Ce 10 mars 2000, cela fait déjà trois mois que nous vivons cette fameuse année 2000 et je dois dire qu’on est, rétrospectivement, un peu déçus. C’est vrai, certains ont beau avoir un ordinateur au bureau, c’est pour le courrier surtout. Google est un bébé de deux ans, ceux qui ont un PC à la maison, ils entendent d’abord leur ligne téléphonique chanter avant qu’il ne se connecte, mais bon à part le GSM, on se demande où est ce monde moderne de l’an 2000 que nous promettait la Science Fiction depuis 1950.
Cela dit, en arrivant au bureau ce matin, et en ouvrant Outlook pour voir si on a reçu un de ces incroyables mais encore rares messages qu’on appelle des emails, certains d’entre vous sont interpellés en lisant : I LOVE YOU.
Waouw ! Mais qui peut bien m’envoyer un message d’amour ? Et là, vous voyez le nom de celui ou celle qui vous l’a envoyé. Quoi ? Je ne le ou la savais pas timide à ce point. Et voilà que, n’en pouvant plus de subir mon irrésistible charme à longueur de journée, il ou elle m’envoie un message. Alors, … ben vous cliquez sur le fichier au nom poétique, LOVE-LETTER-FOR-YOU.TXT.vbs, et crac ! Ce programme vole votre mot de passe en écrasant vos fichiers et s’auto-envoie à tout votre carnet d’adresses.
En quelques jours, 45 à 50 millions d’ordinateurs sont infectés par le tristement célèbre premier virus informatique ravageur de l’histoire qui va bouffer jusqu’aux serveurs de la CIA, du parlement britannique et de notre système bancaire en Belgique.
On va découvrir très vite que le coupable est un étudiant philippin qui voulait juste voler des mots de passe de connexion internet pour permettre à ceux qui n’avaient pas d’argent de se connecter gratuitement. Il ne sera jamais poursuivi car dans son pays, aucune loi ne condamnait alors la cybercriminalité. En tout cas, ce 10 mars 2000, c’est déjà la fin de l’innocence pour les internautes car on découvre que ce n’est pas parce qu’un message dit Je t’aime qu’il nous veut du bien, et que l’amour, même virtuel, peut coûter très cher.