Hier nous étions le 4 mai, Star Wars Day, et bien ce cinq mai, c’est le jour de nos amis mexicains. Cinco de Mayo, vous connaissez cette énorme teuf qui a lieu le 5 mai, au Mexique ? Les rues sont remplies de gens comme aux fêtes du XV août, la St Patrick ou aux Wallonies. C’est un immense carnaval coloré et patriotique : les gens assistent à des défilés, des concerts, mangent et boivent dans les rues. Y compris aux Etats-Unis, avec l’énorme communauté mexicaine, pour le plus grand plaisir des amis du gros Donald.
Mais voilà, ce n’est pas la fête nationale, non, ils commémorent une bataille victorieuse sur l’armée de Napoléon III en 1862.
Et pourtant, c’était pas gagné, hein. En deux mots, le Mexique a emprunté de l’argent à la France, l’Angleterre et l'Espagne, argent qu'il ne peut pas rembourser. A l’époque, les mecs n’attendent pas les bras croisés, un général français mène donc 10.000 hommes pour reprendre les sous de force, je schématise, hein, mais vous voyez le truc.
Alors ce matin du cinq mai, devant la ville de Puebla, Rancho, il a pas fermé l’œil de la nuit. La faute au cactus derrière lui et à son amigo Pedro, qui ronfle comme un mulet enrhumé. Mais c’est Pedro, Pedro la muerte ! Et Pedro, il ne foume pas, il ne bouve pas, ma il toue ! Bref, deux Mexicains basanés, leur grand chapeau sur le nez, avec leur vieux fusil qui plissent les yeux en plein soleil, en regardant arriver l’armée française : Rancho, on va vraiment se battre contre des types aussi bien habillés ? Ils ont de l’humour, hein ?
Et puis tout s’emballe. Des tirs, des cris, des charges dans tous les sens. Rancho rate trois fois sa cible mais réussit quand même à faire tomber un chapeau, Pedro ça compte un chapeau ? Là-dessus, il se met à tomber autre chose, mon vieux, une de ces draches qui transforme le champ de bataille en bain de boue, les cavaliers français battent en retraite, le reste suit.
Pedro n’en croit pas ses yeux sous son sombrero : Attends, ils s’en vont, là ? Rancho, trempé, lui répond : Cherche pas à comprendre, on a gagné. Ils vont rentrer chez eux, c’est ce qui compte, ce cinq mai 1862, et ça, c’est une excellente raison de faire la fête. Allez musique ! (Le magnifique …)