Un pas après l'autre, les gouvernements français qui se succèdent avancent vers une légalisation de la grossesse pour autrui (GPA). C'est la conviction de Vianney Lecointre, diacre du diocèse de Séez et président de l'association Alliance Via dans l'Orne.
"Ce quinquennat s’annonce comme celui de tous les dangers concernant
les sujets bioéthiques.
Le président réélu annonce une « grande consultation » concernant
l’euthanasie mais il en donne pratiquement le résultat à l’avance et nomme
au ministère de la santé une militante de l’exception de l’euthanasie. Quoi
qu’il en soit, s’il y a débat, il faudra essayer de se mobiliser pour éviter les
plus graves dérives comme celles que nous connaissons déjà en Belgique.
Quant à la GPA, la Gestation pour Autrui, la pratique des mères
porteuses en somme, vous vous souvenez peut-être que, lors de la
légalisation récente de la PMA pour des raisons autres que médicales (mais
remboursée quand même par la Sécurité Sociale), elle devait constituer une
ligne rouge qu’il ne fallait absolument pas franchir ! L’entreprise consistant à
rendre cette ligne la plus poreuse possible est cependant bel et bien lancée.
On évoque la nécessité d’encadrer la pratique par la loi, la possibilité de
définir des GPA soi-disant éthiques et on ferme les yeux sur l’importation de
la GPA de l’étranger, et les trafics d’enfants qui en découlent, tolérant même
la publicité qui peut en être faite en France ou les reportages mielleux de
people posant avec leur progéniture dûment achetée.
Certains s’offusquent aussi que la GPA soit définie comme un esclavage,
qui ne saurait donc être éthique. C’est pourtant le point de vue défendu par
René Frydman, le célèbre gynécologue, père du premier « bébé
éprouvette », dans un livre sur sa vie qu’il a publié récemment. La GPA est
un abandon d’enfant organisé, programmé, monnayé, explique-t-il. Disposer
du corps d’une femme, presque toujours précaire, parfois choisie sur
catalogue, comme d’une machine à procréer n’est rien moins qu’une
aliénation d’autrui, souvent gérée par des mafias locales. Bref, il s’agit, dit le
Docteur Frydman, d’une grave violence faite aux femmes.
Autoriser la GPA serait bien sûr une régression. Il faut revendiquer au
contraire l’abolition universelle de la GPA."
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