Comme toutes les semaines, nous retrouvons Albrecht Sonntag, professeur à l’ESSCA Ecole de Management, à Angers. Bonjour !
Déjà le sixième édito de confinement ! Aujourd’hui, vous souhaitez partager des souvenirs de propagande réussie. Je suis curieux d’entendre ça.
C’est que ces dernières semaines, il a beaucoup été question des « offensives de charme » et de campagnes de propagande, notamment de la part du gouvernement de la République Populaire de Chine, visiblement très intéressé à bénéficier de la crise sanitaire mondiale pour améliorer son image de marque respective auprès des populations cibles de leurs actions. C’est ce qu’on appelle la « diplomatie publique », une politique de communication qui s’adresse directement aux peuples plutôt qu’aux diplomates.
« Diplomatie publique », c’est un joli euphémisme pour dire « propagande », car c’est bien de cela qu’il s’agit. Peut-être a-t-il été inventé pour compenser le glissement sémantique du terme « propagande » de son sens originel – en gros, « ce qui doit être répandu, propagé par les mots, avec éloquence » – vers la signification de « manipulation à dessein sinistre » dans lequel nous le percevons aujourd’hui.
Jusqu’au début du XXème siècle, « faire sa propagande » était une expression parfaitement neutre, voire positivement connotée. Mais le « ministère de propagande » des Nazis et la perversion du langage perfectionnée par les régimes totalitaires et dont George Orwell a démontré l’absurdité grotesque, ont entièrement délégitimé ce mot.
Ceci dit, il y a bien deux sortes de propagande. Pour avoir été un enfant de la guerre froide dans un pays divisé, j’ai bien connu les deux. On pourrait même dire que j’en ai fait l’objet.