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"Quand on cherche, on ne trouve pas", me disait Katia l'autre jour, et j'en suis bien certain. Je crois l'avoir toujours su, inconsciemment, et il y a quelques années que je le sais, de façon consciente. J'en avais d'ailleurs parlé, à l'occasion de tours du Luxembourg.
Edgard Pisani aussi, pensait cela, qui me disait que, pour observer le monde, il aimait à le regarder les yeux mis-clos, pour mieux voir surgir les choses dans la sorte de brouillard où le plongeait sa myopie. Mylène aussi, d'ailleurs, dit cela.
Il y a dans ce phénomène une dimension physiologique : nos yeux sont faits pour guetter l'arrivée impromptue des bêtes féroces dont nous serions la proie et c'est sur le côté qu'ils distinguent le mieux le mouvement. D'en face, on voit bien le détail des choses mais c'est de côté qu'on distingue le mouvement et les étoiles filantes dans la nuit.
Et puis il y a ce que dit Simone Weil des études scolaires. Que, pour résoudre un problème, il ne faut pas se concentrer dessus mais l'observer de façon détournée, s'éloigner et s'approcher de lui dans une sorte de spirale, de mouvement de danse.
C'est encore une de ces vibrations des choses que j'aime tant : quand on cherche, on ne trouve pas et c'est quand on ne cherche pas qu'on trouve, dans un renversement dialectique et magique plein de charme et de grâce, et qui est peut-être un des visages de la Grâce.
Ne pas chercher, mais ne pas oublier cependant la question, l'interrogation, cette absence qui bée. Rester dans l'attention et l'éveil, pour être à même de voir ce qui, sinon, pourrait rester dans l'ombre et l'inaperçu. Faire effort pour demeurer dans cet entre-deux du monde où les choses ne sont pas rangées, tranquilles, dans des boites et des cases mais mouvantes, vibrantes, pleines de possibles surprises.
Tel est l'objet de cette improvisation.