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Or


La vie ressemble à une pièce de théâtre mal répétée.
On y entre sans avoir lu le texte.
On improvise.
On joue juste parfois.
Et aussi faux.
Et l’on sort sans rappel.
…
Elle est faite de hauts et de bas, de soubresauts, d’élans magnifiques et d’effondrements discrets.
Elle est tumulte, autant dans la douleur que dans la beauté.
Présence vive.
Disparition brutale.
…
Mais tout cela n’a de sens que lorsqu’on la vit.
Dès que l’on s’arrête pour la regarder, une autre question apparaît.
Plus silencieuse.
Plus tenace.
…
Pourquoi cette vie ?
À quoi sert-elle ?
Nous sommes tous orphelins de cette question.
Elle rôde dans les pensées nocturnes, dans les silences trop longs, dans les discussions alcoolisées où l’on croit rire alors qu’on cherche une réponse.
…
Pourquoi sommes-nous ici ?
D’où venons-nous ?
Et quand il n’y aura plus rien — car la mort reste une abstraction tant qu’elle n’est pas là — où allons-nous ?
…
Certaines croyances parlent d’un avant.
D’autres d’un après.
D’autres encore d’un sens caché.
…
Et si la réponse était plus simple.
Plus brutale.
Plus nue.
Et si nous ne venions de rien.
…
Si la vie actuelle n’était rien d’autre qu’un passage.
Et si nous repartions vers rien.
Une étincelle.
Un feu follet.
Une vibration fugace dans une éternité indifférente.
…
Ce qui nous terrifie, ce n’est pas le vide.
Le vide se remplit.
Il se traverse.
…
Ce qui nous terrifie, c’est le rien.
Le néant.
Celui qui n’offre aucun appui à l’ego.
Aucune promesse.
Aucune continuité.
…
Le rien met l’homme en péril parce qu’il lui retire son rôle principal.
Il lui enlève l’illusion d’importance.
Et pourtant.
Et si accepter de n’être rien était la clé ?
…
Si croire que nous ne venons de rien, que nous ne sommes rien, que nous ne deviendrons rien, nous libérait enfin ?
Libérés de la nécessité de laisser une trace.
Libérés de l’angoisse de compter.
Libérés de l’obligation d’être extraordinaires.
…
Alors peut-être pourrions-nous vivre cette vie pour ce qu’elle est :
courte, fragile, inutile peut-être —
mais intensément vibrante.
…
Non pas pour durer.
Mais pour sentir.
…
Non pas pour prouver.
Mais pour être là.
…
Un instant.
By Fragment du réel - par Minh SonLa vie ressemble à une pièce de théâtre mal répétée.
On y entre sans avoir lu le texte.
On improvise.
On joue juste parfois.
Et aussi faux.
Et l’on sort sans rappel.
…
Elle est faite de hauts et de bas, de soubresauts, d’élans magnifiques et d’effondrements discrets.
Elle est tumulte, autant dans la douleur que dans la beauté.
Présence vive.
Disparition brutale.
…
Mais tout cela n’a de sens que lorsqu’on la vit.
Dès que l’on s’arrête pour la regarder, une autre question apparaît.
Plus silencieuse.
Plus tenace.
…
Pourquoi cette vie ?
À quoi sert-elle ?
Nous sommes tous orphelins de cette question.
Elle rôde dans les pensées nocturnes, dans les silences trop longs, dans les discussions alcoolisées où l’on croit rire alors qu’on cherche une réponse.
…
Pourquoi sommes-nous ici ?
D’où venons-nous ?
Et quand il n’y aura plus rien — car la mort reste une abstraction tant qu’elle n’est pas là — où allons-nous ?
…
Certaines croyances parlent d’un avant.
D’autres d’un après.
D’autres encore d’un sens caché.
…
Et si la réponse était plus simple.
Plus brutale.
Plus nue.
Et si nous ne venions de rien.
…
Si la vie actuelle n’était rien d’autre qu’un passage.
Et si nous repartions vers rien.
Une étincelle.
Un feu follet.
Une vibration fugace dans une éternité indifférente.
…
Ce qui nous terrifie, ce n’est pas le vide.
Le vide se remplit.
Il se traverse.
…
Ce qui nous terrifie, c’est le rien.
Le néant.
Celui qui n’offre aucun appui à l’ego.
Aucune promesse.
Aucune continuité.
…
Le rien met l’homme en péril parce qu’il lui retire son rôle principal.
Il lui enlève l’illusion d’importance.
Et pourtant.
Et si accepter de n’être rien était la clé ?
…
Si croire que nous ne venons de rien, que nous ne sommes rien, que nous ne deviendrons rien, nous libérait enfin ?
Libérés de la nécessité de laisser une trace.
Libérés de l’angoisse de compter.
Libérés de l’obligation d’être extraordinaires.
…
Alors peut-être pourrions-nous vivre cette vie pour ce qu’elle est :
courte, fragile, inutile peut-être —
mais intensément vibrante.
…
Non pas pour durer.
Mais pour sentir.
…
Non pas pour prouver.
Mais pour être là.
…
Un instant.