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Robert Schuman, apôtre de l’Europe
Les ravages du XXe siècle ont marqué les terres européennes au fer rouge. La hantise contemporaine de replonger dans une violence débridée, crainte réactivée par la guerre en Ukraine, nécessite de réinvestir le discours de filiation qui légitime l’histoire de l’Europe communautaire, Europe communautaire née de figures tutélaires, en particulier, en ce mois de mai, celle de l’apôtre de l’Europe, Robert Schuman.
L’unification de l’Europe, initiée par la Déclaration Schuman du 9 mai 1950 qui proposait de placer sous une autorité commune les industries lourdes, charbonnages et sidérurgie, essentielles au secteur de l’armement, se voulait non comme une fin en soi mais comme un moyen pour garantir la paix.
En effet, la paix fût une préoccupation naturelle chez Robert Schuman, comme homme des frontières sensible à la diversité et aux particularismes, comme homme de double culture française et allemande et enfin comme homme d’éthique chrétienne attaché aux valeurs de paix, de fraternité et de solidarité.
Robert Schuman est né Allemand en 1886. Il n’acquiert la nationalité française qu’à l’âge de 32 ans, après la réintégration de l’Alsace et de la Moselle à la France, en 1919. En 1912, il devient avocat à Metz, ville lorraine alors annexée au Reich. Durant la Grande Guerre, il est enrôlé dans les services administratifs de l’armée allemande. En 1919, il débute une carrière de parlementaire français de centre-droit en tant que membre de la démocratie - chrétienne.
Entre juillet 1948 et janvier 1953, devenu ministre des Affaires étrangères, la paix est devenue son objectif principal dans le contexte de la Guerre froide. Pour Robert Schuman, la France doit renoncer à la politique punitive à l’encontre de l’Allemagne fédérale pour désormais garantir la paix par une politique de réconciliation dont l’instrument sera le projet de Communauté européenne du charbon et de l’acier du 9 mai 1950. Le traité de Paris, signé le 18 avril 1951, institue la CECA et la définit, à la fois, comme une révolution pacifique marquant la fin d’une période belliqueuse de l’histoire européenne et comme l’œuvre fondatrice, bien plus que les nombreux autres projets et organisations de l’après-guerre, tels le Conseil de l’Europe ou l’Organisation Européenne de Coopération Economique.
Mère des communautés européennes, la CECA porte les idéaux associés à la construction de l’Europe communautaire : paix, réconciliation, Etat de droit, démocratie libérale, solidarité. Ces aspirations furent partagées par les porteurs du projet européen, les Pères fondateurs : Konrad Adenauer pour l’Allemagne fédérale, Paul-Henri Spaak pour la Belgique, Alcide de Gasperi pour l’Italie, Joseph Bech pour le Luxembourg, Jan Willem Beyen pour les Pays-Bas et Robert Schuman pour la France.
Ainsi, par son initiative politique du 9 mai 1950, Robert Schuman avait affirmé une conception exigeante de la paix qui ne se voulait pas seulement absence de guerre mais processus volontariste et positif passant par la solidarité, la coopération, la compréhension mutuelle, les concessions réciproques et la bonne foi de tous les partenaires étatiques. Il estimait donc que la paix positive devait être conquise par des efforts importants car elle est la condition de la liberté, de la démocratie et de la prospérité. Il était convaincu que l’unification de l’Europe occidentale constituait un pas décisif vers cette paix positive car cette entreprise pacifique, fondée sur l’interdépendance, devait mettre un terme aux antagonismes hérités du passé et devait empêcher les résurgences du nationalisme et les volontés de revanche.
Par conséquent, les logiques philosophique et politique de Robert Schuman attestent que la réconciliation constitue l’une des caractéristiques majeures du modèle européen. C’est donc précisément la trame historique de cette réconciliation qui justifie la valeur ajoutée de l'Union européenne.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
By Stéphan AllanicRobert Schuman, apôtre de l’Europe
Les ravages du XXe siècle ont marqué les terres européennes au fer rouge. La hantise contemporaine de replonger dans une violence débridée, crainte réactivée par la guerre en Ukraine, nécessite de réinvestir le discours de filiation qui légitime l’histoire de l’Europe communautaire, Europe communautaire née de figures tutélaires, en particulier, en ce mois de mai, celle de l’apôtre de l’Europe, Robert Schuman.
L’unification de l’Europe, initiée par la Déclaration Schuman du 9 mai 1950 qui proposait de placer sous une autorité commune les industries lourdes, charbonnages et sidérurgie, essentielles au secteur de l’armement, se voulait non comme une fin en soi mais comme un moyen pour garantir la paix.
En effet, la paix fût une préoccupation naturelle chez Robert Schuman, comme homme des frontières sensible à la diversité et aux particularismes, comme homme de double culture française et allemande et enfin comme homme d’éthique chrétienne attaché aux valeurs de paix, de fraternité et de solidarité.
Robert Schuman est né Allemand en 1886. Il n’acquiert la nationalité française qu’à l’âge de 32 ans, après la réintégration de l’Alsace et de la Moselle à la France, en 1919. En 1912, il devient avocat à Metz, ville lorraine alors annexée au Reich. Durant la Grande Guerre, il est enrôlé dans les services administratifs de l’armée allemande. En 1919, il débute une carrière de parlementaire français de centre-droit en tant que membre de la démocratie - chrétienne.
Entre juillet 1948 et janvier 1953, devenu ministre des Affaires étrangères, la paix est devenue son objectif principal dans le contexte de la Guerre froide. Pour Robert Schuman, la France doit renoncer à la politique punitive à l’encontre de l’Allemagne fédérale pour désormais garantir la paix par une politique de réconciliation dont l’instrument sera le projet de Communauté européenne du charbon et de l’acier du 9 mai 1950. Le traité de Paris, signé le 18 avril 1951, institue la CECA et la définit, à la fois, comme une révolution pacifique marquant la fin d’une période belliqueuse de l’histoire européenne et comme l’œuvre fondatrice, bien plus que les nombreux autres projets et organisations de l’après-guerre, tels le Conseil de l’Europe ou l’Organisation Européenne de Coopération Economique.
Mère des communautés européennes, la CECA porte les idéaux associés à la construction de l’Europe communautaire : paix, réconciliation, Etat de droit, démocratie libérale, solidarité. Ces aspirations furent partagées par les porteurs du projet européen, les Pères fondateurs : Konrad Adenauer pour l’Allemagne fédérale, Paul-Henri Spaak pour la Belgique, Alcide de Gasperi pour l’Italie, Joseph Bech pour le Luxembourg, Jan Willem Beyen pour les Pays-Bas et Robert Schuman pour la France.
Ainsi, par son initiative politique du 9 mai 1950, Robert Schuman avait affirmé une conception exigeante de la paix qui ne se voulait pas seulement absence de guerre mais processus volontariste et positif passant par la solidarité, la coopération, la compréhension mutuelle, les concessions réciproques et la bonne foi de tous les partenaires étatiques. Il estimait donc que la paix positive devait être conquise par des efforts importants car elle est la condition de la liberté, de la démocratie et de la prospérité. Il était convaincu que l’unification de l’Europe occidentale constituait un pas décisif vers cette paix positive car cette entreprise pacifique, fondée sur l’interdépendance, devait mettre un terme aux antagonismes hérités du passé et devait empêcher les résurgences du nationalisme et les volontés de revanche.
Par conséquent, les logiques philosophique et politique de Robert Schuman attestent que la réconciliation constitue l’une des caractéristiques majeures du modèle européen. C’est donc précisément la trame historique de cette réconciliation qui justifie la valeur ajoutée de l'Union européenne.
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