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Or


du 29 octobre au 14 novembre 2025. Hôtel de Ragueneau
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Présentation de Thibault Stipal, photographe revenu à Royan en 2020, installé dans la maison familiale qui est aussi son atelier. Il évoque son rapport aux « clans » et aux familles d’amis, et l’importance de donner du sens à sa vie et à son lieu.
Thibault explique avoir réappris à « ne rien faire » pour mieux réfléchir et diminuer la pression après Paris. À Royan, il lit, roule à moto et s’implique dans des causes culturelles locales, jurys et festival du film, pour contribuer à sa ville natale.
Réaction à une citation sur sa tendance à créer des familles réelles ou inventées dans ses séries (Androgynes, Rock). Il revendique une approche sociologique, castant des personnes pour construire des groupes cohérents, reflet de son goût pour l’observation.
Parcours de Royan à Bordeaux puis Paris, avec étapes à Madrid, Édimbourg, Grenade, Londres et Bruxelles. Son entrée aux Gobelins naît de stages en agence de publicité; il décrit un concours très technique, difficile pour lui malgré sa motivation artistique.
Il raconte sa difficulté initiale avec des concepts techniques (Photoshop, calques) et le besoin d’apprendre en faisant. Le passage de l’argentique au numérique fut ardu, entre câbles, logiciels et bugs, avant une maîtrise progressive des outils.
Pour Thibault, tout est énergie, des personnes aux lieux. Sa maison, en rénovation continue, est un cocon façonné par lui, chargé des figures féminines de son éducation dont les prénoms figurent à l’entrée.
Hérité avec son frère, la maison devient la raison de son installation à Royan pendant le Covid. Il y crée un atelier polyvalent et organise des rendez-vous culturels chez l’habitant avec son ami Marcel, retrouvant un clan d’amitiés d’enfance.
Sollicité par la mairie, il ramène régulièrement ses expositions à Royan et valorise le partage et la transmission (workshops aux Gobelins). Son attachement vient d’une enfance heureuse qu’il souhaite faire ressentir aux habitants, malgré une nature solitaire.
Passionné de cinéma, il s’en inspire pour ses lumières et compositions, tout en aimant le jeu théâtral. Il offre des expositions de portraits pour le festival du film.
La définition étymologique de photographie l’amène à insister sur l’importance de la lumière. Inspiré par le Caravage et Goya, il revendique des contrastes forts pour révéler la part secrète et intime de chacun.
Il cite Lindbergh, Newton, Mondino, Erwin Olaf, Tim Walker et Courtney Roy parmi ses influences. Il se dit lassé des sempiternelles expositions des « classiques » décédés, plaidant pour la visibilité des artistes contemporains.
De l’appareil jetable à un besoin thérapeutique né du deuil, il passe à des Minolta manuels, puis découvre Hasselblad, Rolleiflex et la chambre grand format aux Gobelins. La technique devient un moyen d’exploration et de consolation.
Sans être technophile, il s’adapte au numérique tout en regrettant la perte de « mesure ». Il critique une génération qui ne sait plus mesurer la lumière et se repose sur la postproduction, défendant la capacité à reproduire un résultat par maîtrise.
Il distingue sa pratique de portraitiste, économe en déclenchements, de ceux qui produisent des milliers d’images sans intention. Pour lui, peu shooter suppose mieux observer et chasser la bonne image, sinon on se perd en tri et en hasard.
Il rappelle les dimensions juridiques, économiques et éthiques du droit d’auteur, indispensables à la survie des artistes. Il fustige les usages abusifs et dénigre l’IA comme palliatif pour « ignorants », refusant l’argument de la « pub gratuite ».
La photo est d’abord une rencontre énergétique, impliquant séduction, apprivoisement et juste distance. Il cite une définition du portrait qui mêle proximité ajustée et adaptation à l’énergie de l’autre et du lieu.
Pour Androgynes, Rock ou « Or » (cicatrices), il pratique le casting sauvage, l’œil devenant « tête chercheuse » selon le thème. Le portrait est un prétexte à rencontrer des univers où son métier l’emmène parfois là où il n’irait pas autrement.
Une fois un projet réalisé, il évoque un vide et un deuil à faire, par analogie avec Yves Saint Laurent après ses défilés. La quête de réponses passe par l’ensemble des sujets qui tissent un fil rouge autour des êtres « cabossés ».
Il assume la dimension thérapeutique de son travail pour lui-même, tout en se réjouissant lorsque ses images aident des modèles (Octobre Rose, Cicatrices). Il note aussi les remous, procès et polémiques que ses séries peuvent susciter.
Sa série lumineuse et positive « Le Baiser » déclenche à Royan des dégradations et insultes de l’extrême droite, preuve que l’amour peut déranger. Il la situe comme une parenthèse sans ombres, née d’un élan amoureux.
Il refuse ce qui nuit aux gens (paparazzi) ou le sensationnalisme de guerre pour un public indifférent. À l’inverse, il serait prêt à portraiturer des figures politiques controversées par curiosité humaine et intérêt documentaire.
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Désirs de rencontres et projets en gestation 00:51:42 – 00:52:56
Sans idolâtrie, il mène des démarches de portraits par pur plaisir, comme celle d’Antoine de Caunes. Sa liste de projets est longue, même si aucun grand chantier n’est lancé à cet instant.
La liberté est un axe constant de son travail; il combat le jugement qui entrave les individus (androgynie, rock, cicatrices). Il aime associer des mots aux images pour approfondir l’intime et ancrer une poésie personnelle.
Les voyages en sobriété et sans Internet nourrissent sa liberté, même s’il photographie peu en déplacement. La moto réactive une joie enfantine et transforme chaque trajet en petite aventure, avec un rapport jubilatoire à la machine.
En commande, sa signature est une lumière artificielle maîtrisée qui s’adapte à tous les lieux et timings, y compris les cinq minutes dans une rue. Il raconte des négociations d’énergie avec des personnalités, jusqu’au jeu inverse avec Olivier Py.
Il croit à la capacité de l’art à faire bouger les mentalités plus efficacement que la colère ou la rue. Il prône films, photos et œuvres engagées pour susciter réflexion plutôt que l’escalade de la violence, concluant sur l’alliance de l’art et de l’amour.
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« Regards de femmes » et l’association Promofemmes 01:06:47 – 01:12:13
Il détaille sa collaboration avec Promofemmes à Bordeaux, avec son exposition " Regards de femmes, quand les portraits racontent des vies". L’exposition célèbre les 30 ans de l’association et porte un message de dialogue, courage et chaleur humaine.
Hommage à Agnès Grégoire, qui a su formuler la « soif de liberté » de son travail et l’a soutenu. L’épisode se conclut sur la musique et les remerciements, rappelant la vocation humaine et sensible de ses enquêtes et rencontres.
De Royan
De l'école des Gobelins
Du salon « Art au Présent »
Du festival du film de Royan
Des Rendez-vous culturels : info
"Regards de femmes. Quand les portraits racontent des vie". Exposition à L'Hôtel de Ragueneau. Bordeaux
[Site de Thibault Stipal](https://www.thibaultstipal.com/fr)
Musique : « Night Light » de Julien Dexant Whispered Songs : Album Julien- Dexant-Whispered-songs.
Merci à Julien Dexant d'avoir accepté que sa musique accompagne cet épisode.
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Un immense merci à celles•eux qui font vibrer ce podcast par leur voie.
Conception, production et communication : EQE podcasts
Réalisation, Itw, montage, conception graphique : Armel Toucour
Marketing, commercialisation : Frédéric Delesque
Musique intro : Rone "Parade"
By EQE podcastdu 29 octobre au 14 novembre 2025. Hôtel de Ragueneau
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Présentation de Thibault Stipal, photographe revenu à Royan en 2020, installé dans la maison familiale qui est aussi son atelier. Il évoque son rapport aux « clans » et aux familles d’amis, et l’importance de donner du sens à sa vie et à son lieu.
Thibault explique avoir réappris à « ne rien faire » pour mieux réfléchir et diminuer la pression après Paris. À Royan, il lit, roule à moto et s’implique dans des causes culturelles locales, jurys et festival du film, pour contribuer à sa ville natale.
Réaction à une citation sur sa tendance à créer des familles réelles ou inventées dans ses séries (Androgynes, Rock). Il revendique une approche sociologique, castant des personnes pour construire des groupes cohérents, reflet de son goût pour l’observation.
Parcours de Royan à Bordeaux puis Paris, avec étapes à Madrid, Édimbourg, Grenade, Londres et Bruxelles. Son entrée aux Gobelins naît de stages en agence de publicité; il décrit un concours très technique, difficile pour lui malgré sa motivation artistique.
Il raconte sa difficulté initiale avec des concepts techniques (Photoshop, calques) et le besoin d’apprendre en faisant. Le passage de l’argentique au numérique fut ardu, entre câbles, logiciels et bugs, avant une maîtrise progressive des outils.
Pour Thibault, tout est énergie, des personnes aux lieux. Sa maison, en rénovation continue, est un cocon façonné par lui, chargé des figures féminines de son éducation dont les prénoms figurent à l’entrée.
Hérité avec son frère, la maison devient la raison de son installation à Royan pendant le Covid. Il y crée un atelier polyvalent et organise des rendez-vous culturels chez l’habitant avec son ami Marcel, retrouvant un clan d’amitiés d’enfance.
Sollicité par la mairie, il ramène régulièrement ses expositions à Royan et valorise le partage et la transmission (workshops aux Gobelins). Son attachement vient d’une enfance heureuse qu’il souhaite faire ressentir aux habitants, malgré une nature solitaire.
Passionné de cinéma, il s’en inspire pour ses lumières et compositions, tout en aimant le jeu théâtral. Il offre des expositions de portraits pour le festival du film.
La définition étymologique de photographie l’amène à insister sur l’importance de la lumière. Inspiré par le Caravage et Goya, il revendique des contrastes forts pour révéler la part secrète et intime de chacun.
Il cite Lindbergh, Newton, Mondino, Erwin Olaf, Tim Walker et Courtney Roy parmi ses influences. Il se dit lassé des sempiternelles expositions des « classiques » décédés, plaidant pour la visibilité des artistes contemporains.
De l’appareil jetable à un besoin thérapeutique né du deuil, il passe à des Minolta manuels, puis découvre Hasselblad, Rolleiflex et la chambre grand format aux Gobelins. La technique devient un moyen d’exploration et de consolation.
Sans être technophile, il s’adapte au numérique tout en regrettant la perte de « mesure ». Il critique une génération qui ne sait plus mesurer la lumière et se repose sur la postproduction, défendant la capacité à reproduire un résultat par maîtrise.
Il distingue sa pratique de portraitiste, économe en déclenchements, de ceux qui produisent des milliers d’images sans intention. Pour lui, peu shooter suppose mieux observer et chasser la bonne image, sinon on se perd en tri et en hasard.
Il rappelle les dimensions juridiques, économiques et éthiques du droit d’auteur, indispensables à la survie des artistes. Il fustige les usages abusifs et dénigre l’IA comme palliatif pour « ignorants », refusant l’argument de la « pub gratuite ».
La photo est d’abord une rencontre énergétique, impliquant séduction, apprivoisement et juste distance. Il cite une définition du portrait qui mêle proximité ajustée et adaptation à l’énergie de l’autre et du lieu.
Pour Androgynes, Rock ou « Or » (cicatrices), il pratique le casting sauvage, l’œil devenant « tête chercheuse » selon le thème. Le portrait est un prétexte à rencontrer des univers où son métier l’emmène parfois là où il n’irait pas autrement.
Une fois un projet réalisé, il évoque un vide et un deuil à faire, par analogie avec Yves Saint Laurent après ses défilés. La quête de réponses passe par l’ensemble des sujets qui tissent un fil rouge autour des êtres « cabossés ».
Il assume la dimension thérapeutique de son travail pour lui-même, tout en se réjouissant lorsque ses images aident des modèles (Octobre Rose, Cicatrices). Il note aussi les remous, procès et polémiques que ses séries peuvent susciter.
Sa série lumineuse et positive « Le Baiser » déclenche à Royan des dégradations et insultes de l’extrême droite, preuve que l’amour peut déranger. Il la situe comme une parenthèse sans ombres, née d’un élan amoureux.
Il refuse ce qui nuit aux gens (paparazzi) ou le sensationnalisme de guerre pour un public indifférent. À l’inverse, il serait prêt à portraiturer des figures politiques controversées par curiosité humaine et intérêt documentaire.
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Désirs de rencontres et projets en gestation 00:51:42 – 00:52:56
Sans idolâtrie, il mène des démarches de portraits par pur plaisir, comme celle d’Antoine de Caunes. Sa liste de projets est longue, même si aucun grand chantier n’est lancé à cet instant.
La liberté est un axe constant de son travail; il combat le jugement qui entrave les individus (androgynie, rock, cicatrices). Il aime associer des mots aux images pour approfondir l’intime et ancrer une poésie personnelle.
Les voyages en sobriété et sans Internet nourrissent sa liberté, même s’il photographie peu en déplacement. La moto réactive une joie enfantine et transforme chaque trajet en petite aventure, avec un rapport jubilatoire à la machine.
En commande, sa signature est une lumière artificielle maîtrisée qui s’adapte à tous les lieux et timings, y compris les cinq minutes dans une rue. Il raconte des négociations d’énergie avec des personnalités, jusqu’au jeu inverse avec Olivier Py.
Il croit à la capacité de l’art à faire bouger les mentalités plus efficacement que la colère ou la rue. Il prône films, photos et œuvres engagées pour susciter réflexion plutôt que l’escalade de la violence, concluant sur l’alliance de l’art et de l’amour.
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« Regards de femmes » et l’association Promofemmes 01:06:47 – 01:12:13
Il détaille sa collaboration avec Promofemmes à Bordeaux, avec son exposition " Regards de femmes, quand les portraits racontent des vies". L’exposition célèbre les 30 ans de l’association et porte un message de dialogue, courage et chaleur humaine.
Hommage à Agnès Grégoire, qui a su formuler la « soif de liberté » de son travail et l’a soutenu. L’épisode se conclut sur la musique et les remerciements, rappelant la vocation humaine et sensible de ses enquêtes et rencontres.
De Royan
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"Regards de femmes. Quand les portraits racontent des vie". Exposition à L'Hôtel de Ragueneau. Bordeaux
[Site de Thibault Stipal](https://www.thibaultstipal.com/fr)
Musique : « Night Light » de Julien Dexant Whispered Songs : Album Julien- Dexant-Whispered-songs.
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