Au tribunal, j’ai attendu pendant des heures l’appel du huissier pour me confesser devant le juge. Assise sur une banquette de petite chapelle, je participais à l’enterrement de mon couple. La justice n’avait convié que mon compagnon et mon avocate, une femme glaciale dont le seul soucis était de démontrer à ses confrères la productivité horaire d’un divorce à l’amiable sans aucun bien à partager.
Pour éviter que je fonde en larmes, mon compagnon faisait des blagues à répétition sur la chape des avocats. Personne ne semblait être triste dans le couloir des divorcés. Ils attendaient tous avec totale nonchalance l’appel du huissier. Tricotage, lecture, jeux sur le téléphone étaient admis à cette cérémonie aseptisée. Pas de larmes, pas de tristesse, juste un peu de colère de la part des avocats qui bouillaient d’impatience.
Moi, de mon côté, j’assistais en cachette aux disputes violentes de mes parents. Je revivais l’effondrement de leur foyer. J’ai même vu passer le cercueil de mon père sous mes yeux. J’étais encore une fois par terre, la tête au sol, me remuant dans mon malaise.
Dans ce podcast, je vous partage ce passage au tribunal car je voulais me dévoiler pour mieux surmonter cette chute que je vis comme l’échec de huit ans de vie commune.
Bonne écoute !