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Quelques leçons du scrutin espagnol - Pascale Joannin [3/5]


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Depuis 1975, l’Espagne a toujours connu des gouvernements conduit par un seul parti, le PP à droite, le PSOE à gauche, en alternance (Gonzalez 82-96, Aznar 96-2004, Zapatero 2004-2011, Rajoy 2011- 2018). Depuis les élections de décembre 2015, il est toutefois devenu impossible pour ces deux partis de gouverner seul. 3 élections en 3 ans : la dernière en date du 28 avril dernier a vu le PSOE arriver en tête mais sans majorité absolue (28.7%). Son leader Pedro Sanchez devra donc composer un gouvernement de coalition, une première en Espagne. Plusieurs options sont sur la table. Soit une ouverture à gauche avec Podemos mais très incertaine car nécessitant une tierce partie prenante (partis régionalistes), soit une ouverture au centre avec Ciudadanos, loin d’être acquise.
Quel gouvernement va pouvoir former Sanchez ?
Une victoire à contre-courant dans une Europe où la gauche recule. Partout en Europe, la social-démocratie est à la peine (France, Italie, Allemagne, Pays-Bas) et les gouvernements dont le chef est issu de la gauche (PES) sont désormais peu nombreux (MT, PT, SK, ES, SW, RO). La victoire de Pedro Sanchez en est d’autant plus significative qu’elle se situe à contre courant de ce qui se passe en Europe. Certains en d’ailleurs fait « l’homme fort » de la gauche européenne.
Pour autant, cette victoire est aussi révélatrice de profonds changements à l’œuvre dans ce pays : la gauche monte car la droite subit une lorde défaite. Elle monte aussi car l’extrême gauche s’essouffle et, dans le même temps, le parti du centre Ciudadanos progresse (15.8%) et un parti extrême sur la droite de l’échiquier politique, Vox, fait son entrée au Parlement (10.2%). Pour se maintenir, il lui faudra sortir des discours habituels. [...]
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