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Dimanche dernier était le dimanche de la miséricorde. Mais la miséricorde, qu’est-ce que c’est ? On peut dire en première approche que c’est le cœur qui se laisse toucher. Selon le pape François, c’est « le deuxième nom de Dieu », ou encore sa « carte d’identité ». Et saint Jean-Paul II qui a voulu ce dimanche et qui a canonisé sœur Faustine, disait que la miséricorde est le « deuxième nom de l’amour ». Une surenchère d’amour en quelque sorte ; un amour plus grand que l’amour, un amour qui franchit l’abîme de l’impardonnable et qui pardonne.
C’est à ce niveau que la miséricorde nous interpelle. Car nous aimons facilement ceux qui nous aiment. Mais si nous nous disputons avec eux, malgré l’amour que nous leur portons, nous avons quand même du mal à pardonner. Et que dire de ceux qui ne nous aiment pas, ceux qui nous veulent du mal et qui nous en font ? Alors, avouons-le, notre capacité d’aimer se dérobe sous nos pieds. Aimer, d’accord, mais si l’autre est aimable ; pardonner, on veut bien essayer, mais si l’autre est pardonnable. Mais s’il ne l’est pas ? Il nous arrive de dire : ce qu’a fait telle personne, c’est impardonnable ! Et il nous arrive aussi de dire : ce que j’ai fait, je ne me le pardonnerai jamais !
Et nous voilà dans un cercle. Le cercle du ressentiment, le cercle de la culpabilité. Alors parfois nous essayons autre chose : nous tentons d’oublier. Mais l’oubli n’est pas le pardon, l’oubli n’est pas la miséricorde. Dans la vie publique, cela s’appelle l’amnistie. Amnistier quelqu’un, c’est passer l’éponge sur ce qu’il a fait et se comporter comme s’il n’était pas coupable, alors que nous savons pertinemment qu’il l’est. Oublier, amnistier, c’est « faire comme si ». Rien à voir avec la miséricorde.
Ce qui est extraordinaire dans la Résurrection, c’est que Dieu ne perd pas la mémoire et ne cherche pas à oublier. D’ailleurs, s’il est Dieu, comment oublierait-il ? Et cela se traduit par quelque chose d’extraordinaire : le Ressuscité conserve ses plaies, qui sont les traces indélébiles de sa passion. Mais Dieu, s’il est tout-puissant, ne pourrait-il pas les effacer ? Il le pourrait sans doute, mais il ne le veut pas.
Car les plaies du Ressuscité sont devenues les fissures de la miséricorde. Il les montre à ses disciples pour se faire reconnaître d’eux, il nous les montre jusqu’à la fin des temps. Et ces plaies qui devraient nous accuser pour l’éternité d’avoir mis Dieu à mort, deviennent au contraire l’attestation de son pardon. « Avance ton doigt, avance ta main… » N’aie pas peur de ces plaies, elles sont le signe de mon amour pour toi, par-delà tout péché et par-delà la mort. Approchons-nous de la miséricorde.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
By Mgr Francis BestionDimanche dernier était le dimanche de la miséricorde. Mais la miséricorde, qu’est-ce que c’est ? On peut dire en première approche que c’est le cœur qui se laisse toucher. Selon le pape François, c’est « le deuxième nom de Dieu », ou encore sa « carte d’identité ». Et saint Jean-Paul II qui a voulu ce dimanche et qui a canonisé sœur Faustine, disait que la miséricorde est le « deuxième nom de l’amour ». Une surenchère d’amour en quelque sorte ; un amour plus grand que l’amour, un amour qui franchit l’abîme de l’impardonnable et qui pardonne.
C’est à ce niveau que la miséricorde nous interpelle. Car nous aimons facilement ceux qui nous aiment. Mais si nous nous disputons avec eux, malgré l’amour que nous leur portons, nous avons quand même du mal à pardonner. Et que dire de ceux qui ne nous aiment pas, ceux qui nous veulent du mal et qui nous en font ? Alors, avouons-le, notre capacité d’aimer se dérobe sous nos pieds. Aimer, d’accord, mais si l’autre est aimable ; pardonner, on veut bien essayer, mais si l’autre est pardonnable. Mais s’il ne l’est pas ? Il nous arrive de dire : ce qu’a fait telle personne, c’est impardonnable ! Et il nous arrive aussi de dire : ce que j’ai fait, je ne me le pardonnerai jamais !
Et nous voilà dans un cercle. Le cercle du ressentiment, le cercle de la culpabilité. Alors parfois nous essayons autre chose : nous tentons d’oublier. Mais l’oubli n’est pas le pardon, l’oubli n’est pas la miséricorde. Dans la vie publique, cela s’appelle l’amnistie. Amnistier quelqu’un, c’est passer l’éponge sur ce qu’il a fait et se comporter comme s’il n’était pas coupable, alors que nous savons pertinemment qu’il l’est. Oublier, amnistier, c’est « faire comme si ». Rien à voir avec la miséricorde.
Ce qui est extraordinaire dans la Résurrection, c’est que Dieu ne perd pas la mémoire et ne cherche pas à oublier. D’ailleurs, s’il est Dieu, comment oublierait-il ? Et cela se traduit par quelque chose d’extraordinaire : le Ressuscité conserve ses plaies, qui sont les traces indélébiles de sa passion. Mais Dieu, s’il est tout-puissant, ne pourrait-il pas les effacer ? Il le pourrait sans doute, mais il ne le veut pas.
Car les plaies du Ressuscité sont devenues les fissures de la miséricorde. Il les montre à ses disciples pour se faire reconnaître d’eux, il nous les montre jusqu’à la fin des temps. Et ces plaies qui devraient nous accuser pour l’éternité d’avoir mis Dieu à mort, deviennent au contraire l’attestation de son pardon. « Avance ton doigt, avance ta main… » N’aie pas peur de ces plaies, elles sont le signe de mon amour pour toi, par-delà tout péché et par-delà la mort. Approchons-nous de la miséricorde.
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