Je le vis bien, tout en réalisant que je fais ainsi partie d’un groupe privilégié, qui est en position de maintenir un semblant de rythme de vie habituelle, du moins sur le plan professionnel. C’est déjà beaucoup, en cette période paradoxale, où le rapport au temps se voit insidieusement dérèglé. Une période à la fois de rupture radicale et de continuité têtue. On s’adapte aux contraintes soudainement imposées, tout en s’accrochant aux quelques habitudes qu’on arrive à préserver. Et on commence à réaliser que les anthropologues et ethnologues ont bien raison d’attacher autant d’importance aux rites et rituels les plus divers, mais qui ont tous en commun d’être récurrents.