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Je redécouvre, au détour d'un échange de messages avec Clémentine, qu'au fond de moi gît la croyance en une transparence des êtres : je crois qu'un visage avenant et bienveillant, des yeux pensifs ou curieux, des rides d'expression, un sourire sur les lèvres, reflètent une âme, une personne ainsi faite ; et inversement, qu'une belle âme, une belle personne comme on le dit parfois, transparaît dans les traits de son visage, dans son expression, dans sa façon d'être, et jusque dans son corps.
Je connais les dictons, pourtant, ai lu les contes et sait bien des histoires. Je sais aussi ces maladies atroces qui existent, qui cassent ce lien et transforment les membres, le corps, et jusqu'au visage en un pantin désarticulé que n'anime plus l'âme.
Et pourtant c'est ainsi : je crois que les êtres se montrent, que la beauté se voit - la vraie beauté s'entend. Il y a, dans les yeux de celles et ceux que j'aime, dans leur regard, leurs gestes, leur retenue ou leur élan, leur grâce et le timbre de leur voix, leur façon de rire, de parler, de marcher, de manger et de boire, quelque chose qui est tout physique, tout chair et corps mais qui ne me paraît pas à cela confiné.
C'est pour cela que je crois qu'on capture, dans la familiarité des corps, une partie de l'être. Et que celui-ci s'y révèle.
D'un autre côté, pourtant, je perçois bien les limites de cette croyance. Ou serait-ce que les femmes sont vraiment plus belles que les hommes ? Plus belles intérieurement ?
Tel est l'objet de l'enregistrement de ce matin.