Tout coule ! On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Deux citations attribués au philosophe antique Héraclite qui indiquait déjà à son époque : rien n’est permanent, tout passe, tout s’écoule. Et lorsque l’on regarde notre quotidien, notre lieu de vie : qui peut vraiment percevoir les infimes transformations qui font qu’un trottoir, une façade change peu à peu pour devenir un autre trottoir une autre façade ? Mais pour pouvoir dire que chaque chose passe, il faut bien trouver un tout qui lui demeure, un identique lit de rivière dans lequel les fleuves passent et ne se ressemblent pas. Pour tromper cette impermanence des choses l’être humain s’est doté d’une faculté merveilleuse : la mémoire. La mémoire institutionnelle : un anniversaire, une commémoration, une archive. Et puis une mémoire plus subjective : un son, une image, une odeur. Se rappeler du monde d’hier pour trouver dans le passage infini du temps quelque chose qui reste : malgré les travaux publics et aménagements divers garder l’âme d’un quartier dans ses souvenirs, dans une histoire collective faite de pleins de petites histoires. Comment rendre compte de cette foule de vécus subjectifs pour faire le portrait d’un quartier qui n’est chaque fois, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre ?
Avec Clémence Cullic, réalisatrice sonore, et Benoît Gomez, photographe.
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