
Sign up to save your podcasts
Or


J'aimerais que ma sensibilité soit une force, un atout inébranlable auquel me fier, un marche-pied solidement ancré vers l'arbre de la créativité. J'y cueillerai des rimes subtiles entre ses odorantes feuilles abondantes. Je me bercerais au milieu de mots lyriques nourris d'une sève chatoyante, à l'image des toiles des artistes coloristes exposé.e.s à la lumière éclatante du Sud. À l'ombre d'un figuier, mes lettres se parfumeraient de garrigue, de lavande et chanteraient les cigales, le soleil, la mer, peut-être aussi l'océan et son lointain ressac. Ou une timide rivière qui mène à une arche de pierre au cœur d'un vallon secret.
"Sea, sex and burn" à coup de "Boys, boys, boys" dans la piscine, la joie innocente des batailles dans l'eau chlorée et de la fête de l'insouciance au milieu des champs de blé fauché. Canard en plastique et bouée de bain licorne multicolore. Plumes, paillettes et plateform shoes.
Mais ma sensibilité, exacerbée par toutes mes sensorialités exaltées, se confronte au monde extérieur avec fracas. Le miroir intérieur s'étoile et les éclats fragilisent mon cœur, ma peau déjà à vif, irritée par la violence des échanges sociaux et les atrocités qui se multiplient. La lumière éclatante me brûle les pupilles et je me réfugie dans les brumes mystiques, le brouillard inquiétant qui joue avec les corps en les rendant éthérés, chimériques. Mélange du végétal, du minéral, de l'animal. Un seul être. Sauvage. Dryade, sorcière, nymphe, sirène ou encore renarde de feu... peu importe la forme pourvu qu'elle soit mêlée au Vivant et à la divine imagination issue du puits créatif commun.
L'imagination, la Reine des facultés...
Malaise.
Réalité avilissante.
Comment faire cohabiter deux opposés ?
Comment jongler entre deux états d'être ?
Lumière ou ombre.
Spleen mélancolique face à extase mystique.
Matérialité prosaïque contre imaginaire poétique.
Comment jongler entre deux polarités ?
Un pied de chaque côté d'un ravin sinueux et insondable.
Grand écart fragile, sur la pointe des pieds, prête à glisser au moindre faux pas... écartelée...
Et l'appel du vide qui menace. Le néant qui guette, tapi dans l'obscurité, résolu à surgir brutalement pour me lacérer de ses serres acérées et m'engloutir dans son ventre abyssal.
(Déglutition.)
Comment ne pas me perdre sur mon chemin ni être influencée par toutes les sources de stimulations, d'informations ? Dopamine à outrance et scroll infini.
Comment trouver ma place d'objecteuse de croissance dans le trou noir du capitalisme exponentiel, irrationnel et individualiste ? Sourd à l'amour.
J'étouffe dans cette société manichéenne qui ne cherche que le profit, le pouvoir, le clivage, en dépit des vies massacrées, opprimées, asservies à un jeu mortifère. Celui de la domination des minorités. Asservissement des masses.
Une décision obligatoire.
Injonction d'un choix raisonné.
L'un
Ou
L'autre
Marche
Ou
Crève
Binarité inculquée, réductrice et cloisonnée.
Pourquoi ne pas simplement accepter chaque partie telle qu'elle est, avec bienveillance, sans la remettre en question indéfiniment ? Laisser s'étioler les jugements haineux et ouvrir son cœur à la différence. Cette différence qui nous rassemble. Nous enrichit. L'autre est un cadeau.
À la force de l'esprit, mêler les deux pôles pour se ressourcer, créer une vie à son image, loin du diktat des injonctions sociales et sociétales. Loin de l'horreur humaine inhumaine et rallumer une lueur d'espoir dans le cœur des âmes égarées, errantes, dans le labyrinthe de leur psyché tourmentée.
La suite sur mon site
By Jessie A. ChevinJ'aimerais que ma sensibilité soit une force, un atout inébranlable auquel me fier, un marche-pied solidement ancré vers l'arbre de la créativité. J'y cueillerai des rimes subtiles entre ses odorantes feuilles abondantes. Je me bercerais au milieu de mots lyriques nourris d'une sève chatoyante, à l'image des toiles des artistes coloristes exposé.e.s à la lumière éclatante du Sud. À l'ombre d'un figuier, mes lettres se parfumeraient de garrigue, de lavande et chanteraient les cigales, le soleil, la mer, peut-être aussi l'océan et son lointain ressac. Ou une timide rivière qui mène à une arche de pierre au cœur d'un vallon secret.
"Sea, sex and burn" à coup de "Boys, boys, boys" dans la piscine, la joie innocente des batailles dans l'eau chlorée et de la fête de l'insouciance au milieu des champs de blé fauché. Canard en plastique et bouée de bain licorne multicolore. Plumes, paillettes et plateform shoes.
Mais ma sensibilité, exacerbée par toutes mes sensorialités exaltées, se confronte au monde extérieur avec fracas. Le miroir intérieur s'étoile et les éclats fragilisent mon cœur, ma peau déjà à vif, irritée par la violence des échanges sociaux et les atrocités qui se multiplient. La lumière éclatante me brûle les pupilles et je me réfugie dans les brumes mystiques, le brouillard inquiétant qui joue avec les corps en les rendant éthérés, chimériques. Mélange du végétal, du minéral, de l'animal. Un seul être. Sauvage. Dryade, sorcière, nymphe, sirène ou encore renarde de feu... peu importe la forme pourvu qu'elle soit mêlée au Vivant et à la divine imagination issue du puits créatif commun.
L'imagination, la Reine des facultés...
Malaise.
Réalité avilissante.
Comment faire cohabiter deux opposés ?
Comment jongler entre deux états d'être ?
Lumière ou ombre.
Spleen mélancolique face à extase mystique.
Matérialité prosaïque contre imaginaire poétique.
Comment jongler entre deux polarités ?
Un pied de chaque côté d'un ravin sinueux et insondable.
Grand écart fragile, sur la pointe des pieds, prête à glisser au moindre faux pas... écartelée...
Et l'appel du vide qui menace. Le néant qui guette, tapi dans l'obscurité, résolu à surgir brutalement pour me lacérer de ses serres acérées et m'engloutir dans son ventre abyssal.
(Déglutition.)
Comment ne pas me perdre sur mon chemin ni être influencée par toutes les sources de stimulations, d'informations ? Dopamine à outrance et scroll infini.
Comment trouver ma place d'objecteuse de croissance dans le trou noir du capitalisme exponentiel, irrationnel et individualiste ? Sourd à l'amour.
J'étouffe dans cette société manichéenne qui ne cherche que le profit, le pouvoir, le clivage, en dépit des vies massacrées, opprimées, asservies à un jeu mortifère. Celui de la domination des minorités. Asservissement des masses.
Une décision obligatoire.
Injonction d'un choix raisonné.
L'un
Ou
L'autre
Marche
Ou
Crève
Binarité inculquée, réductrice et cloisonnée.
Pourquoi ne pas simplement accepter chaque partie telle qu'elle est, avec bienveillance, sans la remettre en question indéfiniment ? Laisser s'étioler les jugements haineux et ouvrir son cœur à la différence. Cette différence qui nous rassemble. Nous enrichit. L'autre est un cadeau.
À la force de l'esprit, mêler les deux pôles pour se ressourcer, créer une vie à son image, loin du diktat des injonctions sociales et sociétales. Loin de l'horreur humaine inhumaine et rallumer une lueur d'espoir dans le cœur des âmes égarées, errantes, dans le labyrinthe de leur psyché tourmentée.
La suite sur mon site