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Je reçois William Acker, juriste et auteur de Racisme environnemental, penser la convergence depuis la lutte contre l’antitsiganisme.
Pourquoi certaines populations sont-elles reléguées aux marges des villes, sur des terrains éloignés des services publics, à proximité d’autoroutes, de décharges ou de sites industriels polluants ? Et pourquoi ces réalités sont si peu visibles dans les débats sur l’écologie et la justice environnementale ?
Les « gens du voyage » occupent une place singulière dans notre société : une catégorie administrative qui façonne aussi les représentations collectives, et à l’égard de laquelle le racisme demeure particulièrement décomplexé, ou largement ignoré.William Acker revient sur l’histoire de l’antitsiganisme et ses manifestations contemporaines, jusqu’à ses effets concrets sur les conditions d’habitat et l’exposition aux pollutions.
Il montre comment la notion de racisme environnemental peut devenir un outil de plaidoyer pour rendre ces réalités visibles, faire entendre les enjeux des voyageurs et créer des convergences entre les luttes antiracistes, écologistes, et féministes.
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On parle souvent d’éducation, de protection, de transmission. Mais beaucoup plus rarement d’un rapport social pourtant omniprésent : la domination des adultes sur les enfants.
Cette hiérarchie, profondément ancrée dans nos sociétés, paraît naturelle. Les adultes savent, protègent, décident. Les enfants apprennent, obéissent, et attendent de grandir. Mais derrière cette évidence se cache une réalité plus complexe : celle d’un rapport de pouvoir asymétrique, où les enfants ont peu de prise sur les décisions qui les concernent et où leur parole est souvent minorée.
Nommer cette domination qu’on appelle adultisme, ce n’est pas nier les besoins spécifiques des enfants. C’est poser une question fondamentale : comment protéger sans dominer ?
Car les violences faites aux enfants restent massives et largement invisibilisées. En France, un enfant meurt tous les cinq jours dans son environnement familial, et des centaines de milliers subissent des formes de maltraitance, souvent traitées comme des drames isolés plutôt que comme un enjeu collectif.
Face à cela, des réflexions émergent autour de l’enfantisme : une manière de repenser la place des enfants dans la société, en les reconnaissant comme des personnes à part entière.
Pour explorer ces questions, je reçois Claire Bourdille, fondatrice du collectif enfantiste et autrice du livre « Enfantisme » publié aux éditions La mer salée , qui travaille depuis plusieurs années sur ces enjeux de domination et sur les alternatives possibles.
Approfondir :
Collectif Enfantisme
Enfantisme, il est temps de respecter les enfants, Editions La Mer salée
Les enfants peuvent ils parler ? La série documentaire, France Culture, Clémence Allezard
podcast Qui c’est qui commande ?, Lolita Rivé
Un podcast à soi sur la domination adulte : Quand les pères font la loi, L’autodéfense des enfants, L'école de la violence
Documentaire Réinventer l’enfance, Ève Simonet
Anthologie Politiser l’enfance, éditions Burn Aout
La domination oubliée, Tal Piterbraut-Merx, edition Blast
Infantisme de Laelia Benoît, Edition du Seuil
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La notion de ville durable s’impose depuis une vingtaine d’année comme une évidence, comme l’horizon souhaitable de l’urbanisme.
Les écoquartiers, fait de bois, de verre, de panneaux solaires, de mobilités douces, de mixité sociale… forment un imaginaire désirable face aux nuisances que concentrent habituellement les villes. Mais derrière ces formes vertueuses se cache souvent une autre histoire : celle d’un capitalisme urbain qui a appris à se verdir pour mieux durer.
La ville durable se présente comme une réponse aux défis écologiques et sociaux, mais elle s’inscrit en réalité dans la continuité des logiques néolibérales - attractivité, croissance de la construction, compétition entre territoires, marketing vert, injonctions individuelles à l’éco responsabilité. Ce modèle ne remplace pas l’ancien : il le met à jour avec la durabilité comme levier de croissance.
Pour comprendre tout cela, je reçois Matthieu Adam, qui étudie la fabrication de la ville durable, ses contradictions, et ce que tout cela produit.
N”hésitez pas à partager l’épisode, à mettre des étoiles au podcast là où vous l’écouter, et à vous abonner à la newsletter
Présages est aussi dispo sur la plateforme et l'appli indépendante et non commerciale Spectre, où vous découvrirez un tas d'autres podcasts passionnants pour penser et agir.
Félicien Faury est chercheur en sociologie politique. Son ouvrage « Des électeurs ordinaires - Enquête sur la normalisation de l’extrême-droite » est le résultat d’une longue enquête sociologique dans le Sud-Est de la France. Il éclaire les ressorts du vote pour l’extrême-droite, en donnant à voir les visions du monde qui le sous-tendent : qu’est-ce qui, dans la vie ordinaire des électeur·ices, les rendent sensibles et favorables aux discours du RN ?
Bien sûr, pour comprendre l’ascension de ce parti, l’analyse du contexte économique, politique et médiatique est indispensable, mais pas suffisante. Contrairement aux analyses qui ne se concentrent que sur le ressentiment économique, ou qui tendent à isoler les causes les unes des autres, quitte à balayer la dimension raciale, Félicien Faury montre que le racisme reste un enjeu central dans le vote d’extrême-droite : parce que le racisme est multiple et transversal à toute la société, qu’il est un enjeu identitaire, mais aussi un rapport de pouvoir socio-économique.
Ainsi, en évitant la condescendance et le misérabilisme, on peut comprendre le vote RN comme la volonté de maintenir une place et des privilèges fragilisés, dans un ordre social et racial au sein duquel la concurrence pour les ressources communes augmente.
Il est fondamental d’être lucide sur la situation politique, et de penser ensemble les logiques de classe et de race pour comprendre la normalisation du discours d’extrême-droite dans toute la société, et agir en conséquence.
Je vous propose d'écouter l'enregistrement en public du podcast Afrotopiques de mon amie Marie-Yemta Moussanang, qui a eu lieu le 2 mai dernier à la Gaité Lyrique.
J'ai eu l'honneur de co-animer la soirée avec Seumboy Vrainom €, créateur de la chaine Histoires crépues.
Merci à Marie-Yemta pour tout ce qu'elle a développé et ce qu'elle continue à faire pour nous donner des outils collectifs pour penser le monde.
Episode enregistré le 2 Mai 2024 à la Gaîté Lyrique
Animation : Alexia Soyeux du podcast Présages et Seumboy Vrainom € de Histoires Crépues.
Prise de son : Louis de la Gaîté Lyrique
Montage : Marie-Yemta Moussanang
Musique : Amal's Game de Hiba Elgizouli
Soutenir Afrotopiques
Une rediffusion de l’épisode enregistré en 2020 avec Tran To Nga, qui vient de fêter ses 82 ans et continue de se battre pour les millions de victimes de l’agent orange.
Le collectif Vietnam Dioxine invite à un grand rassemblement de soutien à Tran To Nga et aux victimes de l’agent orange le 4 mai 2024 à 14h place de la République à Paris, 3 jours avant la prochaine audience du procès contre 12 multinationales de la pétrochimie dont Monsanto et Dow chemicals
Si vous le pouvez, venez, soyons nombreux ses pour demander justice !
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Tran To Nga est une militante franco-vietnamienne. Ancienne reporter et résistante pendant la guerre du Vietnam, elle fut intoxiquée par l’agent orange, un défoliant puissant déversé sur le Vietnam par l’armée américaine entre 1961 et 1971. Environ 80 millions de litres de cet herbicide furent épandus, contaminant des centaines de milliers d’hectares et détruisant 20 % des forêts du Sud Vietnam.
Instagram : https://www.instagram.com/presages_podcast/
Je réponds à vos questions, après plus de cinq ans de Présages, 65 épisodes et plus de deux millions d’écoutes.
Comment soutenir Présages ?
Début 2023, je vous avais demandé quelles questions vous aimeriez me poser. J’ai enfin pris le temps de répondre à quelques questions dans cet épisode :
Quel a été mon cheminement intellectuel depuis le début du podcast ?
Quelle est ma position aujourd’hui sur la collapsologie ?
Comment articuler critique du monde du bien-être et du développement personnel et luttes collectives ?
Quels sujets et quel·les invité·es m’ont le plus fait avancer ?
Est ce que la maternité a décuplé ma colère / mon envie d'agir / mon éco-anxiété ?
Ce sont mes réponses aujourd’hui ; elles ne seront peut-être plus valables demain.
Dîtes moi si ça vous a plu, et si vous voulez que je fasse un autre épisode questions/réponses :)
Bonne année à vous !
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Podcast Comme un poisson dans l'eau de Victor Duran-Le Peuch - https://linktr.ee/poissonpodcast
Podcast Afrotopiques de Marie-Yemta Moussanang - https://linktr.ee/afrotopiques
Reportage Les nouveaux guerriers, Les pieds sur terre
Camille Teste, Politiser le bien-être
Podcast Yoga is Dead https://www.yogaisdeadpodcast.com/
The Nap Ministry https://thenapministry.com/
@camille_teste@selmasardouk@ayuyogaschool
@béné
@vietkrmpzh
@twoinou
@fatima_ouassak
Myriam Bahaffou
@Charlotte Puiseux
La cause animale est-elle soluble dans l’écologie ? Spécisme, égalité et solidarité
Pour le 4ème enregistrement en public de Présages à la REcyclerie, j’ai échangé avec Axelle Playoust-Braure, journaliste scientifique, autrice et spécialiste de l’antispécisme. Elle est co-autrice de Solidarité animale. Défaire la société spéciste (Ed. La Découverte)
A la suite d’un problème technique, le fichier son de l’enregistrement en public du 24 novembre a été endommagé :( Nous avons réenregistré l’entretien le 13 décembre 2023.
Si la "question animale" monte dans le débat public depuis quelques années, l'autonomie de la lutte antispéciste n'est pas encore reconnue comme telle ; ses enjeux sont mécompris, relégués au second plan, voire ridiculisés. Le spécisme, qui désigne une discrimination spécifique fondé sur le critère de l'espèce, est une organisation sociale qui hiérarchise les humains et non-humains.
Au même titre que les discriminations et violences raciales ou sexuelles, le spécisme prive de dignité et de droits des individus qui possèdent pourtant la faculté de sentir, penser, et souffrir.
Penser l'animalité comme une catégorie sociale et idéologique permet de comprendre comment elle a été construite par l'histoire.
Au-delà des enjeux écologiques et anticapitalistes de l'élevage industriel, comment penser la lutte antispéciste comme une question sociale et morale de premier plan ? Comment entretenir avec les animaux des relations sans rapport de possession et d'exploitation, dans une perspective politique d'égalité et de solidarité ?
Approfondir
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Solidarité animale. Défaire la société spéciste, éditions La Découverte, de Yves Bonnardel et Axelle Playoust-braure
Podcast Comme un poisson dans l'eau de Victor Duran-Le Peuch
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La politique sexuelle de la viande, Carol Adams
Manuel Cervera-Marzal est sociologue, spécialiste des mouvements sociaux.
Dans son livre "Résister : Petite histoire des luttes contemporaines", il dresse un panorama des luttes sociales depuis 2010, l’évolution de leurs enjeux, leur perception et leurs modes d’action.
Ces contestations ont connu de fortes mutations : un essoufflement des modes d'action traditionnels et une multiplication des actions "extra-légales" (sabotage, occupations, zones à défendre, désobéissance civile etc.). Des tactiques qui sont complémentaires, plutôt que contradictoires.
« Nous assistons à un tournant autoritaire de l’Etat de droit, à un tournant identitaire de l’idéologie républicaine, et à un tournant insurrectionnel des mobilisations sociales »
Ces mutations sont le résultat des contraintes sécuritaires imposées par l’État, qui fixe le degré de violence de la conflictualité sociale, et qui créé en retour une radicalisation de la contestation, dans un contexte où le pouvoir politique n’a jamais eu une confiance aussi faible.
Avec Manuel Cervera-Marzal, on parle de sociologie, de luttes et d’expérimentation.
Bonne écoute !
Suivre Présages
Entretien enregistré le 23 mai 2023
Approfondir :
Résister - Petite histoire des luttes contemporaines, Manuel Cervera-Marzal
Manuel Cervera-Marzal présente aussi une émission sur le site d’entretiens Hors Série
Depuis les années 60 est posé l’enjeu des limites au développement, de repenser la croissance dans un monde fini, afin de bifurquer vers une trajectoire soutenable. Le concept de décroissance, conçu dans une approche socialiste et émancipatrice pour tous•tes, est aujourd’hui récupéré de toutes parts, jusqu’à l’extrême-droite.
Malgré cette percée d’un idéal de sobriété, le techno-solutionnisme reste la forme dominante de pensée et d’action, proposant sans cesse de nouvelles innovations pour résoudre les problèmes qu’il contribue à créer.
Dans ce contexte, comment questionner démocratiquement le progrès et la domination technologique en remettant au centre les besoins, les principes d’égalité et d’émancipation de tous·tes ? Comment construire une critique collective de la technique et développer un “art de la fermeture” qui prenne en compte les vies hors de la norme dominante ?
Intervenant·es :
Alexandre Monnin, enseignant-chercheur, philosophe, auteur de Politiser le renoncement (Divergences)
Nastasia Hadjadji, journaliste, autrice de No Crypto, Comment Bitcoin a envoûté la planète (Divergences)
Le 13 septembre 2023, à la REcyclerie, on a parlé de technologie, de progrès, de crypto-actifs et de renoncement.
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