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Or


Ton esprit se brouille – ta respiration accélère – tes yeux sʹinjectent de sang – ton visage se tord. Parce quʹon inflige, à toi ou à dʹautres, ce qui ne devrait jamais être infligé : lʹinjustice, lʹabus. En colère tu fais peur - et la colère pourrait tʹentraîner à commettre lʹirréparable.
Lʹoiseau – incarnation frissonnante de lʹâme – dès lʹʹéclosion. Et sous la courbe du vol, la courbure même de la terre.
Les ombrages: lʹabri que les bois offrent à ton âme. Le refuge que les feuillages étendent sur ta solitude ombrageuse. Un chevreuil bondit, sʹarrête - te regarde -
Lʹenfance. Tendre, vulnérable. Animale. Sauvage. Lʹenfance cruelle, égoïste, colérique. Lʹenfance qui attendrit, qui dérange. L'enfance que l'on n'écoute pas.
Effraies, chevêches, grand-ducs. Harfangs blancs comme neige. Silence de l'envol au crépuscule. La chouette clouée aux portes des maisons pour effrayer le malheur lui-même. Hiboux: intelligence de la nuit, sagesse de la contemplation des ténèbres. J'ai demandé à la musique de me dire Quoi - les rapaces nocturnes.
Ce serait une rêverie. Elle serait faite de musique, de mots. Il y aurait des cloches et des marteaux, des formes sonores de gargouilles. Il y aurait le vertige. Les époques et les esthétiques sʹy confondraient, ce serait à la fois très pur et très impur. Ca serait lourd comme une institution et aérien comme les funambules qui au Moyen-Âge émerveillaient chacun en évoluant au soleil sur une fine corde, tendue entre les deux beffrois….
Parler aux animaux. Parler avec les animaux. Comme Orphée. Comme François d'Assise. Comme toi quand tu parles à un chat. Comme les enfants. Parler avec toute la communauté des vivants. Chants d'éleveuses suédoises, expériences chamaniques amazoniennes. Des vièles qui parlent la langue des loups, des gens qui parlent à leur toutou...
La vie – ce temps donné entre la naissance et lʹultime porte, le dernier soupir -- principe, souffle, animation, croissance - un début, une fin.
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