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Or


Nous sommes aujourd’hui au milieu de la troisième semaine de confinement et chacun nous appelle à demeurer stoïques.
En réalité il ne faut pas confondre stoïque et stoïcien, même si les deux ont partie liée.
Qu’est-ce que le stoïcisme ?
On raconte qu’il a été fondé par Zénon de Citium (né en - 334 , mort en -262), un armateur qui alors qu’il faisait un jour escale au Pirée, tomba par hasard sur les « ouvrages socratiques ». Il s’agit bien entendu d’une image .
Toujours est-il qu’il ouvrit une école au Portique des Peintures. Portique se dit en grec stoé. En réalité il ne nous reste rien de cette doctrine que nous ne connaissons que par des citations d’auteurs postérieurs, notamment Cicéron.
Pour les stoïciens, Dieu étant la cause première de toutes choses, il dispose d’un plan pour le monde où tout ce qui nous arrive se trouve ordonné. Cet ordre les Stoïciens l’appellent « destin » et son but est la Providence.
Si pour les Stoïciens, la providence est l’autre visage de la nécessité, on verra qu’à la Renaissance, l’humanisme italien qui redécouvre la pensée stoïcienne en reprend le thème comme ce qui, adossé à la vertu, peut aboutir à la gloire.
Puisque Dieu décide de l’ordre du monde, l’homme ne peut plus agir que sur le domaine qui lui reste, à savoir son attitude intérieure. C’est autour d’elle que va se centrer la doctrine stoïcienne.
Le stoïcisme est parvenu jusqu’à nous moins par son aspect théorique que par les figures qui l’ont incarné.
Parmi celles-ci, Sénèque (4-65 de notre ère) qui fut le précepteur de Néron et que ce dernier condamna à mort comme l’illustrent le magnifique opéra de Monteverdi, le Couronnement de Poppée, ou le tableau de Luca Giordano, sa célèbre Mort de Sénèque ; l’empereur Marc Aurèle qui fonda à Athènes des chaires de philosophie et nous a laissé ses Pensées, et que le film Gladiator montrait comme un modèle de sagesse ou encore l’esclave Epictète. Il y eut aussi Montaigne et ses Essais ou le stoïcisme chrétien du XVIIème siècle.
C’est en réalité la partie morale de la philosophie stoïcienne qui est demeurée la plus présente.
Selon les stoïciens, l’homme doit vivre conformément à la nature. Ce qui signifie qu’il doit supporter les épreuves auxquelles il est confronté sans se révolter et sans même tenter de s’y opposer, tout simplement parce que lui-même n’a pas d’importance.
Pourquoi cela n’a-t-il pas d’importance ? Car lui-même ne compte pas pas plus que les choses qui l’entourent, lesquelles ne lui appartiennent pas et sur lesquelles il lui est impossible d’agir
Aussi la seule chose qui lui reste est d’accepter de vivre selon son destin.
On présente à juste titre le stoïcisme comme une philosophie de repli sur soi. Cela n’a pourtant pas empêcher Sénèque ou Marc Aurèle de se trouver pleinement engagés dans la vie de la cité. La sagesse ne signifie pas ignorer les autres. Si le sage dit Epictète, agit par amour pour lui-même c’est parce son intérêt rencontre celui des autres, l’intérêt général.
C’est donc cette philosophie que Sénèque transposera à Rome non sans avoir juger nécessaire d’adapter au pragmatisme romaine la philosophie grecque. Ses Lettres à Lucullius développent l’idée selon laquelle il est possible à l’homme de progresser vers la sagesse et que le fait même d’y aspirer est déjà en soi une forme de sagesse. Un siècle plus tard, les Pensées de Marc Aurèle mettent en lumière combien cette recherche de la sagesse demande de notre part de renoncements et d’efforts quotidiens Marguerite Yourcenar en donnera une magnifique version dans ses Mémoires d’Hadrien.
Comment expliquer que nous ayons garder autant de traces du stoïcisme au point, encore une fois, que ce terme fasse partie du langage courant ? L’une des explications tient dans l’attrait des stoïciens romains pour la littérature. Contrairement aux grecs en effet, ceux-ci ont accordé une importance capitale à l’art de bien parler, à l’éloquence. Celle-ci est à l’égal de la philosophie une manière de progresser dans la voie de la sagesse. C’est ce qui permettra au stoïcisme de devenir la philosophie de Rome par excellence.
By RCJNous sommes aujourd’hui au milieu de la troisième semaine de confinement et chacun nous appelle à demeurer stoïques.
En réalité il ne faut pas confondre stoïque et stoïcien, même si les deux ont partie liée.
Qu’est-ce que le stoïcisme ?
On raconte qu’il a été fondé par Zénon de Citium (né en - 334 , mort en -262), un armateur qui alors qu’il faisait un jour escale au Pirée, tomba par hasard sur les « ouvrages socratiques ». Il s’agit bien entendu d’une image .
Toujours est-il qu’il ouvrit une école au Portique des Peintures. Portique se dit en grec stoé. En réalité il ne nous reste rien de cette doctrine que nous ne connaissons que par des citations d’auteurs postérieurs, notamment Cicéron.
Pour les stoïciens, Dieu étant la cause première de toutes choses, il dispose d’un plan pour le monde où tout ce qui nous arrive se trouve ordonné. Cet ordre les Stoïciens l’appellent « destin » et son but est la Providence.
Si pour les Stoïciens, la providence est l’autre visage de la nécessité, on verra qu’à la Renaissance, l’humanisme italien qui redécouvre la pensée stoïcienne en reprend le thème comme ce qui, adossé à la vertu, peut aboutir à la gloire.
Puisque Dieu décide de l’ordre du monde, l’homme ne peut plus agir que sur le domaine qui lui reste, à savoir son attitude intérieure. C’est autour d’elle que va se centrer la doctrine stoïcienne.
Le stoïcisme est parvenu jusqu’à nous moins par son aspect théorique que par les figures qui l’ont incarné.
Parmi celles-ci, Sénèque (4-65 de notre ère) qui fut le précepteur de Néron et que ce dernier condamna à mort comme l’illustrent le magnifique opéra de Monteverdi, le Couronnement de Poppée, ou le tableau de Luca Giordano, sa célèbre Mort de Sénèque ; l’empereur Marc Aurèle qui fonda à Athènes des chaires de philosophie et nous a laissé ses Pensées, et que le film Gladiator montrait comme un modèle de sagesse ou encore l’esclave Epictète. Il y eut aussi Montaigne et ses Essais ou le stoïcisme chrétien du XVIIème siècle.
C’est en réalité la partie morale de la philosophie stoïcienne qui est demeurée la plus présente.
Selon les stoïciens, l’homme doit vivre conformément à la nature. Ce qui signifie qu’il doit supporter les épreuves auxquelles il est confronté sans se révolter et sans même tenter de s’y opposer, tout simplement parce que lui-même n’a pas d’importance.
Pourquoi cela n’a-t-il pas d’importance ? Car lui-même ne compte pas pas plus que les choses qui l’entourent, lesquelles ne lui appartiennent pas et sur lesquelles il lui est impossible d’agir
Aussi la seule chose qui lui reste est d’accepter de vivre selon son destin.
On présente à juste titre le stoïcisme comme une philosophie de repli sur soi. Cela n’a pourtant pas empêcher Sénèque ou Marc Aurèle de se trouver pleinement engagés dans la vie de la cité. La sagesse ne signifie pas ignorer les autres. Si le sage dit Epictète, agit par amour pour lui-même c’est parce son intérêt rencontre celui des autres, l’intérêt général.
C’est donc cette philosophie que Sénèque transposera à Rome non sans avoir juger nécessaire d’adapter au pragmatisme romaine la philosophie grecque. Ses Lettres à Lucullius développent l’idée selon laquelle il est possible à l’homme de progresser vers la sagesse et que le fait même d’y aspirer est déjà en soi une forme de sagesse. Un siècle plus tard, les Pensées de Marc Aurèle mettent en lumière combien cette recherche de la sagesse demande de notre part de renoncements et d’efforts quotidiens Marguerite Yourcenar en donnera une magnifique version dans ses Mémoires d’Hadrien.
Comment expliquer que nous ayons garder autant de traces du stoïcisme au point, encore une fois, que ce terme fasse partie du langage courant ? L’une des explications tient dans l’attrait des stoïciens romains pour la littérature. Contrairement aux grecs en effet, ceux-ci ont accordé une importance capitale à l’art de bien parler, à l’éloquence. Celle-ci est à l’égal de la philosophie une manière de progresser dans la voie de la sagesse. C’est ce qui permettra au stoïcisme de devenir la philosophie de Rome par excellence.