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Or


On m’a dit que tu étais un homme dur.
Un homme de l’ancien temps.
…
De ceux qui ne rient pas,
ne parlent pas,
ne s’attendrissent jamais.
On m’a dit que tu n’aimais personne.
…
Que même tes enfants n’étaient que des silhouettes dans ton décor.
Mais moi,
je t’ai connu autrement.
Moi, je sais.
…
Tu étais l’absence incarnée.
La main qui ne se tend pas.
La parole qui ne vient jamais.
…
Tu étais ce mur contre lequel on se cogne,
et qui ne rend rien —
pas même l’écho d’un espoir.
…
Tu régnais en maître sur des détails dérisoires :
le gras du jambon,
la soupe sans eau,
le silence à table.
…
Tout était règle.
Tout était ordre.
Et moi, j’apprenais à obéir.
À courber l’échine sans me casser.
…
Plus tard, j’ai compris.
La violence n’a pas toujours besoin de hurler pour marquer.
Elle peut être un vide,
une parole qui manque,
une main qui ne caresse jamais.
…
Sous ton regard qui ne voyait rien,
j’ai appris la patience.
L’observation.
L’art de la brèche.
…
Et un jour,
j’ai renversé l’assiette.
Délibérément.
Lentement.
Sans un mot.
…
Juste pour voir si le mur savait trembler.
Tu as serré les poings.
Et moi, pour la première fois,
je n’ai pas baissé les yeux.
…
C’est ce jour-là que je suis devenu un homme.
Pas fort comme toi.
Fort contre toi.
Tu m’as appris à me battre,
pas avec les poings,
mais avec la tête droite.
…
Aujourd’hui,
je sais affronter.
Dans le regard.
Sans ciller.
…
Je sais sentir la violence
sans la laisser passer.
Je n’ai plus peur.
Je suis debout.
…
Et si je suis fort,
c’est à cause de toi.
Ou peut-être
grâce à toi.
#famille #héritage #paternité #force #fragmentsduréel #grandpere
By Fragment du réel - par Minh SonOn m’a dit que tu étais un homme dur.
Un homme de l’ancien temps.
…
De ceux qui ne rient pas,
ne parlent pas,
ne s’attendrissent jamais.
On m’a dit que tu n’aimais personne.
…
Que même tes enfants n’étaient que des silhouettes dans ton décor.
Mais moi,
je t’ai connu autrement.
Moi, je sais.
…
Tu étais l’absence incarnée.
La main qui ne se tend pas.
La parole qui ne vient jamais.
…
Tu étais ce mur contre lequel on se cogne,
et qui ne rend rien —
pas même l’écho d’un espoir.
…
Tu régnais en maître sur des détails dérisoires :
le gras du jambon,
la soupe sans eau,
le silence à table.
…
Tout était règle.
Tout était ordre.
Et moi, j’apprenais à obéir.
À courber l’échine sans me casser.
…
Plus tard, j’ai compris.
La violence n’a pas toujours besoin de hurler pour marquer.
Elle peut être un vide,
une parole qui manque,
une main qui ne caresse jamais.
…
Sous ton regard qui ne voyait rien,
j’ai appris la patience.
L’observation.
L’art de la brèche.
…
Et un jour,
j’ai renversé l’assiette.
Délibérément.
Lentement.
Sans un mot.
…
Juste pour voir si le mur savait trembler.
Tu as serré les poings.
Et moi, pour la première fois,
je n’ai pas baissé les yeux.
…
C’est ce jour-là que je suis devenu un homme.
Pas fort comme toi.
Fort contre toi.
Tu m’as appris à me battre,
pas avec les poings,
mais avec la tête droite.
…
Aujourd’hui,
je sais affronter.
Dans le regard.
Sans ciller.
…
Je sais sentir la violence
sans la laisser passer.
Je n’ai plus peur.
Je suis debout.
…
Et si je suis fort,
c’est à cause de toi.
Ou peut-être
grâce à toi.
#famille #héritage #paternité #force #fragmentsduréel #grandpere