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Question: Qui peut recevoir le baptême?
Réponse: La seule condition explicite donnée par la Parole de Dieu pour pouvoir recevoir le baptême est d’être disciple de Jésus-Christ. ~ Matthieu 28.19
Lisez l’introduction à cette doctrine ici
Le commandement de l’Écriture n’est pas « Faites disciples ceux que vous baptisez » mais plutôt « Baptisez ceux que vous faites disciples ». Bien sûr, les baptisés doivent continuer à être formés comme disciples (Mt 28.20), mais personne ne doit être baptisé avant d’être un disciple de Jésus-Christ. Comment reconnaître un disciple du Seigneur pour pouvoir le baptiser? Seulement lorsqu’il professe la foi et l’obéissance envers Christ (Ac 8.36-37). D’après la confession de foi, il n’existe aucune autre base prescrite sur laquelle le baptême peut être reçu ou donné. Ce point est important vis-à-vis de l’application du principe régulateur d’adoration.
(Par. 2) Ceux qui professent de fait la repentance envers Dieu et la foi et l’obéissance au Seigneur Jésus-Christ, sont les seuls sujets aptes à recevoir cette ordonnance.
Toutes les traditions chrétiennes reconnaissent la validité du baptême de croyant. L’enjeu concerne plutôt la validité du baptême des enfants qui ne professent pas encore la foi. Le but de cette étude ne sera donc pas de défendre le baptême de croyant, puisque personne ne conteste cette vérité. Le but de cette étude sera plutôt de défendre le baptême de croyant seulement. Pour établir cette défense, nous examinerons les justificatifs mis de l’avant pour administrer le baptême aux nourrissons.
La justification la plus ancienne pour le pédobaptême est la doctrine de la régénération baptismale. Si le baptême régénère et sauve, il est logique et légitime de baptiser des bébés. C’est sur cette base que l’Église chrétienne a pratiqué le baptême d’enfants pendant des siècles. L’Église réformée a cependant rejeté la doctrine de la régénération baptismale comme venant d’une erreur de la tradition que l’Écriture a éventuellement corrigée. Les réformés ont néanmoins conservé la pratique du baptême de bébé.
Pour justifier bibliquement cette pratique, les réformés pédobaptistes ont défini le baptême comme étant avant tout un signe d’appartenance à l’alliance. L’alliance de grâce, selon eux, contient non seulement les croyants, mais également leurs enfants. Tous ceux qui font partie de l’Église visible, qu’ils soient régénérés ou non, font partie de l’alliance selon eux. Le signe de cette alliance était appliqué aux enfants par la circoncision sous l’AT et continue de l’être par le baptême, qui remplace la circoncision, sous le NT. Ainsi, le baptême doit être appliqué à tous les membres de l’alliance, c’est-à-dire les croyants et les enfants sous leur autorité qui font partie de l’Église visible.
Cela est logique (pour ne pas dire théologique) mais est-ce biblique? Plusieurs arguments bibliques sont avancés pour démontrer le bien-fondé de cette doctrine et établir l’apostolicité du baptême d’enfants. Nous tenterons de synthétiser et de répondre aux principaux arguments en quatre catégories : (1) la continuité de l’alliance de grâce, (2) le parallèle entre la circoncision et le baptême, (3) la mise à part des croyants avec leurs enfants (4) l’inclusion de petits enfants dans le royaume par Jésus.
1. La continuité de l’alliance de grâce est un aspect central de la théologie réformée auquel les baptistes adhèrent. Nous contestons cependant l’identification étroite de l’alliance de grâce avec l’alliance abrahamique. Les pédobaptistes utilisent cette alliance avec le schéma suivant :
Nous contestons chacune des prémisses de ce syllogisme et nous rejetons sa conclusion. L’alliance abrahamique n’a pas été établie avec les croyants en général et leur postérité, mais avec Abraham spécifiquement et Sa postérité bien unique (Ga 3.16). Deuxièmement, il n’y a aucun doute que l’alliance abrahamique fut intimement reliée à l’alliance de grâce (Ga 3.17), mais elle comportait aussi un royaume et un héritage strictement terrestre (Gn 17.8). D’après Galates 4.22-31, deux alliances se chevauchèrent en Abraham : une alliance de servitude et une alliance de liberté. La postérité physique et la postérité spirituelle d’Abraham procèdent de ces deux alliances distinctes et ne possèdent pas le même héritage.
Il y aurait beaucoup à dire au sujet de l’alliance abrahamique et de sa relation avec l’alliance de grâce. Mais le point essentiel à retenir c’est que l’identification de l’alliance de la circoncision avec l’alliance de grâce est très incertaine. Une articulation plus nuancée des données bibliques est nécessaire et vient relativiser l’assertion d’une continuité directe entre la postérité d’Abraham et celle des croyants.
2. Le parallèle entre la circoncision et le baptême est déjà lourdement affaibli lorsque l’alliance abrahamique et l’alliance de grâce sont distinguées. Néanmoins, les pédobaptistes maintiennent que ce parallèle est établi par le NT en Colossiens 2.11-12 :
11 Et c’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision que la main n’a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair: 12 ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts.
La circoncision dont l’apôtre parle ici n’est pas celle qui est faite dans la chair, mais celle « que la main n’a pas faite », c’est-à-dire la circoncision du cœur. La circoncision physique ne trouve pas son accomplissement dans le baptême, mais dans la circoncision du cœur (cf. Rm 2.28-29). Le baptême n’est donné, d’après la théologie baptiste, qu’à ceux qui manifestent la circoncision du cœur par leur profession de foi.
Mais si la circoncision dans la chair pointait vers la nécessité d’être circoncis de cœur (Dt 30.6), le baptême ne pourrait-il pas aussi pointer vers la nécessité de mourir et ressusciter avec Christ? Autrement dit, ne pourrait-on pas baptiser des bébés qui sont appelés à expérimenter la réalité symbolisée dans le baptême comme c’était le cas avec la circoncision? La différence entre les deux signes est que la circoncision anticipait ce qui devait être fait tandis que le baptême déclare ce qui a déjà été fait. Les baptisés ne sont jamais considérés comme devant naître de nouveau, mais comme étant actuellement morts et ressuscités avec Christ (Rm 6.3-11). La circoncision était une ordonnance de la loi qui exigeait, mais ne donnait point, tandis que le baptême est une ordonnance de l’Évangile qui donne ce que Dieu ordonne (Rm 8.3-4). Confondre ces deux signes c’est risquer de confondre la loi et l’Évangile (Ga 5.2-6).
3. La mise à part des croyants avec leurs enfants est l’idée que non seulement les croyants font partie du peuple de Dieu, mais aussi leurs enfants puisque le royaume de Dieu intègre les structures familiales. Ainsi, lorsqu’un chef de famille se convertit, toute sa maisonnée suit et doit conséquemment recevoir le signe de l’alliance. Ce principe serait démontré par les baptêmes de maisonnées (Corneille en Ac 10.44-48 ; Lydie en Ac 16.14-15 ; le geôlier de Philippes en Ac 16.30-34 ; Crispus en Ac 18.8 ; Stéphanas en 1 Co 1.16). On fait également intervenir les textes d’Actes 2.39 et de 1 Corinthiens 7.14 dans la même logique voulant que les enfants de parents chrétiens soient héritiers de la promesse et saints et doivent donc être baptisés.
Concernant les baptêmes de maisonnées du NT, dans chacun des cas, nous voyons une famille entière qui croit et qui reçoit le salut avant d’être baptisée. Puisque Jésus prévoit que tous les membres d’une même famille ne seront pas toujours unis dans la foi (Mt 10.35-37), il est préférable d’affirmer que l’admission au baptême ne s’opérait pas de facto sur une base familiale, mais individuelle. Il est vraisemblable que tous les membres d’une maisonnée, enfants et serviteurs, aient suivi la foi de leur chef, mais il est improbable qu’ils aient été baptisés sans professer allégeance au Chef de la foi. Établir le baptême d’enfants sur la base des baptêmes de maisonnées, c’est ériger une pratique sur ce qui n’est pas explicitement révélé dans la Parole.
La promesse faite aux enfants en Actes 2.39 est le don du Saint-Esprit (Ac 2.33, 38). Ensuite, le baptême n’est appliqué qu’à ceux qui ont accueilli la Parole de Dieu (Ac 2.41) et cela parce qu’ils ont été efficacement appelés par l’Esprit. Cela n’est-il pas l’ordo salutis de base? Appliquer le signe de la promesse sans la réception de la promesse nous semble renverser l’ordre du salut : le signe ne précède pas le Sceau, mais le suit.
En ce qui concerne 1 Corinthiens 7.14, le contexte montre bien que la sainteté attribuée aux enfants des croyants ne confère pas plus un droit au baptême que ne le fait la sainteté attribuée au conjoint non-croyant. Dans ce passage, les termes « saints » et « sanctifiés » signifient simplement « légitimes » et non « consacrés à Dieu dans un sens religieux ». L’appendice sur le baptême qui accompagne la confession de foi fait remarquer qu’il serait étonnant que les Corinthiens se posent des questions sur la légitimité de leurs mariages mixtes et des enfants qui en résultent si ceux-ci avaient été baptisés par l’apôtre. C’est une remarque pertinente.
Le même appendice ajoute que même si on démontrait qu’une sainteté d’alliance appartenait aux enfants des chrétiens, ce qui n’est pas complètement ridicule puisqu’ils doivent être élevés « dans le Seigneur » (Ép 6.4), il n’en découle pour autant aucun commandement de les baptiser. Cette absence est très significative d’après l’appendice puisque : « Tout culte institué [incluant la pratique du baptême] tient son autorité du précepte, et c’est le précepte qui doit en régler toutes les circonstances nécessaires. »
4. L’inclusion de petits enfants dans le royaume par Jésus s’ajoute aux autres arguments avancés par les pédobaptistes. Jésus a béni les jeunes enfants qu’on lui apportait et a déclaré que le royaume était pour ceux qui leur ressemblent (Mt 19.13-15). Certains considèrent qu’en faisant cela, Jésus a admis ces enfants dans son royaume et qu’il faut conséquemment les baptiser. C’est une déduction qui nous apparaît à nouveau dépasser significativement ce que l’Écriture dit. Jésus a bien montré qu’il fallait accueillir les enfants qui sont au milieu de ses disciples et que ceux-ci ne devaient pas mépriser les petits, mais apprendre à devenir comme eux (Mt 18.1-10). Cet accueil des petits enfants ne change en rien les modalités d’administrations du baptême. Cette ordonnance ne doit pas être appliquée aux enfants avant qu’ils ne professent leur foi en Jésus (Mt 18.6). Et les disciples doivent tout faire pour conduire les enfants qui sont au milieu d’eux à Jésus et, par la suite, au baptême. Alors seulement ils pourront être considérés comme des membres à part entière du royaume au milieu duquel ils sont grandis.
1757 mots
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Réponse: La seule condition explicite donnée par la Parole de Dieu pour pouvoir recevoir le baptême est d’être disciple de Jésus-Christ. ~ Matthieu 28.19
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Le commandement de l’Écriture n’est pas « Faites disciples ceux que vous baptisez » mais plutôt « Baptisez ceux que vous faites disciples ». Bien sûr, les baptisés doivent continuer à être formés comme disciples (Mt 28.20), mais personne ne doit être baptisé avant d’être un disciple de Jésus-Christ. Comment reconnaître un disciple du Seigneur pour pouvoir le baptiser? Seulement lorsqu’il professe la foi et l’obéissance envers Christ (Ac 8.36-37). D’après la confession de foi, il n’existe aucune autre base prescrite sur laquelle le baptême peut être reçu ou donné. Ce point est important vis-à-vis de l’application du principe régulateur d’adoration.
(Par. 2) Ceux qui professent de fait la repentance envers Dieu et la foi et l’obéissance au Seigneur Jésus-Christ, sont les seuls sujets aptes à recevoir cette ordonnance.
Toutes les traditions chrétiennes reconnaissent la validité du baptême de croyant. L’enjeu concerne plutôt la validité du baptême des enfants qui ne professent pas encore la foi. Le but de cette étude ne sera donc pas de défendre le baptême de croyant, puisque personne ne conteste cette vérité. Le but de cette étude sera plutôt de défendre le baptême de croyant seulement. Pour établir cette défense, nous examinerons les justificatifs mis de l’avant pour administrer le baptême aux nourrissons.
La justification la plus ancienne pour le pédobaptême est la doctrine de la régénération baptismale. Si le baptême régénère et sauve, il est logique et légitime de baptiser des bébés. C’est sur cette base que l’Église chrétienne a pratiqué le baptême d’enfants pendant des siècles. L’Église réformée a cependant rejeté la doctrine de la régénération baptismale comme venant d’une erreur de la tradition que l’Écriture a éventuellement corrigée. Les réformés ont néanmoins conservé la pratique du baptême de bébé.
Pour justifier bibliquement cette pratique, les réformés pédobaptistes ont défini le baptême comme étant avant tout un signe d’appartenance à l’alliance. L’alliance de grâce, selon eux, contient non seulement les croyants, mais également leurs enfants. Tous ceux qui font partie de l’Église visible, qu’ils soient régénérés ou non, font partie de l’alliance selon eux. Le signe de cette alliance était appliqué aux enfants par la circoncision sous l’AT et continue de l’être par le baptême, qui remplace la circoncision, sous le NT. Ainsi, le baptême doit être appliqué à tous les membres de l’alliance, c’est-à-dire les croyants et les enfants sous leur autorité qui font partie de l’Église visible.
Cela est logique (pour ne pas dire théologique) mais est-ce biblique? Plusieurs arguments bibliques sont avancés pour démontrer le bien-fondé de cette doctrine et établir l’apostolicité du baptême d’enfants. Nous tenterons de synthétiser et de répondre aux principaux arguments en quatre catégories : (1) la continuité de l’alliance de grâce, (2) le parallèle entre la circoncision et le baptême, (3) la mise à part des croyants avec leurs enfants (4) l’inclusion de petits enfants dans le royaume par Jésus.
1. La continuité de l’alliance de grâce est un aspect central de la théologie réformée auquel les baptistes adhèrent. Nous contestons cependant l’identification étroite de l’alliance de grâce avec l’alliance abrahamique. Les pédobaptistes utilisent cette alliance avec le schéma suivant :
Nous contestons chacune des prémisses de ce syllogisme et nous rejetons sa conclusion. L’alliance abrahamique n’a pas été établie avec les croyants en général et leur postérité, mais avec Abraham spécifiquement et Sa postérité bien unique (Ga 3.16). Deuxièmement, il n’y a aucun doute que l’alliance abrahamique fut intimement reliée à l’alliance de grâce (Ga 3.17), mais elle comportait aussi un royaume et un héritage strictement terrestre (Gn 17.8). D’après Galates 4.22-31, deux alliances se chevauchèrent en Abraham : une alliance de servitude et une alliance de liberté. La postérité physique et la postérité spirituelle d’Abraham procèdent de ces deux alliances distinctes et ne possèdent pas le même héritage.
Il y aurait beaucoup à dire au sujet de l’alliance abrahamique et de sa relation avec l’alliance de grâce. Mais le point essentiel à retenir c’est que l’identification de l’alliance de la circoncision avec l’alliance de grâce est très incertaine. Une articulation plus nuancée des données bibliques est nécessaire et vient relativiser l’assertion d’une continuité directe entre la postérité d’Abraham et celle des croyants.
2. Le parallèle entre la circoncision et le baptême est déjà lourdement affaibli lorsque l’alliance abrahamique et l’alliance de grâce sont distinguées. Néanmoins, les pédobaptistes maintiennent que ce parallèle est établi par le NT en Colossiens 2.11-12 :
11 Et c’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision que la main n’a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair: 12 ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts.
La circoncision dont l’apôtre parle ici n’est pas celle qui est faite dans la chair, mais celle « que la main n’a pas faite », c’est-à-dire la circoncision du cœur. La circoncision physique ne trouve pas son accomplissement dans le baptême, mais dans la circoncision du cœur (cf. Rm 2.28-29). Le baptême n’est donné, d’après la théologie baptiste, qu’à ceux qui manifestent la circoncision du cœur par leur profession de foi.
Mais si la circoncision dans la chair pointait vers la nécessité d’être circoncis de cœur (Dt 30.6), le baptême ne pourrait-il pas aussi pointer vers la nécessité de mourir et ressusciter avec Christ? Autrement dit, ne pourrait-on pas baptiser des bébés qui sont appelés à expérimenter la réalité symbolisée dans le baptême comme c’était le cas avec la circoncision? La différence entre les deux signes est que la circoncision anticipait ce qui devait être fait tandis que le baptême déclare ce qui a déjà été fait. Les baptisés ne sont jamais considérés comme devant naître de nouveau, mais comme étant actuellement morts et ressuscités avec Christ (Rm 6.3-11). La circoncision était une ordonnance de la loi qui exigeait, mais ne donnait point, tandis que le baptême est une ordonnance de l’Évangile qui donne ce que Dieu ordonne (Rm 8.3-4). Confondre ces deux signes c’est risquer de confondre la loi et l’Évangile (Ga 5.2-6).
3. La mise à part des croyants avec leurs enfants est l’idée que non seulement les croyants font partie du peuple de Dieu, mais aussi leurs enfants puisque le royaume de Dieu intègre les structures familiales. Ainsi, lorsqu’un chef de famille se convertit, toute sa maisonnée suit et doit conséquemment recevoir le signe de l’alliance. Ce principe serait démontré par les baptêmes de maisonnées (Corneille en Ac 10.44-48 ; Lydie en Ac 16.14-15 ; le geôlier de Philippes en Ac 16.30-34 ; Crispus en Ac 18.8 ; Stéphanas en 1 Co 1.16). On fait également intervenir les textes d’Actes 2.39 et de 1 Corinthiens 7.14 dans la même logique voulant que les enfants de parents chrétiens soient héritiers de la promesse et saints et doivent donc être baptisés.
Concernant les baptêmes de maisonnées du NT, dans chacun des cas, nous voyons une famille entière qui croit et qui reçoit le salut avant d’être baptisée. Puisque Jésus prévoit que tous les membres d’une même famille ne seront pas toujours unis dans la foi (Mt 10.35-37), il est préférable d’affirmer que l’admission au baptême ne s’opérait pas de facto sur une base familiale, mais individuelle. Il est vraisemblable que tous les membres d’une maisonnée, enfants et serviteurs, aient suivi la foi de leur chef, mais il est improbable qu’ils aient été baptisés sans professer allégeance au Chef de la foi. Établir le baptême d’enfants sur la base des baptêmes de maisonnées, c’est ériger une pratique sur ce qui n’est pas explicitement révélé dans la Parole.
La promesse faite aux enfants en Actes 2.39 est le don du Saint-Esprit (Ac 2.33, 38). Ensuite, le baptême n’est appliqué qu’à ceux qui ont accueilli la Parole de Dieu (Ac 2.41) et cela parce qu’ils ont été efficacement appelés par l’Esprit. Cela n’est-il pas l’ordo salutis de base? Appliquer le signe de la promesse sans la réception de la promesse nous semble renverser l’ordre du salut : le signe ne précède pas le Sceau, mais le suit.
En ce qui concerne 1 Corinthiens 7.14, le contexte montre bien que la sainteté attribuée aux enfants des croyants ne confère pas plus un droit au baptême que ne le fait la sainteté attribuée au conjoint non-croyant. Dans ce passage, les termes « saints » et « sanctifiés » signifient simplement « légitimes » et non « consacrés à Dieu dans un sens religieux ». L’appendice sur le baptême qui accompagne la confession de foi fait remarquer qu’il serait étonnant que les Corinthiens se posent des questions sur la légitimité de leurs mariages mixtes et des enfants qui en résultent si ceux-ci avaient été baptisés par l’apôtre. C’est une remarque pertinente.
Le même appendice ajoute que même si on démontrait qu’une sainteté d’alliance appartenait aux enfants des chrétiens, ce qui n’est pas complètement ridicule puisqu’ils doivent être élevés « dans le Seigneur » (Ép 6.4), il n’en découle pour autant aucun commandement de les baptiser. Cette absence est très significative d’après l’appendice puisque : « Tout culte institué [incluant la pratique du baptême] tient son autorité du précepte, et c’est le précepte qui doit en régler toutes les circonstances nécessaires. »
4. L’inclusion de petits enfants dans le royaume par Jésus s’ajoute aux autres arguments avancés par les pédobaptistes. Jésus a béni les jeunes enfants qu’on lui apportait et a déclaré que le royaume était pour ceux qui leur ressemblent (Mt 19.13-15). Certains considèrent qu’en faisant cela, Jésus a admis ces enfants dans son royaume et qu’il faut conséquemment les baptiser. C’est une déduction qui nous apparaît à nouveau dépasser significativement ce que l’Écriture dit. Jésus a bien montré qu’il fallait accueillir les enfants qui sont au milieu de ses disciples et que ceux-ci ne devaient pas mépriser les petits, mais apprendre à devenir comme eux (Mt 18.1-10). Cet accueil des petits enfants ne change en rien les modalités d’administrations du baptême. Cette ordonnance ne doit pas être appliquée aux enfants avant qu’ils ne professent leur foi en Jésus (Mt 18.6). Et les disciples doivent tout faire pour conduire les enfants qui sont au milieu d’eux à Jésus et, par la suite, au baptême. Alors seulement ils pourront être considérés comme des membres à part entière du royaume au milieu duquel ils sont grandis.
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