Le 1er octobre dernier, nous avons eu le plaisir de recevoir Martin Pâquet, historien et professeur à l’Université Laval, pour discuter de sont plus récent livre Sur la pratique de l’histoire, publié aux éditions Boréal.
Avec lui, nous avons abordé la pratique de l’histoire comme une philosophie publique qui engage un ethos disciplinaire. Pour Pâquet, la discipline historique mobilise l’esprit et le corps et comporte des finalités épistémologiques, ontologiques, éthiques et politiques. Dans sa perspective, l’historien, l’historienne est un serviteur public qui, face aux attentes de ses concitoyenne et aux demandes sociales fondées sur la mémoire, entretient le souci premier de contribuer à la compréhension de la matière du passé. Il ne cherche pas souder une communauté particulière, mais à reconstituer une commune humanité.
Par cette reconstitution qu’il veut la plus exacte possible, l’historien tend à restituer la dignité des être humains du passé. Pour ce faire, il doit tenir compte de leurs capabilités, c’est-à-dire l’éventail des possibles et des contraintes qui étaient les leur. Il doit également reconnaitre ses propres capabilité, notamment en composant avec la disponibilité des outils à sa disposition et en usant de son imagination pour réunir les pièces d’un casse-tête et les assembler grâce à sa raison de manière à fournir une représentation juste de la réalité d’antan.
En dernier lieu, en tant que serviteur public, l’historien se veut conscient des conséquences de ses gestes. L’interprétation qu’il offre de la matière du passé repose sur des jugements de faits et non de valeurs. Il ne cherche pas à faire un usage du passé dans le but de convaincre, mais pour faire comprendre.
Pour écouter ou réécouter l’entrevue, rendez-vous au chyz.ca ou sur Spotify.
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