Aujourd'hui l'économie

2017 année de l’Allemagne


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2017 est en Allemagne une année électorale et Angela Merkel est candidate à un 4e mandat de chancelière. Les élections législatives se tiendront en septembre prochain, mais l’année qui commence est lourde d’incertitudes sur le plan économique et social : le problème de l’arrivée massive des migrants, les risques d’attentats, la position dure de l’Allemagne en Europe et les choix qui seront ceux de la nouvelle administration américaine avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.
L’Allemagne affiche une santé économique insolente que nombre de ses partenaires européens lui envient. Une croissance de 1,5 % attendue en 2017 après 1,8 % en 2016. Un taux de chômage à 6 % de la population active, son plus bas niveau historique depuis la réunification en 1990. En excédent budgétaire depuis 2013, l’Allemagne se désendette régulièrement depuis le pic de la crise de 2009.
Mais cette situation favorable comporte aussi un revers. Ainsi, la baisse du chômage ne parvient pas à cacher le manque de main-d’œuvre, un problème démographique qui augmente en Allemagne, alors que l’afflux de réfugiés n’aura pas d’impact sur le marché du travail avant plusieurs années.
Sur le plan intérieur, l’arrivée et l’intégration de près de 900 000 personnes en 2015 et de plus de 300 000 encore cette année constituent désormais un problème majeur pour plus de la moitié des Allemands. Le parti anti-immigration « Alternative pour l’Allemagne » devrait faire son entrée au Parlement. Un climat encore alourdi par l’attaque au camion qui a fait 12 morts sur un marché de Noël de Berlin le 19 décembre. Le budget 2017 consacre près de 10 milliards d’euros à l’accueil des réfugiés.
Dans l’Union européenne la rigueur financière de l’Allemagne, pour elle comme pour les autres, finit par l’isoler
Arc-boutée sur son équilibre financier, l’Allemagne s’oppose à ce que les pays qui, comme elle, disposent d’excédents augmentent la dépense publique afin de relancer la croissance de tous. Le mot d’ordre du ministre des Finances Wolfgang Schäuble est « l’Allemagne ne paiera pas pour les autres ».
Et c’est la même chose pour le projet d’Union bancaire européenne : l’Allemagne ne veut pas partager les risques avec des pays plus fragiles, comme l’Italie. Le départ de Wolfgang Schäuble, 74 ans, du ministère des Finances après les législatives de septembre pourrait être de nature à assouplir quelque peu la position allemande.
2017 est aussi une année de grande incertitude pour l’économie mondiale
En effet, les premiers effets du Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et l’arrivée au pouvoir du très protectionniste Donald Trump sont deux évènements potentiellement lourds de conséquences pour l’Allemagne, pays très orienté vers les exportations. Les États-Unis, son premier marché à l’export, pourraient bien relever ses barrières commerciales pour favoriser l’emploi américain et le Royaume-Uni son 3e client devrait connaître un recul de croissance. Restent la Chine et la France, deux pays où la croissance reste morose.
Angela Merkel ne se berce donc pas d’illusions : au pouvoir depuis déjà onze ans, elle a dit s’attendre à des élections très difficiles en septembre. Des élections qu’elle aborde quand même avec une cote de popularité qui dépasse les 50 % d’opinions favorables. Mais 9 mois avant le scrutin, il est vrai.
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Aujourd'hui l'économieBy RFI