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Or


Les commémorations ont débuté dimanche 12 juillet et se poursuivent jusqu'au 14 juillet au soir en présence d’Emmanuel Macron. Cet attentat semble occuper dans la mémoire collective française une place particulière, différente de celle d’autres attentats, notamment ceux du 13 novembre. Dix ans plus tard, quel bilan de la mémorialisation de cet attentat peut-on dresser ? La sociologie du profil des personnes touchées a-t-elle joué dans la façon dont nous nous souvenons et nous nous emparons de l’événement ? La souffrance et la colère des victimes de l’attentat de Nice ont-elles été suffisamment écoutées et considérées ?
Pour Célia Vialle, victime de l'attentat de Nice et ancienne co-présidente de l'association Promenade des Anges, "difficile d'avoir une mémoire apaisée, parce qu'on est toujours dans une recherche de vérité." En effet, "les victimes dénoncent des défaillances institutionnelles, particulièrement sur les dispositifs de sécurité mis en place" rappelle Janna Behel, doctorante en sociologie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. "La gestion de l'instruction judiciaire, qui dure depuis dix ans, complexifie le travail de deuil des victimes, et l'inscription de ces attentats dans la mémoire collective nationale.
En dépit des commémorations, un sentiment de solitude des victimes subsiste, face à ce qui est perçu comme un manque de reconnaissance étatique. Sandrine Lefranc, directrice de recherche au CNRS, observe quant à elle une hiérarchisation des mémoires au sein de la société française, où les attentats du 13 novembre 2015 à Paris ont bénéficié d'une visibilité et de récits plus marqués. "Ce n'est que dix ans après que l'on commence à voir les visages des victimes de Nice et à les entendre" indique-t-elle.
Pour Janna Behel, "ce qui caractérise aussi les victimes de ces attentats, c'est une grande hétérogénéité sociale." Par ailleurs, de nombreuses victimes et parties civiles ont regretté que le procès se tienne à Paris : un "procès confisqué" et difficilement accessible, nous rappelle Célia Vialle. En résulte une méfiance vis-à-vis des institutions, et un sentiment de mépris, qui participent à freiner l'émergence d'un récit consensuel autour de cette tragédie.
By Les commémorations ont débuté dimanche 12 juillet et se poursuivent jusqu'au 14 juillet au soir en présence d’Emmanuel Macron. Cet attentat semble occuper dans la mémoire collective française une place particulière, différente de celle d’autres attentats, notamment ceux du 13 novembre. Dix ans plus tard, quel bilan de la mémorialisation de cet attentat peut-on dresser ? La sociologie du profil des personnes touchées a-t-elle joué dans la façon dont nous nous souvenons et nous nous emparons de l’événement ? La souffrance et la colère des victimes de l’attentat de Nice ont-elles été suffisamment écoutées et considérées ?
Pour Célia Vialle, victime de l'attentat de Nice et ancienne co-présidente de l'association Promenade des Anges, "difficile d'avoir une mémoire apaisée, parce qu'on est toujours dans une recherche de vérité." En effet, "les victimes dénoncent des défaillances institutionnelles, particulièrement sur les dispositifs de sécurité mis en place" rappelle Janna Behel, doctorante en sociologie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. "La gestion de l'instruction judiciaire, qui dure depuis dix ans, complexifie le travail de deuil des victimes, et l'inscription de ces attentats dans la mémoire collective nationale.
En dépit des commémorations, un sentiment de solitude des victimes subsiste, face à ce qui est perçu comme un manque de reconnaissance étatique. Sandrine Lefranc, directrice de recherche au CNRS, observe quant à elle une hiérarchisation des mémoires au sein de la société française, où les attentats du 13 novembre 2015 à Paris ont bénéficié d'une visibilité et de récits plus marqués. "Ce n'est que dix ans après que l'on commence à voir les visages des victimes de Nice et à les entendre" indique-t-elle.
Pour Janna Behel, "ce qui caractérise aussi les victimes de ces attentats, c'est une grande hétérogénéité sociale." Par ailleurs, de nombreuses victimes et parties civiles ont regretté que le procès se tienne à Paris : un "procès confisqué" et difficilement accessible, nous rappelle Célia Vialle. En résulte une méfiance vis-à-vis des institutions, et un sentiment de mépris, qui participent à freiner l'émergence d'un récit consensuel autour de cette tragédie.