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Huitième séance : Quelles Lumières pour demain?
Nos cadres mentaux ne nous permettent pas de comprendre l’ampleur des changements climatiques, ni le pouvoir que nous avons dessus. Pour résorber ce décalage que Günther Anders appelle Prométhéen, nous avons reconsidéré au cours des séances précédentes notre rapport à la nature, et essayé de comprendre quelle économie et quelle politique seraient plus adaptées. Cependant, il existe deux obstacles qui empêchent de composer un monde commun : notre rapport à la propriété
1/ La propriété exclut la possibilité de faire un monde commun.
Les Droits de l’Homme définissent les humains comme propriétaires de leurs droits
La propriété nous aliène, car en travaillant pour un résultat, et non pas pour l’activité en
2/ La raison des Lumières, instrumentalisée comme outil de domination.
La raison au XVIIIe siècle est pensée comme un outil d’émancipation : seule l’autorité de la raison doit compter. La chose rationnelle étant la chose communicable par excellence, elle permet de rassembler autour d’idées communes. Mais de la raison (répondre au « pourquoi ? ») nous sommes passés à la rationalisation (répondre au « comment ? ») : nous cherchons à tout calculer pour atteindre un objectif donné. Ainsi l’homme moderne rationnel se sert de la raison pour dominer (les animaux, la nature…) au lieu de s’interroger sur le sens des choses. Pourtant ce qu’on appelle la nature est infiniment plus complexe que ce qu’une raison calculatrice peut appréhender (hypothèse Gaïa), et tout simplifier est impossible sans risquer de nier l’universel et le commun.
3/ La modestie : une solution, des solutions.
Du côté de la raison comme de la propriété, nous avons constitué un rapport de domination avec les choses. En acceptant d’être l’égal de chacun, de chaque être vivant, de douter de ces certitudes sans douter de sa puissance, on ouvre la voie au
Bibliographie
Günther Anders, L’obsolescence de l’homme, 1956
Bruno Latour, Face à Gaïa, 2015
John Locke, Traité du gouvernement civil, 1689
Karl Marx, Manuscrits de 1844, 1932
Corine Pelluchon, Les Lumières à l’âge du vivant, 2021
By Les Mardis de SirsaHuitième séance : Quelles Lumières pour demain?
Nos cadres mentaux ne nous permettent pas de comprendre l’ampleur des changements climatiques, ni le pouvoir que nous avons dessus. Pour résorber ce décalage que Günther Anders appelle Prométhéen, nous avons reconsidéré au cours des séances précédentes notre rapport à la nature, et essayé de comprendre quelle économie et quelle politique seraient plus adaptées. Cependant, il existe deux obstacles qui empêchent de composer un monde commun : notre rapport à la propriété
1/ La propriété exclut la possibilité de faire un monde commun.
Les Droits de l’Homme définissent les humains comme propriétaires de leurs droits
La propriété nous aliène, car en travaillant pour un résultat, et non pas pour l’activité en
2/ La raison des Lumières, instrumentalisée comme outil de domination.
La raison au XVIIIe siècle est pensée comme un outil d’émancipation : seule l’autorité de la raison doit compter. La chose rationnelle étant la chose communicable par excellence, elle permet de rassembler autour d’idées communes. Mais de la raison (répondre au « pourquoi ? ») nous sommes passés à la rationalisation (répondre au « comment ? ») : nous cherchons à tout calculer pour atteindre un objectif donné. Ainsi l’homme moderne rationnel se sert de la raison pour dominer (les animaux, la nature…) au lieu de s’interroger sur le sens des choses. Pourtant ce qu’on appelle la nature est infiniment plus complexe que ce qu’une raison calculatrice peut appréhender (hypothèse Gaïa), et tout simplifier est impossible sans risquer de nier l’universel et le commun.
3/ La modestie : une solution, des solutions.
Du côté de la raison comme de la propriété, nous avons constitué un rapport de domination avec les choses. En acceptant d’être l’égal de chacun, de chaque être vivant, de douter de ces certitudes sans douter de sa puissance, on ouvre la voie au
Bibliographie
Günther Anders, L’obsolescence de l’homme, 1956
Bruno Latour, Face à Gaïa, 2015
John Locke, Traité du gouvernement civil, 1689
Karl Marx, Manuscrits de 1844, 1932
Corine Pelluchon, Les Lumières à l’âge du vivant, 2021