraisemblablement assez représentatif de la plupart des objets qu'on trouve dans la ceinture de Kuiper. La sonde l'a atteint au tout début 2019, en faisant l'objet le plus lointain que l'on ait pu photographier de près.
– La sonde New Horizons a d'ailleurs été chargée d'un bagage assez inhabituel : on y a placé une partie des cendres de Clyde Tombaugh, découvreur de Pluton. Qui sont donc actuellement des restes humains les plus éloignés de notre planète (mais pas les objets de conception humaine les plus éloignés, titre revenant actuellement à la sonde Pioneers 10, lancée en février 1972, soit il y a presque 50 ans, et qui est pourtant toujours à moins d'une journée-lumière de notre étoile).
– En réalité, la raison pour laquelle Mike Brown propose une neuvième planète n'est pas la « falaise de Kuiper » (l'arrêt brusque de la ceinture du même nom), qui est connue et a conduit a faire cette hypothèse depuis maintenant plus de dix ans. Brown se base surtout sur la trajectoire de Sedna et de quelques autres objets aussi lointains, qui semblent en subir l'influence gravitationnelle. Je ne suis cependant pas rentré dans les détails ici, car mon objectif était surtout de revenir sur la définition de planète (en particulier la notion de « faire le ménage sur son orbite »).
– La porte du planétarium ne se situe en fait pas exactement derrière moi quand je présente une séance. Pour guider les gens vers la sortie, je parle habituellement du panneau lumineux que j'allume à ce moment ; mais j'ai adapté légèrement ce discours afin qu'il colle davantage à ce que vous êtes en mesure de voir sur la vidéo.