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Tracking et données personnelles


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Grâce aux capteurs de nos smartphones et aux applications qui se perfectionnent sans cesse, les outils numériques recueillent de multiples informations pour nous proposer des services de plus en plus personnalisés. Une vidéo pour comprendre et savoir expliquer aux élèves comment leurs données personnelles sont collectées et partagées, et quels sont leurs droits sur ces données.

TRANSCRIPTION

Grâce aux capteurs de nos smartphones et aux applications qui se perfectionnent sans cesse, les outils numériques recueillent de multiples informations pour nous proposer des services de plus en plus personnalisés. Les élèves entendent parler de « collecte de données personnelles » mais ils ignorent souvent ses mécanismes, ses limites et leurs droits sur ces données.

  • Comment les données personnelles sont-elles collectées et partagées ?
  • Comment permettent-elles de comprendre les comportements ?
  • Et à quelles fins ?
  • C'est ce que nous allons voir dans cette vidéo.

    La collecte de données sur les usagers est nécessaire pour le fonctionnement de la plupart des outils numériques. Pour trouver une connexion cellulaire, les téléphones mobiles envoient ainsi des signaux électromagnétiques. En calculant le temps de trajet du signal jusqu'aux trois antennes relais les plus proches, le téléphone connaît son emplacement

    et sélectionne le meilleur point de connexion. Ce système, le « bornage », donne aux opérateurs l'emplacement exact de chaque abonné presque en temps réel.

    À l'intérieur de nos smartphones, les applications se connectent également à des capteurs ou à des systèmes pour récupérer des données. L'utilisateur doit donner son consentement en autorisant l'accès, de manière permanente ou pour un usage unique. Une application de réseau social demandera par exemple l'accès à l'appareil photo pour envoyer des images, ou au micro pour filmer des vidéos ou enregistrer des messages vocaux.

    Le documentaire « Do not track » propose dans son épisode 4 un récit personnel sur la façon dont les téléphones récupèrent des données et les transfèrent. On peut suivre et commenter le récit en classe, étape par étape.

    L'enseignant peut aussi proposer aux élèves de lister les applications ayant accès à certains capteurs, et de regarder si c'est de manière permanente ou ponctuelle. Cet exercice est l'occasion de rappeler que les autorisations données leur appartiennent et sont révocables ou modifiables à tout instant.

    À quoi peuvent servir toutes ces données ? Tout d’abord à personnaliser l'expérience.

    Par exemple, l'application Météo France récupère l'emplacement via le GPS et propose des prévisions sans avoir à chercher un lieu.

    Les données personnelles peuvent aussi être croisées pour constituer un portrait unique qui permet de distinguer un usager parmi des milliers voire des millions d’autres usagers. Certains opérateurs téléphoniques recueillent à la fois des données de localisation des téléphones de leurs usagers, mais aussi des données sur leurs caractéristiques sociales et démographiques. Cela leur permet de louer à des commerces ou à des villes une carte en temps réel des personnes qui fréquentent leurs rues. Des applications sportives ou de rencontres réutilisent de la même manière les données de leurs usagers.

    L’enseignant peut proposer une étude de cas, à partir des articles de la CNIL, puis regarder concrètement le fonctionnement de ces applications : via un compte anonyme, il peut étudier avec les élèves la façon dont les données sont agrégées. Les élèves identifient ainsi la façon dont les données personnelles peuvent être réutilisées pour créer une vision synthétique du monde.

    Si les données sont au départ collectées pour faire fonctionner un outil spécifique,

    elles circulent souvent d'une application à l'autre.

    Les applications contiennent souvent des trackers, c’est-à-dire des pisteurs, qui sont des morceaux de code, qui suivent le comportement des usagers et les transmettent soit à l'éditeur de l'application, soit à des entreprises spécialisées.

    Les élèves peuvent consulter le site d’Exodus Privacy qui les recense pour des milliers d'applications. En cherchant une application de leur choix, ils découvriront par exemple le nombre de pisteurs utilisés et vers quels groupes les données sont transmises.

    Les données peuvent être centralisées par un seul acteur ou proposées à la location par des sociétés de courtage, des « data brokers ».

    Quel est l’intérêt d'avoir autant d'informations sur chaque usager ?

    La collecte de données personnelles en dehors des applications a pour principal usage le ciblage publicitaire. Vous commandez un billet de train pour la plage cet été ?

    Une application marchande vous enverra des promotions pour des maillots de bain.

    Plus les données sont nombreuses et plus elles permettent d'identifier de manière précise un individu. D'après une publication de Scientific Reports en 2013, quatre géolocalisations permettent d'identifier 95 % des individus. À titre de comparaison, il faut douze points de correspondance pour une empreinte digitale.

    En classe, un exercice permet d’identifier les élèves par les caractéristiques de leurs appareils sans même leur poser des questions : c’est le « fingerprinting ». L'enseignant peut faire la démonstration de cette méthode avec un jeu « Qui est-ce ? » sur leurs usages numériques. Il leur propose de tous lever la main et de la baisser quand il énumère une affirmation qui ne les concerne pas. Il énumère ainsi un système d’exploitation utilisé,

    une application installée, un navigateur web utilisé… En moins de six affirmations, seul un élève sur une trentaine gardera la main levée. C'est ainsi que se fabrique un profil.

    L’Union européenne encadre cependant la collecte et l'usage des données avec le Règlement général sur la protection des données. Ce texte limite la collecte au strict nécessaire et donne droit à tout citoyen de connaître, consulter, modifier, voire supprimer les données collectées.

    Les élèves disposent de ce droit et ils peuvent être accompagnés dans l'exploration de leurs propres données. La plupart des applications permettent des demandes de récupération de données. Une fois téléchargées, les élèves peuvent les explorer en travail individuel.

    Passer de l'autre côté du miroir permet aux élèves de prendre conscience que si leurs données sont exploitées, leur usage est encadré par la loi, et qu’ils doivent être acteurs et non simples spectateurs de leur vie numérique.

    CRÉDITS

    Scénario : Sylvain Lapoix

    Direction de publication : Marie-Caroline Missir
    Production : Réseau Canopé
    Partenariat : Pix
    Ressource produite avec le soutien du ministère de l’Éducation nationale

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