Dans le cadre des élections municipales nantaises, notre page “Questions d’Europe” dresse le portrait des candidates. Nous sommes avec Laurence Garnier, tête de liste de Mieux vivre à Nantes. L’occasion pour nous de vous questionner sur votre lien avec l’Europe. Bonjour Madame Garnier.
Première question : quelle figure européenne, historique ou actuelle, vous inspire le plus ?
« En réalité, Monnet et Schuman. Ce n’est pas très original, mais ce sont quand même les pères fondateurs de cette belle Europe que nous avons construite au fil des années et des décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Et je crois qu’aujourd’hui, l’Europe est certainement plus dans des questions de gestion ; moins dans des questions de vision, et je crois qu’on a besoin de retrouver ça. »
Quelle avancée européenne vous a le plus marquée ?
« La monnaie unique. Je me souviens très bien du premier retrait de billets de banque en euro, le 1er janvier 2002. J’avais fait un peu la fête, il était tôt dans cette nuit là [rires]. Je trouve que c’est magnifique. C’est une concrétisation, au quotidien, de cette Union européenne à laquelle on est tous tant attaché. »
Pouvez-vous me donner un lieu ou un monument nantais qui vous évoque l’Europe ?
« Je crois que Nantes est une ville qui a toute sa place en Europe et je trouve que justement, on ne le met pas suffisamment en avant. Alors quand je pense à Nantes et à l’Europe, j’ai plutôt envie de vous parler culture, événements culturels. On vient de vivre, il y a quelques semaines, la Folle journée de Nantes et beaucoup d’artistes viennent de tous les territoires européens. Que ce soit de l’Europe politique, institutionnelle telle qu’on la connaît : beaucoup d’artistes allemands, beaucoup d’artistes des pays de l’Est, des artistes espagnols aussi. Mais aussi une Europe plus géographique, puisqu’il y avait beaucoup de musiciens qui venaient de Russie. L’événement, j’ai envie de dire, qui me fait le plus ressentir cette Europe à Nantes ce serait la folle journée. »
Quelle place la ville de Nantes doit-elle avoir en Europe selon vous ?
« Alors d’abord, Nantes doit se donner les moyens de jouer dans la cour des grandes métropoles européennes. Je crois qu’il faut l’affirmer et c’est aussi le sens du projet que je porte avec toute mon équipe de Mieux vivre à Nantes ; notamment pour faire de Nantes demain la première ‘naturopole’ européenne, parce que je crois que Nantes a un modèle à proposer et à inventer, entre une forme de croissance effrénée, dont on voit aujourd’hui les limites, notamment sur le plan environnemental et écologique et puis une forme de décroissance, – d’abord que je ne partage pas et à laquelle je ne crois pas – qui en plus est irréaliste, puisque l’on sait qu’à l’avenir, à horizon 2050, 75% de la population mondiale vivra près des littoraux. Pour cela, il faut s’appuyer sur l’ensemble des communes de notre bassin de vie, pour mieux habiter le territoire, de manière plus équilibrée. Je crois que c’est à ça que les Nantais aspirent. Et je ne me résous pas à voir, en tant que vice-présidente de la Région, des territoires ruraux qui se sentent abandonnés, désertés ; des classes dans les écoles qui ferment tous les ans. Et puis nous, en tant que Nantais, qui regardons des immeubles de plus en plus serrés et de plus en plus hauts pousser année après année à Nantes. Je suis persuadée qu’il y a un autre modèle à inventer : qualité de vie, transition écologique, développement économique du territoire. »
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