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Nous regardions hier avec les enfants l'émission durant laquelle Marine Le Pen se présentait au public et, comme ils ne l'apprécient guère, ils réagissaient au quart de tour à chaque mot, à chaque phrase qu'elle prononçait, n'écoutant pas jusqu'au bout ce qu'elle avait à dire.
C'est ainsi le plus souvent que nous faisons, que nous agissons, et à l'égard de tout le monde : nous n'écoutons pas ce que les gens nous disent car nous croyons déjà savoir ce qu'ils ont à nous dire ; nous nous écoutons nous-mêmes ; nous écoutons l'appréciation que nous avons déjà forgée, par avance, sur les propos qui ne nous ont pas encore été tenus mais que nous pensons ne pas avoir besoin d'entendre et c'est sur cette appréciation préjugée bien plus que sur ce qui nous a été effectivement dit que nous réagissons, interrompant notre interlocuteur comme la mouche du coche.
Or s'il est tout à fait sain - s'il était hier soir tout à fait sain - de comparer, dans un deuxième temps, les propos tenus à ce que nous connaissons par ailleurs des personnes qui nous parlent, de mettre les paroles en regard des actes, il faut, pour le bien faire, avoir d'abord écouté ce qu'elles ont à nous dire.
Or, c'est tellement rare ! Si rares les personnes capables d'écouter vraiment ce qu'on leur dit en faisant abstraction de ce qu'elles avaient d'abord en tête, de ce qu'elles avaient d'avance en tête !
J'ai pu le constater aussi la semaine dernière, lors de ma promenade dans le désert, dans un groupe au sein duquel des coteries s'étaient formées - pour des raisons bien compréhensibles - cloisonnant encore plus la communication, refermant complètement ce qui déjà était à peine ouvert.
Tel est l'objet de cet enregistrement.