Cette franciscaine morave (pas de lien de famille avec le célèbre écrivain) infirmière dans un hôpital catholique, est pleine de défauts et de faiblesses, répond à sa supérieure, et parfois arrogante avec les autres ; pire, elle a peur de la mort et le dit ! Mais quand les nazis vinrent enlever les croix de son hôpital pour les remplacer par des croix gammées, elle enlève celles-ci et remet la croix du Christ dans les salles et au bloc d’opération. Ceci lui vaut d’être arrêtée, et comme on trouve dans sa cellule ce vers d’un petit poème : « Mein Führer ist Christ » (« Mon Führer, c’est le Christ »), on la jette en prison. Dans cette prison national-socialiste, le lait et le beurre sont réservés aux personnes de « sang allemand » ; les autres n'y ont pas droit. Sœur Restituta partage sa portion avec des femmes non-allemandes, juives et les autres. À celles qui passent leur temps à se plaindre et à proférer des paroles de désespoir, elle dit : « Cela finira bien, tout finira bien ; le mal ne peut pas vaincre ». Lorsque le bruit se répand qu'elle va être jugée, toutes ses codétenues reprennent son refrain : «Cela finira bien; nous prierons pour toi » , même celles qui se disent athées. Mais elle leur répond tranquillement : « Non, moi je ne reviendrai pas, je vais mourir » . Elle est effectivement condamnée à mort pour son geste et le poème trouvé dans sa cellule. Dans le couloir de la mort, la veille de son exécution, le 30 mars 1943, elle semble craquer et se met à pleurer. Sa codétenue, une jeune femme communiste incroyante terrorisée par la peur de la mort et qu’elle a conduit vers le Christ, essaye de la consoler. Soudain Sr Restituta en prend conscience. Elle lui dit : « Je ne pleure pas parce que je dois mourir. Je pleure de joie parce que toi, tu vas vivre, j’en ai la certitude... Pour le Christ, j'ai vécu ; pour le Christ, je veux mourir et je mourrai ». Quelle espérance pour l’autre ! Qui se réalisera, tandis que Sr Restituta est décapitée. Jean-Paul II en la béatifiant a dit d’elle : Une autre chose rend les Bienheureux si attirants : leur vie nous montre que leurs personnalités connurent une maturation progressive. De même, votre vie doit elle aussi devenir un fruit mûr ». Cette maturation a un nom : l’espérance, vertu théologale qui du point de départ, la foi, nous met en chemin vers ce qui seul demeurera pour l’éternité, la charité.