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En février 2024, un homme s’avance devant les salariés de Neuralink, l’entreprise d’Elon Musk spécialisée dans les interfaces cerveau-ordinateur. Il s’appelle Noland Arbaugh. Et il devient ce jour-là une figure historique : la première personne au monde à avoir reçu l’implant cérébral expérimental développé par la société. Huit ans plus tôt, en 2016, Noland Arbaugh a perdu l’usage de son corps à la suite d’un accident de plongée qui lui a déplacé deux vertèbres cervicales. Depuis cet accident, il ne ressent ni mouvement ni sensation sous les épaules.
Un mois avant cette conférence, il a subi une opération au Barrow Neurological Institute, à Phoenix, en Arizona. L’intervention a duré moins de deux heures et s’est déroulée sous anesthésie générale. Un robot chirurgical conçu par Neuralink a implanté dans son cerveau une puce expérimentale reliée à plus d’un millier d’électrodes extrêmement fines. Ces fils microscopiques sont connectés aux neurones. Le principe est relativement simple à expliquer. Grâce à ce système, Noland Arbaugh peut aujourd’hui effectuer plusieurs actions sans bouger les mains ni aucune autre partie du corps : jouer à des jeux vidéo comme Mario Kart, contrôler sa télévision ou encore allumer et éteindre certains appareils domestiques. Lors de ses premiers essais, il explique même avoir battu un record établi en 2017 concernant la vitesse et la précision du contrôle d’un curseur par interface cerveau-ordinateur.
Au sein de l’entreprise, il est connu sous le nom de « Participant 1 », ou « P1 ». Il fait aujourd’hui partie d’un groupe d’environ quatre-vingts personnes dans le monde ayant reçu ce type d’implant expérimental. Depuis janvier 2024, huit autres participants se sont inscrits aux essais cliniques de Neuralink, actuellement ouverts aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis. Tous les volontaires souffrent de paralysie ou de sclérose latérale amyotrophique, la maladie de Charcot.
Mais devenir le premier patient d’une technologie aussi médiatisée change aussi une vie.
Lui affirme que cette nouvelle agitation contraste fortement avec les années qui ont suivi son accident. Avant l’opération, explique-t-il, ses journées se résumaient souvent à rester éveillé la nuit et dormir le jour. « Je n’avais pas vraiment d’objectif », raconte-t-il. « J’attendais simplement que quelque chose se passe. » Aujourd’hui, il utilise son implant environ dix heures par jour pour travailler sur ordinateur, lire, jouer ou répondre à des interviews. Il a également repris des études dans un collège communautaire d’Arizona afin de suivre des cours préparatoires en neurosciences. Parallèlement, il a commencé à donner des conférences rémunérées et envisage de lancer sa propre activité. Pour lui, l’implant a transformé son quotidien. « J’ai l’impression d’avoir retrouvé du potentiel », explique-t-il. « Je pense que je l’ai toujours eu, mais maintenant j’ai un moyen de l’exprimer. »
Quelques semaines après l’implantation, un problème technique est apparu : certains fils électrodes se sont rétractés, ce qui a temporairement réduit sa capacité à contrôler l’interface. L’incident a ensuite été confirmé publiquement par Neuralink et rapporté par la presse. Selon Arbaugh, les ingénieurs ont finalement réussi à corriger la situation. Malgré cet épisode, il affirme rester convaincu du potentiel de la technologie. Il explique avoir accepté de rendre publique son expérience pour montrer ce que cette innovation pourrait permettre à l’avenir. Lors d’une réunion interne de l’entreprise, les responsables de Neuralink ont également évoqué les prochaines étapes. L’une d’elles concerne un projet baptisé « Blindsight », destiné à tester des implants capables d’aider certaines personnes aveugles à retrouver une forme de vision. Par ailleurs, l’entreprise développe des systèmes permettant de contrôler des bras robotiques.
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By Premier RegardEn février 2024, un homme s’avance devant les salariés de Neuralink, l’entreprise d’Elon Musk spécialisée dans les interfaces cerveau-ordinateur. Il s’appelle Noland Arbaugh. Et il devient ce jour-là une figure historique : la première personne au monde à avoir reçu l’implant cérébral expérimental développé par la société. Huit ans plus tôt, en 2016, Noland Arbaugh a perdu l’usage de son corps à la suite d’un accident de plongée qui lui a déplacé deux vertèbres cervicales. Depuis cet accident, il ne ressent ni mouvement ni sensation sous les épaules.
Un mois avant cette conférence, il a subi une opération au Barrow Neurological Institute, à Phoenix, en Arizona. L’intervention a duré moins de deux heures et s’est déroulée sous anesthésie générale. Un robot chirurgical conçu par Neuralink a implanté dans son cerveau une puce expérimentale reliée à plus d’un millier d’électrodes extrêmement fines. Ces fils microscopiques sont connectés aux neurones. Le principe est relativement simple à expliquer. Grâce à ce système, Noland Arbaugh peut aujourd’hui effectuer plusieurs actions sans bouger les mains ni aucune autre partie du corps : jouer à des jeux vidéo comme Mario Kart, contrôler sa télévision ou encore allumer et éteindre certains appareils domestiques. Lors de ses premiers essais, il explique même avoir battu un record établi en 2017 concernant la vitesse et la précision du contrôle d’un curseur par interface cerveau-ordinateur.
Au sein de l’entreprise, il est connu sous le nom de « Participant 1 », ou « P1 ». Il fait aujourd’hui partie d’un groupe d’environ quatre-vingts personnes dans le monde ayant reçu ce type d’implant expérimental. Depuis janvier 2024, huit autres participants se sont inscrits aux essais cliniques de Neuralink, actuellement ouverts aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis. Tous les volontaires souffrent de paralysie ou de sclérose latérale amyotrophique, la maladie de Charcot.
Mais devenir le premier patient d’une technologie aussi médiatisée change aussi une vie.
Lui affirme que cette nouvelle agitation contraste fortement avec les années qui ont suivi son accident. Avant l’opération, explique-t-il, ses journées se résumaient souvent à rester éveillé la nuit et dormir le jour. « Je n’avais pas vraiment d’objectif », raconte-t-il. « J’attendais simplement que quelque chose se passe. » Aujourd’hui, il utilise son implant environ dix heures par jour pour travailler sur ordinateur, lire, jouer ou répondre à des interviews. Il a également repris des études dans un collège communautaire d’Arizona afin de suivre des cours préparatoires en neurosciences. Parallèlement, il a commencé à donner des conférences rémunérées et envisage de lancer sa propre activité. Pour lui, l’implant a transformé son quotidien. « J’ai l’impression d’avoir retrouvé du potentiel », explique-t-il. « Je pense que je l’ai toujours eu, mais maintenant j’ai un moyen de l’exprimer. »
Quelques semaines après l’implantation, un problème technique est apparu : certains fils électrodes se sont rétractés, ce qui a temporairement réduit sa capacité à contrôler l’interface. L’incident a ensuite été confirmé publiquement par Neuralink et rapporté par la presse. Selon Arbaugh, les ingénieurs ont finalement réussi à corriger la situation. Malgré cet épisode, il affirme rester convaincu du potentiel de la technologie. Il explique avoir accepté de rendre publique son expérience pour montrer ce que cette innovation pourrait permettre à l’avenir. Lors d’une réunion interne de l’entreprise, les responsables de Neuralink ont également évoqué les prochaines étapes. L’une d’elles concerne un projet baptisé « Blindsight », destiné à tester des implants capables d’aider certaines personnes aveugles à retrouver une forme de vision. Par ailleurs, l’entreprise développe des systèmes permettant de contrôler des bras robotiques.
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