L'art de raconter le monde

Terreur Graphique raconte l’addiction en BD, l’alcool l’a brûlé


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Dans un album drôle et émouvant à la fois, le dessinateur et scénariste raconte son addiction à l’alcool et comment il en est sorti. Un album qui sort en plein Dry January.

Sur Instagram où il partage ses dessins depuis longtemps, Terreur Graphique se présente avec son humour coutumier comme « chien de la case »… de bande dessinée, cela va de soi. C’est sous les traits de ce chien qu’il se représente lui-même sur la toile et dans cet album, né justement sur ce réseau social.

Comme le titre l’indique, L’addiction s’il vous plaît est un récit à la fois implacable et humoristique, drôle et émouvant en même temps, d’autant plus qu’il est basé sur une histoire vraie, à la fois familiale et intime : la sienne. On reconnaît son intarissable talent pour les calembours et l’humour noir, sa cinéphilie, son amour pour le rock et les fulgurances graphiques du dessinateur de presse. On en apprend aussi beaucoup sur sa famille, et notamment sur son père, alcoolique notoire.

De là à dire que l’alcoolisme est un atavisme familial, il y a un pas que l’auteur se garde bien de franchir. Impossible d’attribuer les raisons du vice à une seule cause : à l’héritage familial, on pourrait ajouter un TDAH -tardivement diagnostiqué-, des blessures enfouies profondément en lui, l’influence de la pop culture ou tout simplement l’envie de socialisation festive avec ses potes, dont certains travaillent dans le vin… Tout cela, et bien d’autres choses ont contribué à la descente aux enfers et à la rechute qui l’attendait au coin du bois (avec un s).

Bashung revisité

L’album est sous-titré « Confessions d’un alcoolique qui se soigne ». Il commence dans le cabinet d’un psychiatre addictologue au CSAPA (Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), situé -cela ne s’invente pas- en face d’un magasin de vins et spiritueux ! Autant dire qu’il ne faut pas se tromper de chemin. Or, résister à la tentation de replonger : tout l’enjeu est là. Dans l’album, Terreur Graphique cite Bashung : « j’ai dans les bottes des montagnes de questions où subsiste encore ton écho ».

Nombreuses sont les références à la chanson dans ce récit truffé de références musicales, graphiques et cinématographiques. Des clins d’œil à la culture pop qui permettent aussi de se rendre compte à quel point l’alcool est ancré dans l’histoire, la tradition et la vie quotidienne.

Tour de France de la bibine

Y compris d’ailleurs dans le sport de haut niveau : passionné de vélo, Terreur Graphique que « les vertus antalgiques de l’alcool étaient très appréciées sur le tour » de France 1935 : cette année-là, en pleine canicule, le peloton fit une pause sur le parcours de la 17è étape (Pau-Bordeaux) pour se désaltérer avec quelques bières distribuées par les spectateurs. Jusque dans les années 60, l’alcool n’était pas interdit, et certains coureurs ne s’en privaient guère…

L’addiction, s’il vous plaît ! Terreur Graphique (Casterman).

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L'art de raconter le mondeBy RFI